Le 7 avril 2004

Adoption du plan triennal 2004-2007 L’UCFO bien décidée à faire ressortir le dynamisme de ses membres

Par Chantal Quirion


L’UCFO a tenu sa 75e assemblée générale à Embrun, le 26 mars dernier. De l’UCFO, le directeur de développement, André Pommainville, le président, Pierre Bercier et la directrice générale Nadia Carrier ont procédé aux procédures d’usage et ont à l’occasion

Sous le thème « Fiers du passé et tournés vers l’avenir », l’UCFO a tenu sa 75e assemblée générale à Embrun, le 26 mars dernier. Faisant le bilan de 75 ans d’histoire, l’UCFO peut être fière du passé en pensant à toutes les causes dans lesquelles elle a été impliquée et dont la contribution s’est soldée par la réussite. Réussite qui fait qu’aujourd’hui encore, la communauté agricole franco-ontarienne existe bel et bien, et peut puiser en ses racines profondes pour faire face aux défis de l’avenir. (Pierre Bercier)
L’Union des cultivateurs franco-ontariens, se réjouit du haut taux de participation lors de sa dernière assemblée générale. Près d’une centaine de membres ont assisté à cette 75e assemblée, soulignant du coup, l’entrée de l’UCFO dans son quatrième quart de siècle. Peu d’organisations francophones en Ontario ont eu la fierté de franchir ce cap.

Un bref retour sur la décision votée en 2003, de conserver intact le nom du mouvement, fut fait par le président Pierre Bercier, qui, reprenant chacun des termes composant le nom officiel, a justifié leur raison d’être et leur pertinence. Ainsi, l’Union des cultivateurs franco-ontariens est, et restera, le nom choisi par la majorité des membres comme étant le plus représentatif de l’organisation.

Assemblées de cuisine

L’UCFO s’est livrée à une vaste campagne de consultations privées et publiques auxquelles, le président Pierre Bercier a assisté en compagnie de la directrice générale, Nadia Carrier: « Le fait que les consultations coïncident avec l’arrivée de la nouvelle directrice générale a été excellent puisqu’elle a pu prendre le pouls de l’agriculture partout en Ontario et que les membres ont pu la rencontrer.

« Au cours de ces assemblées, malgré l’importance du sujet, il ne fut à peu près pas question de la vache folle », constate-t-il.
Trois préoccupations émergentes ont été identifiées. Premièrement, l’importance des services en français, les gens confirment qu’il faut continuer à monter la garde pour conserver cet acquis.

Deuxième point, l’opinion publique est un sujet qui touche beaucoup les agriculteurs qui constatent que la population non agricole, soit 98% des gens, ont peu de contact avec l’agriculture et ceux qui la pratiquent. De ce fait, il est difficile de les sensibiliser et d’avoir leur appui pour contrer certains problèmes comme par exemple le fait qu’à l’heure actuelle, seuls les producteurs assument les frais pour la mise aux normes environnementales.

Les difficultés reliées au transfert des entreprises agricoles constituent un point qui soulève beaucoup d’inquiétude. Il a été constaté que le problème ne réside pas dans le manque de relève mais plutôt dans les difficultés à transférer l’entreprise d’une génération à l’autre.
L’UCFO a pris bonne note de ces préoccupations et s’est appliquée à les intégrer dans son plan triennal.

Plan triennal 2004-2007

Au c’ur de cette assemblée, la présentation du plan stratégique 2004-2007, a témoigné du souci du Bureau central (nom officiel du conseil d’administration), de bien répondre aux attentes et aux besoins de ses membres ainsi que d’élaborer des stratégies pour y parvenir. Présenté par Nadia Carrier, le plan a été entériné à l’unanimité.
Rappelons que le document a été rédigé à la lumière de nombreuses consultations faites auprès des membres et de tous les intervenants du milieu agricole.

Pour le moins ambitieux, le plan présente des objectifs répartis dans quatre champs d’action, soit la vie associative, les communications, les relations publiques ainsi que le développement agricole, agroalimentaire et rural. « Il faut bien comprendre qu’il s’agit ici d’un outil de référence, précise la nouvelle directrice générale Nadia Carrier. Ce plan triennal dresse la ligne directrice à partir de laquelle le conseil d’administration dressera chaque année un plan opérationnel comprenant la liste des activités destinées à atteindre les objectifs du plan ». L’atteinte de ces objectifs sera évaluée régulièrement à l’aide d’une grille de concept de gestion axée sur les résultats.

Parmi ces objectifs, on prévoit presque doubler le nombre des membres, on désire une présence accrue dans les régions du Nord, du Centre et du Sud-Ouest de la province tout comme on veut établir un profil des membres. Dans le volet des communications, on souhaite mettre des outils de communication à la portée des agriculteurs, favoriser les interactions entre ces derniers et promouvoir les formations académiques en agriculture et en agroalimentaire.
Le plan démontre d’une intention certaine de continuer à développer de nombreux partenariats, à être présent partout où il y a incidence sur l’agriculture, à entretenir un réseau de relations publiques et à continuer le travail de lobby auprès des différentes instances politiques.

En agriculture, le plan accorde une importance particulière au problème de la relève et prévoit par la mise en commun des ressources de plusieurs organismes pour favoriser l’émergence de piste de solutions.

