Volume 25 Numéro 19 Le 4 juin 2008

Agri-Artisans: Un groupe de jeunes veut promouvoir une culture d’alimentation locale

Par André Dumont, collaborateur régulier


Manger mieux, manger local et faire sa part pour l’environnement. Voilà ce que voudrait accomplir un nouveau groupe de jeunes adultes de l’Est ontarien pleins d’idées pour créer une culture d’alimentation locale.

En incubation depuis l’automne dernier, le groupe qui se nomme « Agri-Artisans », réunit pour l’instant six jeunes qui rêvent d’agriculture, mais pour qui l’accès à la terre est un obstacle majeur. Ils voudraient cultiver, mais aussi réunir en réseau et encourager les producteurs agricoles intéressés à mettre en marché leurs produits à l’échelle locale.

« Quand on va chez McDonald’s, on envoie notre argent ailleurs. Pourquoi ne pas dépenser chez les agriculteurs locaux, qui achètent eux aussi dans la communauté? », dit Caroline Lévesque, de Vankleek Hill, l’une des fondatrices du groupe.

Joël Béland, qui produit des paniers de légumes biologiques sur un lopin de terre appartenant à ses parents à Clarence-Creek, fait aussi partie d’Agri-Artisans.

Le premier projet du groupe sera vraisemblablement la mise en place d’un réseau régional de fermes, d’entrepôts et de moyens de distribution. « Pourquoi acheter des carottes de la Californie pendant l’hiver, alors qu’on pourrait très bien entreposer les carottes d’ici? », suggère Caroline Lévesque.

Ce réseau disposerait d’entrepôts disséminés dans la région, d’où les commandes par Internet ou par téléphone seraient livrées aux clients. Toutes les opérations seraient décentralisées, avec un seul ordinateur comme point central.

Un autre projet serait de voir à ce que des restaurants de la région s’approvisionnent des producteurs est-ontariens. Certains restaurants pourraient même se spécialiser dans les mets à partir de produits régionaux, avance Caroline Lévesque.

Pour que ces deux projets soient un succès, il faudra que de nouveaux agriculteurs se lancent dans la production d’aliments frais.

« Nous devons produire une plus grande variété de produits, dit Caroline Lévesque. On pourrait construire des serres, pour prolonger les saisons et ne pas avoir à importer des produits qu’on peut faire pousser ici, comme la laitue la bette à carde ou le brocoli. »

Un écovillage un jour dans l’Est ontarien

À plus long terme, Agri-Artisans voudrait fonder un « écovillage » où chacun construirait sa maison, mais où la terre et certaines ressources seraient mises en commun. On pourrait, par exemple, y ériger une éolienne et se partager l’électricité produite.

S’agirait-il d’une commune, comme dans les années 60?
Ça pourrait y ressembler, admet Caroline Lévesque, mais le modèle serait beaucoup plus durable. On y construirait des maisons écologiques et de véritables entreprises agricoles y verraient le jour, incluant des entreprises de transformation.

La vie communautaire serait plus efficace, en raison de la proximité des sources d’alimentation et des emplois.

De tels écovillages existent déjà, par exemple, à Cobb Hill, au Vermont, ou à Ithaca dans l’état de New York.

Cet écovillage d’Agri-Artisans serait fondé en lien avec un village existant, soutient Caroline Lévesque. « Nous ne voulons pas nous isoler, mais plutôt briser l’isolement actuel de l’agriculture. »

Ceux intéressés à se joindre à Agri-Artisans ou participer à ses activités peuvent communiquer avec Caroline Lévesque, courriel: carolineleelevesque@gmail.com

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