Volume 29 Numéro 11 Le 3 février 2012

100 M$ à investir dans des terres agricoles

Par Simon Durand, directeur général UCFO
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L’entreprise Bonnefield Canadian Farmland Corp. lance un premier appel public d’une valeur de 100 millions de dollars pour acquérir des terrains agricoles. L’entreprise envisage acheter des terres partout au Canada afin de les relouer à leur propriétaire-exploitant actuel en vertu d’un bail à long terme.

Du même coup, Bonnefield entre en bourse et émet des actions dans le but de garnir son portefeuille pour faire l’acquisition de ces terres. D’ailleurs, l’entreprise a déjà signé des ententes conditionnelles à l’obtention du financement avec des agriculteurs afin d’acquérir leurs terres, dont quelques-unes sont situées dans le Sud-ouest ontarien. Ces terres d’une superficie totale de 14 000 acres représenteraient un investissement de départ de 26 millions de dollars.

Dans son prospectus d’appel public à l’épargne, Bonnefield Canadian Farmland, prétend vouloir développer des partenariats avec des agriculteurs-exploitants et leur procurer le capital nécessaire pour « a) réduire la dette, améliorer le flux de trésorerie et le rendement de l’actif, b) financer l’expansion, la croissance, la productivité et la rentabilité de leur entreprise c) faciliter la reprise d’exploitations agricoles appartenant à des agriculteurs qui prennent leur retraite par une génération d’agriculteur plus jeune et faciliter la transition à cet égard.»

Bonnefield Canadian Farmland corp. assure vouloir garder la vocation agricole des terres dont elle se portera acquéreur. Son slogan en témoigne : «Farmland for farming» (des terres agricoles pour l’agriculture).

D’ailleurs, Bonnefield désire se concentrer principalement sur les grandes cultures.

L’entreprise n’interviendra pas dans la gestion de la production tant que la valeur agronomique du sol n’en est pas affectée, mais elle assure que ses contrats de location incluront une clause de protection de l’environnement et de développement durable.

La valeur des terres agricoles augmente sans cesse à un rythme régulier. L’investissement est donc jugé sécuritaire et assez performant. Selon les plus récente données de Statistiques Canada, la valeur des terres agricoles et des bâtiments a augmenté en moyenne de 7 % annuellement au cours des 60 dernières années.

Bonnefield, qui est basée à Ottawa et en opération depuis 2009 se décrit comme un chef de file dans la gestion de placements dans des terres agricoles au Canada. Bonnefield Canadian Farmland Corp. à travers un fonds privé détient déjà près de 14 000 acres, notamment en Ontario, en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba, dont la valeur marchande est estimée à  17,4 millions de dollars.

Un nouveau modèle? 
Ce nouveau phénomène ne devrait pas faire fluctuer le prix des terres, puisque compte tenu de la nature des activités de Bonnefield, cette dernière ne devrait pas se livrer à des surenchères sur la valeur des terres.

Cependant, nous pourrions voir apparaître des entreprises qui exploitent de plus grandes superficies de terre sans qu’elles en soient propriétaires. Des exploitants qui ne supporteront pas l’endettement de leur fonds de terre et qui utiliseront ces liquidités pour acquérir des équipements à la fine pointe et aller chercher le meilleur rendement et le meilleur retour sur investissement. Plutôt que d’avoir des producteurs agricoles propriétaires de leur terre, nous verrons apparaître des producteurs-locataires, comme dans des baux résidentiels ou commerciaux. Ce nouveau modèle améliorera sans doute le flux de trésorerie des exploitants et diminuera leur niveau d’endettement, mais ils ne pourront plus tirer de bénéfice de l’inflation du prix des terres au moment de prendre leur retraite. Ce nouveau modèle d’affaires comporte des avantages, mais influencera sûrement le modèle agricole traditionnel au détriment de la ferme familiale.

Le Canada compte plus de 167 millions d’acres de terres agricoles pour une valeur marchande d’environ 255 milliards de dollars, selon Statistiques Canada.

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