Économie et politique

Agriculteurs affectés par la sécheresse en Saskatchewan Le ministre Vanclief ne prévoit pas d’aide spéciale pour l’instant

Par Pierre-Alain Blais, agronome
info.agricom@atreide.net


Des milliers d’agriculteurs de la Saskatchewan et de l’Alberta se plaignent des ravages de la sécheresse sur leurs cultures. Ce serait selon certains la pire sécheresse à survenir depuis des années. À peine le tiers des précipitations normales auraient d’ailleurs été enregistrées depuis le début de mai au sud de la Saskatchewan.

Par contre, certaines parties du Manitoba ont connu tant de précipitations que des cultures ont été perdues à cause des excès de pluie. Les conditions arides du sud de la Saskatchewan ont conduit les leaders de nombreuses communautés rurales à déclarer l’état d’urgence, et réclamer de l’aide spéciale du fédéral. De nombreux puits se seraient asséchés, l’eau devant être pompée à plus de 600? de profondeur dans certains cas.

Tournée du ministre Vanclief en zones dévastées Le ministre canadien de l’Agriculture, Lyle Vanclief, effectuant une tournée dans ces zones agricoles dévastées par la sécheresse, a réaffirmé qu’il n’était pas question pour l’instant d’aide spéciale pour aider les agriculteurs frappés par les variations brutales du climat des Prairies, disant que «pour l’instant les programmes d’aide existants devront faire».

«Nous devons d’abord vérifier l’efficacité des programmes que nous avons en ce moment», a-t-il ajouté en point de presse. Bien qu’il se dit sympathique aux difficultés vécues par les producteurs durement touchés par la sécheresse, le ministre Vanclief a déclaré qu’il «n’avait pas l’intention de changer son idée». «Les programmes sont là. L’assurance-récolte, le Compte de stabilisation des revenus nets agricoles (CSRN), le Programme canadien de protection du revenu agricole sont tous au service des agriculteurs», a-t-il énuméré.

Les fermiers lui réclamaient de l’aide immédiate. Il a néanmoins promis de soulever la question de l’aide spéciale au cabinet. Il s’est excusé en expliquant qu’au Canada, on essayait «de se sortir de la gestion par crises». «Les agriculteurs doivent s’assurer contre les risques» Le ministre soutient que «les agriculteurs ont parmi leurs responsabilités, celle de se protéger contre les aléas météorologiques et climatiques, en souscrivant aux programmes d’assurance-récolte et d’assurance du revenu».

Lors des visites, Lyle Vanclief aurait montré sa déception à l’effet que les agriculteurs n’utilisent pas au maximum les outils de sécurité du revenu mis à leur disposition. «Seulement 62 % des superficies ensemencées en Saskatchewan sont couvertes par l’assurance-récolte», a-t-il révélé. En outre, souligne le ministre, «35 % des producteurs de la province ont choisi de ne pas se prévaloir de cette assurance, principal outil de gestion du risque climatique». Assurance-récolte pas chère Lyle Vanclief, se basant sur les chiffres préparés par ses fonctionnaires, a expliqué aux médias que les producteurs de la Saskatchewan ne défrayaient que 10 % du coût des primes d’assurance-récolte, l’autre partie étant partagée par les gouvernements provincial et fédéral.

«Pour seulement 27 ¢ l’acre, un producteur obtient une couverture garantie équivalente à 50 % du rendement moyen de l’entreprise pour les dix dernières années», a-t-il affirmé. Toutefois, nombre d’agriculteurs présents lors de la tournée de leur ministre disent que le régime actuel d’assurance-récolte n’est pas satisfaisant. Un producteur de pois secs a confié «que les indemnités prévues à l’assurance-récolte ne couvriraient même pas les coûts d’ensemencement des pois».

«Il me faudrait au moins 50 $ de plus l’acre juste pour faire mes frais», a-t-il précisé. Les programmes de gestion du risque ne tiendraient pas compte de la hausse astronomique du coût des intrants, comme ceux des fertilisants et des carburants. Bob Friesen, président de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA), était également présent lors des visites sur le terrain du ministre fédéral de l’Agriculture.

Il a tenté de rassurer les producteurs victimes de la sécheresse intense des Prairies en avertissant le gouvernement «qu’il est nécessaire, à long terme, de mettre en place un ensemble de mesures crédibles de protection du revenu (?) afin de rencontrer les besoins des producteurs canadiens».

Par ailleurs, les producteurs de grains canadiens font toujours face à un marché international déprimé, en raison d’une surenchère de subventions à la production que se livreraient Américains et Européens. Le gouvernement canadien devrait débourser entre 510 et 512 millions $ pour les programmes d’aide agricole en Saskatchewan cette année.

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