Volume 26 Numéro 12 Le 18 février 2009

Agriculture USA

Par Denis Bourdeau, président, L'Union des cultivateurs franco-ontariens


Voilà que le secrétaire à l’Agriculture des États-Unis vient de publier les données de son dernier recensement qu’il effectue tous les 5 ans, dont le dernier en 2007.

À quoi servent ces recensements ? À planifier et surtout à observer les tendances. Et des tendances, il y en a !

La bonne nouvelle, pour certains, est que le nombre de fermes a augmenté de 75 810. Ce sont là en partie des petites fermes qui se spécialisent en produits du terroir ou encore, des produits bios, mais d’autres étonnamment, produisent des rendements supérieurs à la moyenne.

On compte présentement 2 204 792 fermes dans ce pays malgré que le terrain disponible à l’agriculture ait diminué de 16,2 millions d’acres, surface qui a été cédée au développement urbain, les routes et autres pertes irrécouvrables.

Les responsables en agriculture se pètent les bretelles en disant que tout les programmes promotionnels en culture bio, en développement des énergies renouvelables et en conservation de la qualité de vie en milieu rural ont porté fruits, comme résultats de contrer la tendance au dépeuplement de la campagne.

C’est lors d’une rencontre des coopératives agricoles nord-américaines tenue dans un État tropical de l’Ouest que cette information nous parvient en préparation d’une partie de golf à but charitable. Drôle de coïncidence, mon quatuor était composé de Mike, producteur de grains en Alberta, Walter, producteur laitier du Maine et Roy, producteur de maïs de l’Illinois.

Quelles divergences d’opinion de ces individus concernant les nouveaux arrivants en agriculture !

Mike nous dit qu’en Alberta, les agriculteurs qui cultivent 3000 acres ou moins sont en voie de disparition. « Moins de 3000 acres n’est pas rentable au prix de la technologie et de l’équipement », dit-il.

Roy abonde dans le même sens et nous confie que les nouveaux arrivés, à petites superficies dans l’industrie, sont même nuisible au développement de l’agriculture en Illinois, surtout que certains états n’apportent aucune aide aux agriculteurs millionnaires, seulement aux petites fermes.

Walter a un son de cloche très différent. Il nous dit qu’il a fait ses débuts en agriculture en 1984 sur une ferme de 50 acres avec six vaches Holstein. Plus tard, il a acheté, il a agrandi, laissé son emploi à la voirie et aujourd’hui, il exploite avec son gendre et sa fille une ferme laitière de 200 vaches dans le Maine. Il nous dit que c’est une obligation de partager l’industrie avec les jeunes et tous les débutants qui veulent y entrer, surtout en produisant différemment que les productions classiques. J’avoue abonder dans le même sens.

Révélations surprenantes de ce recensement, 30 % des propriétaires de fermes aux États-Unis sont des femmes, 10 % des Autochtones et des Afro-américains, et seulement 50 % des agriculteurs américains ont l’Internet.

Autre fait inquiétant : seulement 60 % des terres agricoles vendues au cours des derniers 5 ans ont été achetées par des agriculteurs, le restant passant aux mains des spéculateurs.

N’oubliez pas l’Assemblée générale annuelle de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, le 5 mars à St-Isidore. On vous réserve une brochette d’orateurs assez spéciale ainsi qu’un banquet avec nul autre que le vice-président de la Fédération canadienne de l’agriculture, Laurent Pellerin.

D’ici là, portez-vous bien !

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