Volume 25 Numéro 22 Le 6 août 2008

Arrêtez la pluie!

Par Denis Bourdeau, président de l'Union des cultivateurs franco-ontariens


Arrêtez la danse de la pluie et ça presse!

On veut finir notre deuxième coupe de foin. Autant a-t-on reçu de neiges abondantes l’hiver passé, autant on reçoit de pluie cet été.

Mais faite vous en pas! Il y a en a de bien pires nous autres! En Illinois et en Iowa, états de la ceinture de maïs américaine, des amis agriculteurs ont ensemencé en avril, puis leurs champs ont été inondés en mai, resemés en juin pour être inondés à nouveau en juillet?

Le prix à la hausse, ils ont vendu la récolte de 2008, à livrer en novembre. Mais aujourd’hui, ils savent qu’ils n’auront pas de récolte, alors ils sont devenus acheteurs plutôt que vendeurs de grains, donc des spéculateurs.

La spéculation continue toujours au niveau des grains, ce qui maintient artificiellement les prix élevés; combiné avec le prix exorbitant du pétrole, plusieurs familles peuvent tout juste se nourrir et ça, à travers le monde.

Imaginez pour un instant si on avait pas l’industrie de l’éthanol et ses 38,000,000,000 de litres d’énergie et presqu’autant de biodiésel, quel prix nous paierions le litre de carburant (200$ le baril) et quel prix nous paierions les aliments (trop élevé).

Encore une fois, les agriculteurs sont venus sauver l’économie mondiale malgré les transformateurs et les détaillants d’aliments qui les blâment injustement pour les hausses exagérées du prix des aliments.

Venez pas me dire que vous l’avez pas vu venir cette crise de l’énergie, avec le gaspillage et les guerres dans les régions névralgiques, et les pays en développement qui en demandent toujours plus.

Encore une fois, l’organisation mondiale du commerce fait des siennes. On tient les agriculteurs de la gestion de l’offre dans l’inquiétude. Pourtant, ces produits ne sont pas exportés et surtout ne sont nullement subventionnés.

J’étais offensé d’entendre un reporter de Radio-Canada dire que si les tarifs tombaient, les prix en magasin allaient baisser. Quelle ignorance et quel mensonge!

Premièrement, si les tarifs tombent, faudra que le gouvernement canadien subventionne ses producteurs comme les Américains et les Européens font. Rappelez-vous lors de la fermeture de la frontière au boeuf canadien, on donnait nos vaches aux abattoirs. J’ai bien écrit « donnait » et est-ce que le prix en magasin a baissé pour autant? Jamais!
Qu’ils sont innocents nos consommateurs urbains!

Et que penser de la qualité des produits canadiens’ Les produits laitiers toujours bannis en Europe parce qu’ils contiennent des hormones de production, la somatotropine bovine (STb, ou BST en anglais), toujours interdites au Canada. J’espère que les producteurs laitiers canadiens respectent ces consignes et ne se servent pas de ces hormones, parce qu’ils nuiraient énormément à la santé des Canadiens et par le fait même, nuiraient à la réputation de leur industrie.

Je vous encourage à continuer votre travail à produire les meilleurs aliments au monde, au meilleur prix, malgré toutes les inquiétudes et blâmes avec lesquels on vous harcèle.

Bonnes récoltes !

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