Élevage

Abattoirs nord-ontariens et québécois : le dossier traîne en longueur


Photo ILessard

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Alors que plusieurs agriculteurs du nord de l’Ontario et leurs homologues québécois ont l’impression que le litige des abattoirs est au point mort, les ministres de l’Agriculture ontarien et québécois aborderont le sujet en novembre, lors d’une réunion. Les deux ministères s’entendent qu’il serait plus logique de modifier la loi pour permettre aux producteurs bovins du Nord québécois de faire abattre leurs animaux de l’autre côté de la frontière interprovinciale.

L’absence d’abattoirs dans le Nord-ouest québécois est un irritant de longue date pour les producteurs de bovins qui doivent expédier leur bétail dans la région de Montréal pour faire boucherie. Pourtant, il en existe deux à proximité en Ontario, soit à Matheson et à Belle-Vallée, qui seraient heureux d’accueillir les animaux québécois.

Le cabinet du ministre de l’Agriculture des pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Pierre Paradis, a confirmé que l’enjeu sera discuté lors de la rencontre entre les deux ministres de l’Agriculture québécois et ontarien qui aura lieu en novembre.

«Nous partageons les préoccupations à l’égard de cette question, a affirmé Valérie Roy, directrice du cabinet. À cet effet, le ministre a demandé à ce que ce point soit inscrit à l’ordre du jour de sa prochaine rencontre avec M. Jeff Leal, ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario. »

Du côté de l’Ontario, cette question affecte une moins grande proportion de producteurs, mais demeure néanmoins une source visible de cynisme. L’éleveur de bisons d’Earlton, Pierre Bélanger, confie que ça lui coûte une fortune pour transporter ses animaux dans un abattoir fédéral s’il veut vendre de la viande au Québec.

« Comme si l’Ontario ne se préoccupe pas de la santé de sa population, s’indigne-t-il.  D’autant plus que ce n’est pas illégal pour le consommateur ontarien de s’approvisionner en viande au Québec et vice-versa. »

Lettre au ministre Ritz
En janvier dernier, les ministres provinciaux de l’Agriculture de l’époque, François Gendron et Kathleen Wynne, ont fait parvenir une lettre au ministre fédéral de l’Agriculture, Gerry Ritz.

Mme Wynne et M. Gendron déplorait que l’Agence canadienne de l’inspection des aliments de n’ait pas cru bon d’inclure la région d’Abitibi-Témiscamingue et de Cochrane-Témiskaming dans le projet pilote fédéral-provincial-territorial sur l’hygiène des viandes. Cette initiative de modernisation de la réglementation de cinq millions $ donnait l’occasion à 17 abattoirs canadiens, dont trois en Ontario, de se conformer aux exigences de l’administration fédérale en matière d’hygiène des viandes pour le commerce interprovincial.

« Nous vous demandons de revoir cette question », ont insisté les ministres provinciaux. « Il en va de la croissance du secteur agricole… et du développement régional. Nous recommandons que d’autres options soient étudiées afin de permettre à certaines régions isolées spécifiques, sans abattoirs fédéraux, de desservir les consommateurs et la communauté agricole », argumentent les auteurs.

Enfin la lettre exhorte le gouvernement fédéral à travailler en collaboration avec les provinces à la recherche active de solutions.

Confusion
Lors de la visite du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à la Foire gourmande de Ville-Marie en août dernier, il avait indiqué qu’il aborderait cette question avec son homologue ontarienne, Kathleen Wynne, lors de la conférence des premiers ministres à Charlottetown.

Le député de l’Abitibi-Témiscamingue, Luc Blanchette, avait même laissé miroiter aux médias la possibilité que l’abattoir de Belle-Vallée, en Ontario, soit la solution pour les éleveurs de bovins au Québec. Était-ce un ballon d’essai dans le but d’obtenir des réactions et de faire évoluer le dossier? Impossible de trouver une réponse à cette question pour l’instant.

Bryan Bossin, secrétaire de presse au bureau du ministre de l’Agriculture de l’Ontario, affirme que les discussions sont au point mort du côté ontarien depuis l’envoi de la lettre.

Quant au ministère de l’Agriculture au fédéral, les bureaux des relations avec les médias ont bien accusé réception aux demandes de renseignements, mais n’y ont pas donné suite.

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