Volume 33 numéro 14 Le 25 mars 2016

Agriculture, le Collège Boréal va de l’avant


Par Chantal Quirion


Le Collège Boréal est prêt à accueillir sa première cohorte d’étudiants en agriculture.

Dès l’automne prochain, le programme Techniques agricoles permettra aux francophones du Nord de l’Ontario d’avoir accès à une telle formation à proximité. Le programme de deux ans offert au Campus de Sudbury risque tout autant d’attirer les étudiants québécois de la région de l’Abitibi-Témiscamingue. Le Collège Boréal lorgne aussi du côté du Sud-Ouest ontarien, où il a participé à quelques événements de promotion.

On se souviendra qu’ayant hérité du cursus de l’Université de Guelph afin d’assurer temporairement la livraison de cette discipline au Campus d’Alfred, Boréal avait été tenté de le rapatrié à Sudbury après que la province ait finalement décidé de confier le mandat de formation en agriculture et en agroalimentaire à La Cité pour l’Est de l’Ontario. L’annonce faite en mars 2015, laissait toutefois très peu de temps à Boréal pour s’organiser et recruter. Le projet fut finalement repoussé d’un an, ce qui nous amène à la prochaine rentrée.

« Tout va dans ce sens-là. On est en train de préparer la serre et d’établir des ententes avec les producteurs. En terme d’heures, ça ressemble à ce qui se donnait à Alfred, mais on va offrir deux spécialisations : l’une en production animale et l’autre en production maraîchère. Ce qui est différent aussi c’est que le stage va être obligatoire », explique Daniel Lapointe, enseignant et coordonnateur du programme.

Un besoin

Rappelons également que lors des consultations sur la relance du Collège d’Alfred, le facilitateur Marc Godbout, avait identifié des besoins de formation en agriculture dans le Nord et le Centre-Sud-Ouest de la province. Ce dernier suggérait d’élargir l’offre de programmes agricoles afin d’avoir une meilleure couverture territoriale.

Au cours de la dernière année, M. Lapointe s’est employé à mettre en place les jalons de cette formation, à établir des contacts avec les agriculteurs de la région et à aller à la rencontre des étudiants potentiels.

« En tant que coordonnateur de programme je dois être capable de ré intéresser et de sensibiliser les jeunes et les moins jeunes à l’agriculture. Il faut être capable d’avoir des programmes qui aident dans ce sens-là. J’arrive d’une conférence (agricole) et il n’y avait pratiquement que des gens dans la cinquantaine. Ici, dans le Nord, on a sauté presque une génération. L’agriculture a connu un déclin », constate M. Lapointe.

À son avis, lorsque le prix pour le bœuf s’est effondré et que celui pour les céréales cultivées traditionnellement dans cette région a chuté dans les mêmes proportions il y a une vingtaine d’années, l’intérêt pour l’agriculture a suivi la même tendance. D’autre part, l’acquisition de petites entreprises par d’autres plus grosses a mené à la disparition de plusieurs petits producteurs agricoles.

Le vent tourne

Plus tard, l’introduction de la culture du canola a permis de renverser la vapeur et plus récemment, un engouement marqué pour les produits cultivés localement a fini de mettre la table pour susciter un nouvel intérêt pour ce secteur d’activité.

« Il faut que le prix des produits se maintienne et que les valeurs de consommation locale continuent à s’imposer. On veut essayer d’aider les jeunes à se partir. On souhaite avoir plusieurs projets de recherche pour aider en ce sens », poursuit M. Lapointe.

Le Collège Boréal compte participer à ce vent de dynamisme en appuyant les projets de transformation et en menant quelques projets de recherche. Certains sont déjà dans l’incubateur, dont la production de noisettes, mais il serait prématuré d’élaborer sur le sujet puisque les démarches en sont encore à l’étape des demandes de financement. Néanmoins, cela traduit la volonté de l’établissement de formation de s’engager envers la vitalité du secteur agricole.

« Il y a vraiment au niveau du Nord une volonté de développer une agriculture plus conviviale, de combler les marchés de la région. Quand au volet transformation ça aide beaucoup. L’un des problèmes c’est le transport, surtout dans les régions plus au nord. Probablement qu’on va être impliqué pour la transformation du lait de brebis », poursuit M. Lapointe.

Pour l’instant, près d’une dizaine d’étudiants issus des secteurs de la production laitière et de l’élevage de veaux sont inscrits et l’on pense que la production maraîchère devrait aussi attirer son lot de clientèle.

« Ce sont des choses qui prennent du temps. Il y a beaucoup de travail à faire sur le terrain. On ne s’attend pas à des cohortes de 20 ou 25 étudiants pour commencer, mais on va bâtir le dessus », conclut pour sa part Jacqueline Gauthier, responsable des communications pour le Collège Boréal.

Celle-ci indique que des cours sur mesure et de la formation continue dans les domaines de la machinerie lourde et de la mécanique font aussi partie des discussions pour bonifier le volet agricole de l’établissement.

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