Élections

Le président Pierre Bercier a été reconduit dans ses fonctions pour un nouveau mandat alors que les administrateurs Denis Bourdeau, Étienne Séguin ainsi que Gérald Beaudry, ont accepté un nouveau terme pour une période de deux ans. Avec Robert Chauvin, Robert Dessaint et Bernadette Henrard, dont les termes ne sont pas encore échus, le conseil exécutif compte encore deux sièges vacants.
Une résolution adoptée lors de cette assemblée, a donné au conseil l’autorité de combler ces postes dont un reviendra fort probablement à Albert Gauthier. Ce dernier, à l’extérieur du pays lors de l’AGA, avait toutefois fait part de son intention de renouveler son terme comme administrateur.

« Afin de bien représenter l’ensemble de la communauté agricole, nous aimerions bien accueillir des représentants de diverses productions. Par ailleurs, l’apport de plus d’administratrices et de jeunes de la relève serait aussi souhaitable », a affirmé le président Pierre Bercier.

Rapport des activités 2003-2004

L’année 2003 a vu entre autres, le départ d’Alain Delorme à titre de directeur général, laissant derrière lui une « grande paire de souliers à chausser ». Nadia Carrier a été choisie pour relever le défi et selon le président Pierre Bercier, elle réussit tout à fait bien: « On a fait un bon très bon choix », a-t-il dit lors de l’AGA.
La fréquentation croissante du site Internet de l’UCFO, La voie agricole, est assez remarquable: quelque 20 000 visiteurs par mois, en provenance du Canada, des États-Unis, de l’Europe et de l’Afrique. « On remarque que plusieurs visiteurs proviennent d’universités et de ministères gouvernementaux », constate Madame Carrier. Avec l’ajout d’une section jeunesse, fruit du travail de Micheline Bégin et Félix Bussières qui a été lancée en septembre dernier, ce portail devient le plus grand site jeunesse en français portant sur l’agriculture au Canada.

Ce fut aussi l’anniversaire d’Agricom qui fêtait 20 ans d’existence. Cette année 2003, fut marquée par le départ d’Étienne Alary comme rédacteur en chef, mais qui par son travail à l’APF signe encore des articles pour Agricom. Une nouvelle journaliste, Chantal Quirion, l’a remplacé.

Le Réseau des jeunes entrepreneurs en agroalimentaire RJEA a été aussi des plus actifs depuis sa création qui date d’à peine un an. Il compte maintenant cent vingt-cinq membres et la coordonnatrice Christine Rieux, a organisé plusieurs activités en commençant par un symposium économique des Jeunes entrepreneurs en agroalimentaire dont une deuxième édition verra le jour ce mois-ci. En plus de nombreuses activités, le RJEA est impliqué dans de nombreux comités comme celui de la Table Ronde Jeunesse d’environnement Canada en plus de collaborer à plusieurs projets.
La création d’un comité pour les célébrations du 75e anniversaire de l’UCFO avec Étienne Séguin comme président a permis des célébrations haut en couleurs qui se poursuivront tout au long de l’année. Deux stagiaires Line Couture et Nathalie Martineau ont été affectées à la préparation des festivités dont l’immense succès est imputable en bonne partie aux talents d’André Chabot comme relationniste.

La participation de l’UCFO à la création d’un comité consultatif destiné à guider les élus municipaux lors des prises de décisions en matière agricole dans les Comtés Unis, compte aussi au nombre des grandes réalisations.

L’UCFO s’est impliqué dans le processus de planification stratégique du Collège d’Alfred, dans le Réseau rural francophone de l’Est de l’Ontario et sa présence a été remarquée dans l’ensemble des événements agricoles.

Services

L’UCFO, constate le président Pierre Bercier, a eu jusqu’à maintenant un rôle d’appui et de représentation. « Nous voulons élargir notre champ d’action, dit-il. Nous voulons offrir des services à nos membres. Nous avons plus de personnel et de ressources qu’autrefois, cela devient possible », conclut-il.

L’UCFO offre déjà des services de traductions spécialisés en agriculture. Dans le journal Agricom, par exemple, on retrouve des articles sur le transfert technologique et sur les grandes cultures.

L’UCFO prévoit dans un premier temps, offrir des services pour l’élaboration des plans sur la gestion des éléments nutritifs, grâce aux compétences de son agronome, André Pommainville. D’autres possibilités sont à l’étude.

En vrac

Au cours de cette AGA, l’administrateur Paul Chauvin a enjoint les membres à faire flotter fièrement devant leur demeure le drapeau franco-ontarien, l’emblème de tous les francophone de l’Ontario.

Pierre Bercier a relevé un fait intéressant à savoir que lors des consultations, des gens de la région de Lafontaine, où l’UCFO n’a pourtant pas de membres, ont demandé à être rencontrés.

Par ailleurs, Monsieur Bercier a réitéré son intention d’accueillir le ministre provincial de l’agriculture, l’honorable Steve Peters, pour une visite à la ferme. Le député Jean-Marc Lalonde travaille en ce sens. Le président compte beaucoup sur cette visite pour faire avancer certains dossiers, dont celui sur le financement stable, dont l’UCFO est privée de la contribution du gouvernement provincial depuis 1999 ainsi que celui d’une aide pour la mise en application des normes environnementales.

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