Le 18 décembre 2002

4500 producteurs laitiers manifestent leur mécontentement à Ottawa


Tout comme à Saguenay en août dernier, les producteurs laitiers du Canada ont marché, le 18 décembre dernier, au nom de la gestion de l’offre. Photo É. Alary.

Les Producteurs laitiers du Canada avaient anticipé une participation de 3000 personnes; ce sont finalement entre 4500 et 5000 d’entre eux qui auront répondu à l’appel de leur organisme national pour participer à une manifestation, le 18 décembre dernier à Ottawa, afin d’exiger des mesures énergiques et cohérentes capables de préserver deux des piliers de la gestion de l’offre: le prix du lait et le contrôle des importations.

Cette manifestation s’est déroulée en deux temps. Dans un premier lieu, un convoi comprenant deux camions de lait, trois chariots tirés par deux tracteurs et un camion et quelques 200 manifestants ont sillonné les rues du centre-ville d’Ottawa.
Tout en scandant le refrain «du lait, de la crème, donnez-nous quelque chose qu’on aime», ces protestataires en ont profité pour laisser sur le passage un arbre de Noël et des boîtes-cadeaux à trois endroits cible: le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, l’Agence des douanes et du revenu du Canada ainsi que le ministère des Finances.

Les boîtes-cadeaux étaient vides afin de symboliser le manque de mesure concrètes offertes par les fonctionnaires de ces ministères aux producteurs.
Par la suite, ces manifestants se sont rendus sur le site de la Ferme expérimentale à Ottawa ou ils étaient attendus par les autres membres pour le rassemblement principal. Une marche s’est alors déroulée entre les bureaux de la Commission canadienne du lait et l’édifice Sir John Carling (bureaux du ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada, Lyle Vanclief).
«Vous vous souvenez de Chicoutimi, en août dernier, le gouvernement nous avait dit à l’époque qu’il supportait la gestion de l’offre à mille pour cent. Le ministre Vanclief s’était alors engagé à former un comité de travail mais depuis, aucun action concrète n’a été posée», a mentionné le président des PLC, Leo Bertoia.

Ce dernier croit que le gouvernement ne prend par les producteurs laitiers au sérieux. «Il va falloir que les ministres et les fonctionnaires nous écoutent car nous n’arrêterons pas tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas un arrêt des importations», déclare M. Bertoia. Ce dernier précise qu’il est important de «renforcer les mesures de contrôle à l’importation de produits conçus spécifiquement pour contourner les contingents tarifaires ou ceux qui y échappent», précise-t-il.

Les Producteurs laitiers du Canada ont notamment demandé au gouvernement fédéral de revoir la réglementation touchant les importations des mélanges d’huile de beurre et de sucre. D’après les PLC, ces mélanges sont trop souvent employés dans la fabrication de produits comme la crème glacée et le formage fondu et prennent la place du lait produit au Canada. Les PLC évalue à 270 fermes laitières de tailles moyenne le marché perdu à cause de ces importations. «Le Canada a pris des engagements à l’Organisation mondiale du commerce de donner un accès équivalent à 5% du marché pour les produits laitiers. Dans le cas de la crème glacée, si on compte les mélanges de sucre et d’huile de beurre ou de beurre et de solide comme le lactosérum, c’est de 25% à 30% d’accès qu’on offre», explique Léo Bertoia.

Selon le vice-président des PLC, Jean Grégoire, le gouvernement doit agir. «Nous avons pris la peine de leur dire (aux ministres et aux fonctionnaires) à maintes reprises que les producteurs laitiers canadiens produisaient des produits de grande qualité à des prix inférieurs. Nos producteurs méritent des prix décents pour vivre et faire vivre leur famille», affirme M. Grégoire.

Pour Jean Grégoire, il ne faut pas attendre que les producteurs laitiers soient dans l’obligation de revenir. « Les actions doivent être posées tout de suite. Il va falloir que les ministres mettent leur culotte», lance-t-il. «La prochaine fois qu’on va revenir à Ottawa, je ne suis pas certain qu’il va rester de quoi», prévient le vice-président des PLC.
Leo Bertoia invite le comité de travail, formé par le ministre Vanclief, à se mettre au travail. «Ce comité ait mieux de présenter des solutions constructives lors de notre assemblée annuelle qui aura lieu en janvier prochain. Sinon, nous serons de retour», indique le président des PLC.
Pour Jean-Guy Séguin, producteur laitier de la région de Verner, cette manifestation démontre clairement que le problème est le même partout au pays. « Nous sommes unis au niveau national sur la question du contrôle des importations. Ce rassemblement est la suite de ce qui s’est passé au Saguenay et ce n’est qu’un réchauffement pour ce qui est à venir», lance Jean-Guy Séguin.

À noter que les PLC avaient invité les dirigeants à s’adresser à la foule. Contrairement à Saguenay, le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada, Lyle Vanclief, n’était pas disponible, tout comme le vice-président de la Commission canadienne du lait, Louis Balcaen.

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