Volume 29 Numéro 01 Le 17 août 2011

2 500 km en tracteur


John Varty parcourt le pays au volant d'un MF 1660, dans le but de montrer le véritable visage de l'agriculture. Arrêtez-le quand il passera devant votre ferme!

Par André Dumont, collaborateur


Le professeur John Varty et sa conjointe Molly Daley ont entrepris en juin un périple de plus de 2500 km en tracteur, qui les mènera de Charlottetown sur l’Île-du-Prince-Edward à Leamington, dans le sud-ouest de l’Ontario.

 

Accompagné d’un caméraman, le couple recueille un maximum de témoignages, dans le but de produire un documentaire qui révélera le véritable visage de l’agriculture dans l’est du pays.

 

« L’agriculture doit être viable pour ceux qui la pratiquent, dit John Varty. Je suis à la recherche de modèles de mise en marché et de rémunération qui laissent quelque chose dans les poches des producteurs. »

 

Né dans une famille agricole de l’Ontario, John Varty est devenu professeur d’histoire de l’agriculture et de l’environnement et auteur. Il a enseigné aux universités McGill, Yale et plus récemment McMaster, à Hamilton, près de Toronto.

 

Le 9 août dernier, sa petite équipe a quitté l’île de Montréal, pour entrer en Ontario. Un tracteur compact MF 1660 fourni par Massey Ferguson tire une charrette à foin sur laquelle une maisonnette a été construite. Elle sert de logement et de lieu pour les entrevues.

 

L’itinéraire en Ontario prévoit un détour par Cornwall, avant de remonter vers Ottawa, avec l’idée d’organiser un événement sur la Colline parlementaire.

 

Joint au téléphone, John Varty s’est montré très intéressé à rencontrer des producteurs franco-ontariens, lui qui a pu constater plusieurs différences entre les producteurs Québécois et Canadien-anglais. 

 

Au Québec, il a observé que les producteurs s’expriment avec beaucoup plus de vigueur que leurs collègues du Canada anglais sur l’importance de convaincre la population de manger des aliments locaux. « La préoccupation qui est ressortie le plus souvent est celle des produits importés qui n’ont pas à répondre à des normes aussi strictes que celles imposées aux agriculteurs d’ici », a-t-il ajouté.

 

À l’Île-du-Prince-Édouard, John Varty a rencontré des producteurs qui s’étaient construit des porcheries pour rien, le seul abattoir de porcs de la province ayant abandonné la partie.

 

En Nouvelle-Écosse, plusieurs lui ont déploré la perte de plus d’un million d’acres de terres agricoles en 20 ans, abandonnés par des producteurs qui n’arrivaient plus à en vivre. « Dans certains pays, on cultive n’importe quelle terre, alors qu’ici, de très bonnes terres arables échappent à l’agriculture », regrette-t-il.

 

D’autres producteurs néo-écossais ont raconté le refus catégorique de Sobeys d’acheter leurs légumes, prétextant des volumes trop faibles ou un manque d’uniformité du produit.

« Il faut trouver un moyen pour que les producteurs ne soient pas toujours face à la décision d’abandonner ou pas l’agriculture », dit John Varty.

 

Ceux qui voudraient partager un témoignage avec John Varty ou faire un don pour appuyer sa démarche peuvent lui écrire à tractoracrosscanada@gmail.com, ou laisser un commentaire sur le site ww.tractorcanada.com.

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