Volume 31 Numéro 03 Le 27 septembre 2013

Améliorer les asperges : le défi de Becky Hugues


Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


En Amérique du Sud, des producteurs réussissent à produire des asperges à longueur d’année et c’est pour cela qu’on peut en acheter en tout temps à l’épicerie. Cette surproduction, vous le comprendrez, impose un défi supplémentaire aux producteurs maraîchers du sud de l’Ontario et du nord des États-Unis. Cette pression supplémentaire exige que les producteurs d’ici augmentent les rendements et la façon d’y parvenir est d’en améliorer une variété, un travail que mène la chercheuse Becky Hugues.

C’est à la Station de recherche de New Liskeard  que la scientifique réalise ses expériences, à la demande de l’Asparagus Growers’ Marketing Board, un regroupement de producteurs d’asperges ontariens.

Les producteurs ontariens ont identifié l’hybride Millénium comme étant la variété la plus prometteuse.  Développée à l’Université de Guelph, cette variété d’asperges hybride produit plus de pointes et cet hybride ne forme que des plants mâles — les plants femelles produisent 20 % moins. Il s’agit également de l’hybride le plus rustique (zone 3 sans protection) et ayant la plus forte résistance aux maladies, ce qui en fait une variété idéale pour notre production ontarienne.

Bien que le Millénium ait des avantages incontestables, il est cependant difficile pour lui de produire des graines puisqu’il s’agit d’un plant mâle, les plantes femelles étant les seules à en produire. Jusqu’ici, cela se faisait dans d’énormes serres grillagées qui favorisaient la pollinisation entre plants de la même variété. Ce processus de longue haleine peinait cependant à répondre à la demande des producteurs qui nécessitent par exemple de 5 000 à 10 000 plants d’asperges chacun.

Mme Hugues s’est donc tournée vers la science pour parvenir à ses fins. Elle a eu recours à la culture de tissus pour développer des plants hybrides Millénium, une procédure australienne.

Mais l’asperge étant contaminée par deux types de virus, il n’est pas encore certain que cette technique produira une asperge libre de virus. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on a choisi de réaliser les recherches à la station de New Liskeard, puisque celle-ci est dotée d’installations spéciales qu’on ne retrouve pas dans les laboratoires de recherche de Guelph.

La production d’asperges sans virus n’a jamais été faite jusqu’à maintenant. Pour parvenir à éliminer le virus, Mme Hugues les fait croître dans le noir à 37oC pendant 5 à 6 semaines. « La plante n’aime pas ça, mais on espère que le virus ne pourra pas tenir dans de telles conditions », explique la scientifique.

Mais les premiers résultats n’ont pas tout à fait donné l’effet escompté : certains plants sont exempts de virus, alors que d’autres présentent toujours des traces. Mme Hugues croit que les virus sont plus résistants que prévu initialement.

Quoi qu’il en soit, on poussera les tests en laboratoire et en serre sur les plants libres de virus avant de les proposer aux producteurs ontariens.

Pour ce qui est des autres résultats de cette recherche, impossible de les dévoiler pour l’instant. Secret industriel oblige!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *