Volume 27 Numéro 17 Le 5 mai 2010

André Laflèche cède son site d’enfouissement à Matrec

Par André Dumont, collaboration spéciale


André Laflèche exploite à Moose Creek un site d’enfouissement des déchets à l’avant-garde des technologies environnementales. Photo archives.

Depuis le 1er mars, l’entreprise est détenue à 100 % par Matrec, une entreprise québécoise propriété de TransForce, une société montréalaise cotée à la bourse de Toronto.

Ouvert en 2001, Laflèche Environmental se veut un site de traitement des déchets à l’avant-garde des technologies environnementales. André Laflèche en pilotait le développement accéléré, multipliant les projets de récupération.

« J’ai 63 ans et j’approche de la retraite. Je cherchais une succession et mes enfants n’étaient pas intéressés », a confié André Laflèche en entrevue téléphonique depuis Toronto.

Natif de Casselman, André Laflèche a fait carrière dans la construction de routes et autres grands ouvrages d’infrastructure. Il a exploité une ferme, une entreprise de pavage et une production de tourbe. Il a développé Laflèche Environmental en disant vouloir servir la communauté et préparer un avenir meilleur pour les générations futures.

L’entrepreneur affirme avoir reçu plusieurs offres pour Laflèche Environmental. Il a préféré la céder à Matrec, qui possédait déjà la moitié des parts. Matrec se spécialise dans la collecte de déchets domestiques et de matières recyclables. Son siège social est à Boucherville (Qc).

« J’ai vendu à Matrec parce que ses dirigeants partagent ma vision. Pendant le temps qu’ils ont été mes associés, nous avons eu une belle relation », affirme André Laflèche.

Cette vision est celle du « dernier site d’enfouissement qu’il faille construire dans l’Est ontarien », un lieu de recherche en collaboration avec des universitaires, là où les profits de l’enfouissement de déchets sont réinvestis dans le développement de moyens pour récupérer et réutiliser jusqu’à 60 % des matières livrées sur le site.
Compost et traitements spécialisés

Laflèche Environmental exploite depuis peu un composteur géant de 110 pieds par 300 pieds. Selon le président Brian King, 30 000 tonnes de matière organique devraient y être traitées cette année.

Le composteur de reçoit les déchets organiques de municipalités comme la Ville de Gatineau, qui oblige ses citoyens à séparer ceux-ci. Il peut aussi recevoir des déchets alimentaires commerciaux, les feuilles et autres déchets en provenance du jardin.

L’entreprise de Moose Creek traite aussi les sols contaminés aux hydrocarbures et les boues septiques municipales. Elle est la seule en Ontario autorisée à enfouir les matières à risque spécifié (MRS), ces organes des bovins pouvant contenir des prions d’encéphalopathie spongiforme bovine.

Le 8 avril dernier, Laflèche Environmental a obtenu le feu vert de la Ontario Power Authority pour aller de l’avant avec son projet de génération d’électricité à partir du gaz méthane. Environ 60 puits seront forés dans les cellules de déchets, pour y puiser le méthane, le brûler et produire 4,5 MW d’électricité.

André Laflèche conserve une entreprise de déchiquetage de pneus, voisine du site d’enfouissement. « La seule raison que je la garde, c’est que mes enfants sont intéressés dans celle-là. Je suis tout emballé. »

« J’ai le goût d’apprécier du temps avec mon épouse, mes enfants et mes petits enfants, dit-il. Nous avons travaillé sept jours par semaine pendant toute notre vie. Il faut savoir quand décrocher. »

André Laflèche souhaite continuer à s’impliquer dans la communauté, notamment en siégeant au conseil d’administration de la Cité collégiale.

Son nom demeurera associé au site d’enfouissement de Moose Creek. « Je n’ai aucun problème avec ça, parce que l’entreprise est entre de bonnes mains. »

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