Volume 32 Numéro 07 Le 21 novembre 2014

2014 : une année à oublier au Témiskaming


-Photo Marc Dumont

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Vaudrait mieux oublier la saison de culture 2014. C’est du moins ce que l’on entend chez les agriculteurs du nord de l’Ontario à qui la chance n’a pas souri cette année. Pour cette région qui mise beaucoup sur les grandes cultures, cet été n’a pas été favorable et les répercussions se feront sentir jusqu’en 2015. Mince consolation : l’abondance du fourrage et de l’ensilage de bonne qualité vient mettre un baume sur la plaie des producteurs qui ont l’impression d’avoir perdu gros.

« C’est la pire année en 37 ans », de dire Basil Loranger d’Earlton, un producteur d’Earlton.

En effet, le printemps tardif a d’abord repoussé les semailles de trois semaines. La dernière gelée mortelle qui a eu lieu le 8 mai et le sol gorgé d’eau ont rendu l’accès difficile aux champs, de sorte que les semis n’ont pu débuter qu’à partir du 20 mai. Au début de la saison, les céréales se sont bien développées et les plants ont rattrapé leur retard, ce qui a permis tous les espoirs.

C’est en juillet que les choses se sont compliquées. Les nuits ont été fraîches et la température enregistrée montre un écart de 10 % en deçà de la moyenne. En août, le même scénario s’est répété et la pluie s’est mise de la partie. La région du nord de l’Ontario a reçu le double de la moyenne des 10 dernières années, tandis que septembre a connu une hausse de 25 %. S’en est suivi d’une première gelée mortelle le 18 septembre, dans les normales de saison. Enfin octobre n’a guère été meilleur et le sol est demeuré saturé d’eau.

Résultat : plusieurs récoltes désastreuses. Le manque de jours consécutifs sans précipitations a empêché les lourdes moissonneuses-batteuses d’accéder aux champs sans crainte de s’embourber. L’excès d’humidité a causé beaucoup de verse et les céréales se sont vite détériorées.

Les producteurs qui se sont quand même risqués à entreprendre les récoltes ont engagé des frais de séchage supérieurs à l’an dernier. Le problème est devenu si important que certains sites de séchage ont dû refuser du grain, faute de capacité.

Pour certaines productions comme le maïs sous plastique, la qualité n’y est tout simplement pas. Le grain séché, trop laiteux, ne contient pas assez d’amidon et l’excès d’humidité a favorisé l’apparition de moisissures et de toxines.

Quant au soya, le sol humide a trop retardé la formation de nodules qui lui fournit son azote, faute d’ensoleillement. La plante est devenue très végétative avec l’apparition de moisissures et une fève amollie. On enregistre plusieurs pertes.

Tout n’est pas perdu
Tout n’est pas déprimant en 2014. Le fourrage et l’ensilage sont abondants et de bonne qualité. Les agriculteurs avec des animaux s’en sortent relativement bien.

« Je dois rappeler aux jeunes agriculteurs en particulier que même s’ils n’ont pas eu de revenus avec les récoltes qu’ils espéraient vendre pour avoir un revenu supplémentaire, que c’est le lait et le bœuf qui constitue la raison première de leur ferme et là ça va bien, » rappelle Daniel Tassé, agronome au ministère de l’Agriculture de l’Ontario.

2015 affecté
En plus de ce portrait sombre pour les grandes cultures en 2014, un autre défi attend les producteurs : 2015. Les champs dans lesquels les récoltes ont été laissées à l’abandon ne seront pas prêts le printemps prochain. L’accès aux champs à l’heure actuelle occasionnerait trop de compaction et force est d’admettre que l’impact de cette année se fera donc ressentir l’an prochain.

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