Le 19 mars 2003

Allons à la cabane!

Par Josée Sauvé, correspondante régionale


Jacques Séguin explique le fonctionnement de son évaporateur chauffé à bois. Photo J.Sauvé.

Jacques et Hélène Séguin se sont récemment établis à proximité d’Alexandria afin d’opérer une petite exploitation de sirop d’érable après avoir vendu leur ferme à Ste-Anne-de-Prescott. Heureux de maintenant se trouver sur une terre boisée de 22 acres, ils continuent la production.

«Avant de venir ici, Hélène et moi étions propriétaires d’une terre agricole de 485 acres achetée de mon père. J’y élevais d’abord de 45 à 50 vaches laitières. En 1995, j’ai vendu mes bêtes et mon quota pour ne faire que de la grande culture. Je n’ai pas aimé cela. Puisque Hélène désirait enseigner et que ma santé a commencé à se détériorer, nous avons vendu la ferme», raconte M. Séguin.

«Nous cherchions quelque chose en campagne, pas trop loin d’une petite ville. Lorsque cette propriété m’a été proposée par l’agent immobilier, nous nous sommes laissés charmer par l’emplacement. Le propriétaire précédant y pratiquait déjà l’acériculture. J’ai acheté la ferme en 1997. Je ne regrette rien, bien que nous aurions pu mieux choisir notre moment.»

En effet, Jacques et Hélène Séguin emménageaient à peine que l’Est de l’Ontario était plongé dans l’ombre causé par la grande tempête de verglas de 1998. «Le boisé a subi de grands dommages, mais nous avons travaillé d’arrache-pied, et avec l’aide de mon père Roméo Séguin, nous avons complètement nettoyé le sous-bois», raconte Jacques. Il a pourtant dû tout refaire à neuf.

Nous avons mis trois ans à nettoyer le boisé pour qu’il reprenne son allure ?pré-tempête?. Il ne reste à présent qu’à l’entretenir.

Il raconte: «Mon boisé est très jeune. L’ancien propriétaire m’a dit que tout le terrain avait été rasé, il y a de cela 32 ans. Mes arbres sont donc très jeunes mais ma production est relativement bonne. Je produis de 100 à 150 gallons par année que j’écoule à l’année surtout à des particuliers.»
Mme Séguin est très efficace pour la vente du sirop. «Hélène vend du sirop à l’école, puis je me fie au ?bouche à oreille?. Petit à petit, nous nous faisons connaître. Je vends le produit plus âgé à Delta Food de Brockville, une compagnie de transformation d’aliments qui s’en sert pour faire de la nourriture.»

La production acéricole n’a pourtant pas cessé. Bien qu’il considère son entreprise comme un passe-temps, M. Séguin entaille 1500 érables par année.
M. Séguin a une entreprise moderne se servant du système de tubulure qui fonctionne avec la gravité. «Mon terrain se trouve sur une colline toute douce. J’ai des bassins au bas des pentes qui ramassent la sève. Tout ce que je dois faire est de collecter l’eau d’érable avec mon tracteur. Je préfère ce principe car il laisse l’érable donner ce qu’il peut au lieu d’installer un système qui aspire la sève directement de l’arbre. De plus, ce dernier système est plus dispendieux.»

M. Séguin possède l’équipement requis standard pour exploiter son boisé. Son évaporateur, chauffé au bois, est le modèle le plus moderne existant sur le marché. «La proportion d’oxygène administré pour brûler le bois fait que ce dernier est presqu’entièrement consommé. Je ne retire de l’âtre qu’un minimum de cendre.» Le bois de chauffage vient du boisé ainsi que de voisins et d’amis. «Mon père, monsieur Roméo Séguin, est d’une aide inestimable. Il a toujours aimé travailler dans le domaine du bois. C’est lui qui entretient le boisé à l’aide d’un véhicule tout-terrain et d’une petite remorque.»

M. Séguin père, ancien agriculteur de 90 ans a apporté une certaine expertise à son fils lorsque ce dernier a pris possession de sa nouvelle entreprise. «Mon père avait de l’expérience dans la production de sirop d’érable. C’est donc lui qui fait bouillir presque toute la production. Il s’y connaît bien», dit Jacques Séguin.

M. Séguin aura besoin d’aide pour accomplir ses projets futurs. «Pour l’instant, bien que je pourrais en faire plus, je n’entaille que des arbres se trouvant sur mon terrain et quelques-uns que mon voisin me permet d’entailler. Dans moins de 10 ans j’aimerais en entailler 2000. D’ailleurs, si je trouvais à proximité un autre boisé de 1000 arbres que je pourrais entailler, je l’achèterais sûrement. Ce serait un bon investissement.»
Il ne pousse pas trop sa production acéricole actuelle car il est soudeur à Pointe-Fortune d’avril à décembre. Ensuite il travaille à sa production. «Je veux travailler un autre 10 ans avant de prendre ma retraite. À ce moment-là, j’aurai plus de temps à consacrer à l’acériculture. J’aimerais faire d’autres produits de l’érable comme du sucre et du beurre. Pour l’instant je manque de temps.»

Un autre plan à long terme lorsque la retraite arrivera est d’organiser, à l’aide de son épouse, des fêtes privées pour 30 à 35 personnes. «Nous avons déjà reçu la classe de la première année d’Hélène l’année dernière. Nous leur avons offert une visite guidée et les enfants ont pu nous aider à ramasser les seaux de sève qui coulent de certains des arbres non munis de tubes. Nous nous sommes tellement amusés à regarder ces petits bouts de chou courir pour chercher les seaux. Je crois que ça nous plairait beaucoup d’organiser plus de journées comme celle-là. Ce sera à voir», conclut M. Séguin.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *