Volume 32 Numéro 07 Le 21 novembre 2014

Alfred : Impatience et grogne envers le ministère


Le Campus d'Alfred -Photo ILessard

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Les partisans du Campus d’Alfred marchent sur des œufs depuis l’annonce de la date de publication du rapport du facilitateur Marc Godbout chargé de proposer des solutions pour l’avenir de l’établissement d’enseignement. La mi-décembre paraît loin pour plusieurs d’entre eux et les collèges chargés de reprendre les trois programmes craignent de manquer de temps si les directives du ministère de l’Agriculture tardent à venir.

Seuls quelques-uns osent manifester leur mécontentement face au délai d’un mois et demi imposé par le ministère de l’Agriculture de la province, mais l’insatisfaction et l’impatience se lit sur le visage de nombreux autres depuis les deux dernières semaines.

Alphonse Lafrance en a vu d’autres crises au Collège d’Alfred au cours des trente dernières années. Ce membre fondateur du seul établissement d’enseignement francophone agricole en province a cependant perdu toute sa patience et se désole de devoir attendre que le rapport sur le Campus de Kemptville soit remis au ministère et traduit avant de savoir la suite des choses pour Alfred.

« On entend toutes sortes d’excuses depuis des années, soit ça prend trop de temps, soit on attend une traduction, soit on a fait une erreur. Ça fait assez longtemps que je l’entends cette histoire-là que j’en ai plein le dos.  […] Comment se fait-il que nous soyons encore dépendants du programme anglophone pour obtenir ce que nous désirons », se questionne-t-il.

Simon Durand, directeur de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, se veut un peu plus doux envers le ministère, en espérant que sa patience portera ses fruits.

« C’est vrai que le retard à Kemptville nous donne l’impression d’être pris en otage, cependant nos attentes pour Alfred sont grandes et nous voulons être bons joueurs, mentionne-t-il. On est impatient et on veut en finir avec l’incertitude, mais on veut aussi que les choses soient bien fait et pour longtemps ».

M. Lafrance, un ancien producteur laitier et conseiller scolaire perçoit quant à lui cette décision comme étant un affront à la communauté agricole francophone qui a déjà essuyé plusieurs déceptions à ce chapitre, notamment celle de ne pas avoir eu recours à une aide financière comme les deux millions $ dont a bénéficié le campus anglophone.

Inquiétude chez les collèges
La présidente de La Cité, Lise Bourgeois, souhaiterait ajouter un treizième mois à l’année 2014. Le temps commence à presser pour l’établissement d’enseignement chargé de reprendre une partie de l’offre de cours du Campus d’Alfred vu le délai d’un mois et demi imposé par le ministère avant la divulgation du rapport de Marc Godbout. Elle craint que le gouvernement n’émette pas ses directives en même temps que la publication du rapport, ce qui pourrait retarder leurs projets d’un an.

« C’est un peu comme attendre Noël. C’est très long », lance Mme Bourgeois en entrevue téléphonique.

Pendant que le facilitateur parcourait la province pour sonder la population, une équipe de La Cité élaborait une carte de programmes complète mieux adaptée aux besoins de la population étudiante et à la réalité de l’industrie agroalimentaire. Il n’y avait pas de temps à perdre.

« Si on veut que ce soit attrayant pour les étudiants, on est convaincu qu’il faudra offrir de nouveaux programmes », poursuit-elle.

Le temps file à toute allure sans toutefois que la présidente ne puisse enclencher le processus. Plusieurs questions primordiales resteront sans réponse jusqu’à la mi-décembre.

« Il reste à savoir quelle solution sera retenue par le gouvernement, selon quelles modalités et avec quel financement », confie Mme Bourgeois.

Or, développer un nouveau programme, le faire approuver par le ministère de la Formation et des Collèges et Universités, en faire la promotion et recueillir les inscriptions nécessite une période de huit à douze mois. Il n’en restera que neuf au moment où le gouvernement ontarien publiera le rapport.

« Tant qu’il n’y aura pas de solutions exprimées par le ministre ou de ressources financières annoncées avec la solution, nous sommes en attente », dit Lise Bourgeois.

La Cité et le Collège Boréal louperont la date fatidique du 25 novembre,  événement auquel sont conviés tous les étudiants potentiels pour l’événement Portes ouvertes au Campus d’Alfred. Il s’agit traditionnellement du plus important rendez-vous au cours duquel ils peuvent promouvoir de nouveaux programmes.

Selon Mme Bourgeois, l’idéal serait que le ministère de l’Agriculture émette ses directives dès décembre afin de leur donner suffisamment de temps pour mettre en œuvre leur plan et offrir une programmation diversifiée aux étudiants dès septembre 2015.

La Cité estime qu’il coûte entre 250 000 et 300 000 $ pour lancer un nouveau programme.

Nous avons tenté de rejoindre le Collège Boréal pour obtenir l’avis de son président, Pierre Riopel, mais il nous a été impossible de lui parler.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *