Volume 34 Numéro 06 Le 4 novembre 2016

Le Canada et l’Union européenne signent l’AEGC


Le premier ministre Justin Trudeau, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, signent l’Accord économique et commercial global (AECG) lors du Sommet Union européenne-Canada à Bruxelles, en Belgique. Photo:AACà

Par Chantal Quirion


 

Le Canada et l’Union européene (EU) ont paraphé l’Accord économique et commercial global, ce 30 octobre, soit sept ans après l’amorce des discussions et quelques semaines après que la Wallonie ait sérieusement compromis l’aboutissement du processus.

Toutefois, la Wallonie a accepté de rejoindre les rangs des 28 membres de l’UE, ayant obtenu gain de cause le 28 octobre avec l’insertion d’un addendum au traité. Le rythme s’est alors accéléré à la vitesse grand V et

deux jours plus tard, le premier ministre canadien Justin Trudeau se rendait à Bruxelles, plume à la main.

« La signature de l’AECG est un évènement historique. Cet accord moderne et progressiste resserrera les liens déjà forts entre le Canada et l’Union européenne et créera de nombreuses opportunités pour les Canadiens et les Européens. Il permettra d’ouvrir de nouveaux marchés à nos exportateurs, d’offrir plus de choix et de meilleurs prix aux consommateurs et de forger des liens plus forts entre nos économies », a commenté M. Trudeau par voie de communiqué.

Ainsi, le premier ministre Justin Trudeau, de concert avec le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a signé l’AECG au cours du Sommet Union européenne-Canada.

« L’AECG est un accord commercial qui, une fois mis en œuvre, générera des milliards de dollars d’échanges et d’investissements bilatéraux, offrira plus de choix et de meilleurs prix aux consommateurs et créera des emplois pour la classe moyenne dans de nombreux secteurs des deux côtés de l’Atlantique. Le Canada et l’UE se sont engagés à assurer l’entrée en vigueur de l’AECG le plus tôt possible », indique-t-on du côté du gouvernement canadien.

Les dirigeants ont également signé l’Accord de partenariat stratégique (APS), qui permettra d’améliorer la collaboration dans des secteurs importants tels que l’énergie, l’environnement et les changements climatiques, la migration et le pluralisme pacifique, la lutte contre le terrorisme, la paix et la sécurité internationale et le multilatéralisme efficace.

Réticences

Dans le secteur agricole canadien, certains comme les producteurs de canneberges et les éleveurs de  bœuf sont censés y trouver des avantages. Pour les producteurs laitiers et les fromagers, il en va autrement.   Des concessions d’importation européennes de 17 700 tonnes de fromage par année y ont été consenties.

Selon les Producteurs laitiers du Canada (PLC), les pertes sont évaluées à environ 116 millions de dollars de moins par année pour les producteurs de lait canadien et près de 300 millions de dollars pour l’industrie fromagère.

« L’accès au marché accordé en vertu de l’AECG coûtera aux producteurs laitiers canadiens jusqu’à 116 millions de dollars chaque année en ventes de lait perdues, du lait qui aurait été utilisé pour fabriquer du fromage canadien primé de grande qualité, puisque des fromages importés de l’Europe prendront plus d’espace sur les étalages. Les producteurs laitiers canadiens ne se sont jamais opposés à ce que le Canada signe de nouveaux accords commerciaux, dans la mesure où ils n’ont pas d’impacts négatifs sur les producteurs laitiers », ont précisé les PLC.

Au lendemain de la signature, le président des PLC, Wally Smith invitait le gouvernement à tenir ses promesses.

« Maintenant que l’AECG a été signé, les producteurs laitiers et les fromagers canadiens attendent l’annonce des mesures d’indemnisation promises, a déclaré Wally Smith, président des PLC. Nous sommes heureux d’être parvenus, depuis 2013, à faire comprendre au gouvernement du Canada que des occasions de marché perdues justifient des mesures d’atténuation et d’indemnisation. »

Ce à quoi la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, s’est engagée dans les jours suivants.

 

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