Volume 32 Numéro 17 Le 8 mai 2015

450 points de vente additionnels pour la bière en Ontario


SoniaFournier

Par Sonia Fournier
Collaboratrice
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Chaud samedi soir d’été. Un propriétaire d’un véhicule plaqué du « Je me souviens » déambule sourcils froncés dans l’épicerie du coin. « Où est donc la bière ici? » se questionne-t-il.  Vive déception, aucune vente de bière n’est permise en Ontario à cet endroit. Cette fâcheuse situation risque de changer dans un futur prochain. La province a récemment annoncé le plus grand changement dans la vente au détail depuis la prohibition, il y aura enfin de la bière dans les épiceries de la terre où il y a « Tant à découvrir ».

L’accès à la bière dans les épiceries augmentera d’environ 30 % au cours des prochaines années. Des règles strictes devront être suivies dans les magasins dans le cadre de cette expansion. Parmi celles-ci, on note la création d’une section désignée à la vente de bière qui sera fermée en dehors des heures d’ouvertures spécifiques et la dotation de formation appropriée pour le personnel. L’approvisionnement en épiceries se fera via le Liquor Control Board of Ontario (LCBO)

« Les bénéfices pour les Ontariens seront multiples. Ces réformes apporteront une compétition accrue sur la vente de bière, de nouvelles occasions de croissance pour les micro-brasseries, la création d’emplois et 100 millions de dollars en revenus additionnels par année », affirme M. Scott Blodgett, Conseiller principal aux relations médias du ministère des Finances de l’Ontario.

« C’est une bonne nouvelle pour toutes les micro-brasseries ontariennes. Nous aurions aimé que le gouvernement accélère ses échéanciers pour la mise en place de ces changements, mais ça reste très significatif pour notre secteur », explique M. Steve Beauchesne, cofondateur de la brasserie Beau’s.

Mothers Against Drunk Drivers (MADD) Canada aurait préféré que l’expansion de la vente de bière soit opérée directement par le LCBO au lieu des épiceries. L’organisation charitable dédiée à l’arrêt de la conduite avec facultés affaiblies affirme par voie de communiqué qu’elle s’assurera que la santé du public et des considérations de sécurité soient intégrées au nouveau modèle de vente.

« Nous sommes prêts et avons la capacité de production pour répondre à la demande croissante attendue de nos produits. Pour notre brasserie, l’impact est important, cela pourrait signifier la création de 50 à 100 emplois à temps plein d’ici quelques années », précise M. Beauchesne.

Démantèlement d’un quasi-monopole

Mené par M. Ed Clark, un conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux a été chargé d’étudier et émettre diverses recommandations par rapport aux avoirs de la province. Le conseil a qualifié le système de vente au détail de la bière et spiritueux en Ontario comme un « quasi-monopole ».

Ce changement est accompagné d’une réforme dans le système de gouvernance des magasins «The Beer Store» (TBS). Contrairement à la croyance populaire, TBS n’est pas une agence du gouvernement ontarien comme le LCBO. Il est plutôt géré et gouverné par trois entreprises privées de la bière soit Molson-Coor’s, Labatt et Sleeman.

« The Beer Store échouait depuis longtemps à bien servir les micro-brasseries », ajoute le PDG de l’entreprise de Vankleek Hill.

La nouvelle entente-cadre avec le gouvernement ontarien et The Beer Store encouragera ce dernier à retourner à ses origines coopératives. TBS sera obligé d’allouer 20 % des étalages à la vente de bières produites par les micro-brasseries. Des postes sur le conseil d’administration avec droits de vetos et des occasions de devenir actionnaires seront offerts aux représentants du brassage artisanal.

Un organisme indépendant relatif à la vente de bière au détail sera nommé pour gérer les plaintes des consommateurs et des brasseries.

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