Volume 35 Numéro 08 Le 1er décembre 2017

ALÉNA, soutien du gouvernement fédéral sans équivoque à la gestion de l’offre


Le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, Andrew Leslie assure que le Canada a une excellente équipe pour défendre le système de la gestion de l'offre.

Par Chantal Quirion


Le 24 novembre dernier, des producteurs agricoles ont eu la chance de s’entretenir avec le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, Andrew Leslie. Cette rencontre portant sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) a été initiée par le député de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin.

M. Leslie ayant ses entrées à la Maison-Blanche, les participants réunis à la Fromagerie St-Albert ont pu obtenir un point de vue et des informations de première main. À la grande question du jour, le système de la gestion de l’offre est-il menacé par les renégociations de l’ALÉNA? M. Leslie comme M. Drouin ont répondu que la position du Canada à cet endroit ne laissait aucune place au compromis. Il n’est pas question de faire quelques concessions que ce soit.

La 5e ronde de négociations s’est conclue le 23 novembre et la 6e ronde débutera dans quelques semaines. Il y a quatre semaines, le Canada a reçu des offres des négociateurs américains que M. Leslie a qualifiées de cadeaux empoisonnés. Le Canada ne signera pas dans ces conditions a assuré ce dernier.

Le grand avantage du Canada selon M. Leslie est qu’il a tout son temps alors que des élections prochaines aux États-Unis comme au Mexique exercent beaucoup de pression sur les élus.

« Pour eux, ce n’est pas le temps de faire des erreurs. C’est l’importance du vote des électeurs.  Le Canada n’est pas pressé et c’est à  son avantage. »

Toujours selon M. Leslie, le Canada a bâti un solide dossier pour défendre la gestion de l’offre. Ce ne sont pas que des idées, mais plutôt des données statistiques qui témoignent de la contribution du secteur de l’agriculture canadienne à l’économie des États-Unis. Nos voisins ne peuvent pas en dire autant d’après M. Leslie.

«  Je pense que les États-Unis n’ont pas les chiffres pour supporter ce qu’ils disent »

Bien que le président des États-Unis Donald Trump ait désavoué l’ALÉNA, les décisions doivent passer par le Sénat et le Congrès et  les négociations reposent sur des professionnels.

« L’entente entre les négociateurs des trois pays est excellente », a commenté M. Leslie.

Avec un tel climat, l’optimisme est toujours de rigueur. Toutefois, bien qu’un retrait de l’ALENA ne soit pas souhaitable il n’est pas exclu si le Canada n’y trouve pas son compte, a souligné M. Leslie.

« Pas d’accord, vaux mieux qu’un mauvais accord. »

De mauvais souvenirs

L’ombre du Partenariat transpacifique (PTP) a  ressurgi pendant cette session d’information. Plusieurs participants ont fait part de leur crainte que les renégociations pour l’ALÉNA mènent à des compromis comme tel avait été le cas avec le PTP.  Ils ont indiqué aussi être inquiets de l’issue des négociations pour un nouveau PTP.

Négocié au terme de plusieurs années de pourparlers et abandonné à la suite de  la défection des États-Unis après l’arrivée du président Trump, cet accord comportait des pertes certaines pour l’industrie laitière. On se souviendra qu’après la signature des 12 pays participants, le gouvernement conservateur de l’époque, sous M. Harper,  avait chiffré ces pertes en annonçant des mesures compensatoires.

Selon M. Drouin et M. Leslie, le Canada demeurera très ferme tant pour l’ALÉNA que le PTP, car il n’est pas envisageable d’accumuler des compensations versées aux producteurs sous la gestion de l’offre, d’autant qu’une brèche a été ouverte avec l’Accord économique commercial et global conclu avec l’Union européenne.

« Les Canadiens ne seraient pas contents », a fait valoir M. Drouin en précisant que tous les partis politiques sont unis pour la défense du système. À son avis, il faudrait pareille unité au sein de l’ensemble du secteur agricole. Il travaille à cette cause.

Réactions

Selon leurs commentaires et questions, plusieurs producteurs présents auraient aimé entendre de la bouche de M. Leslie que la gestion de l’offre sortira intègre de la situation. M. Leslie a fait comprendre qu’il n’est pas en son pouvoir de faire une telle déclaration, mais qu’il pouvait toutefois affirmer sans hésitation que les négociateurs canadiens feront tout en leur pouvoir pour qu’il en soit ainsi.

 

« C’est très encourageant d’entendre de vive voix que le gouvernement en place supporte la gestion de l’offre et nous garantit qu’il n’est pas remis en question à la table des négociations. Reste à voir les résultats d’un éventuel accord, mais il est clair pour les producteurs que faire des concessions à chaque traité mine les bases de la gestion de l’offre dans son ensemble », a commenté le 1er vice-président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), Philippe Etter.

L’UCFO a profité de l’occasion pour réitérer sa position.

« L’UCFO supporte la gestion de l’offre. C’est un système qui offre aux producteurs un environnement d’affaires très stable et c’est important pour pouvoir investir dans nos entreprises et dans les milieux ruraux. Ces investissements sont cruciaux pour permettre à la prochaine génération de mettre la main sur des entreprises performantes », a fait valoir son directeur général, Simon Durand. 

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