Volume 36 Numéro 06 - 23 Novembre 2018

Attaque à la communauté franco-ontarienne!


Marc Keelan-Bishop a créé des images en l'honneur au mouvement de résistance qui s'installe en Ontario français. Crédit image : Marc Keelan-Bishop Illustration

Par Roxanne Lormand
redaction@journalagricom.ca


Édition du 23 novembre 2018

Devant l’annonce la semaine dernière de notre premier ministre ontarien Doug Ford d’abolir le Commissariat aux services en français et de couper le projet d’Université francophone de l’Ontario, toute la communauté francophone de la province grogne son mécontentement.

C’est le 15 novembre 2018 que Monsieur Doug Ford annonce qu’il coupe le Commissariat aux services en français, en plus de mettre un terme au projet d’Université de l’Ontario français qui devait prendre place à Toronto.

Soulignons également le fait que M. Ford coupe aussi le commissaire de l’environnement et celui de la petite enfance.  Selon plusieurs commentaires, ces coupures ne présageraient rien de bon. Le ministre des Finances de l’Ontario, M. Victor Fedeli, a tenu à justifier la décision qui irrite les francophones, en expliquant «qu’il voulait remettre plus d’argent dans les poches de la population de l’Ontario.»

L’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) est choquée devant cette nouvelle et réagit : «Nous percevons ces actions comme une trahison envers la communauté franco-ontarienne. Le Commissaire aux services en français était en poste depuis plus de 10ans, et sa présence comme agent indépendant est un pilier important pour la francophonie auprès du gouvernement.»

Quant au président de l’UCFO, Marc Quesnel, sa position est claire « Il est tout simplement insensé que le gouvernement évoque des raisons économiques pour renier des promesses et affaiblir notre communauté.» déclare-t-il.

Le projet d’Université de l’Ontario français était censé ouvrir ses portes en 2020 et ainsi être la première institution universitaire autonome de langue française de la province. C’est en décembre 2017 que le projet de loi a été adopté sous l’ancien gouvernement libéral de Madame Kathleen Wynne.  C’est suite aux élections provinciales de 2018 que le chef du parti progressiste-conservateur s’était engagé en juillet 2018 à aller de l’avant avec le projet de création d’une université de langue française en Ontario; promesse qu’il n’a pas su tenir.

La ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Madame Caroline Mulroney, de même que la ministre de la Formation et des Collèges et Universités, Madame Merrilee Fullerton, semblent toutes deux effacées devant cette situation. Elles refusaient jusqu’à tout récemment les demandes d’entrevues pour expliquer les coupures faites auprès de la communauté francophone. 

C’est plus de 600 000 francophones en Ontario qui sont affectés par la décision du premier ministre Ford. L’appui se fait sentir par plusieurs autres francophones hors province. Certains anglophones de la province se sont même dit être très interpellés par ce que la communauté francophone vivait. Tous comprendront que les droits des Franco-Ontariens ont été bafoués.

Rappelons que le Commissariat aux services en français a été créé en 2007. Depuis plus de 11 ans, le commissariat veille à ce que les droits des citoyens de l’Ontario soient respectés selon la Loi sur les services en français. En 2013, le commissaire était même devenu un officier indépendant. Les plaintes devront dorénavant être présentées à l’Ombudsman de l’Ontario. Au moment de mettre sous presse, le nouveau premier ministre du Québec; François Legault venait de rendre visite à M.Doug Ford pour parler affaires. M.Legault a également demandé à M.Ford de revenir sur sa décision concernant la suppression du Commissariat aux services en français et l’abolition du projet d’Université franco-ontarienne en rappelant au premier ministre ontarien qui sont les deux peuples fondateurs du Canada. M.Ford est resté ferme sur le sujet et justifie encore les raisons économiques.

La résistance s’organise au travers la province. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), les trois organismes derrière la demande officielle pour une université de langue française dans la province organisent un mouvement de résistance. Cinq jours après l’annonce du gouvernement, plus de 6000 personnes avaient déjà donné leur nom pour joindre le mouvement sur le site web de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Ce n’est pas sans se rappeler la bataille de l’hôpital Montfort qui avait mobilisée une grande partie de la communauté francophone de l’Ontario. Que ce soit à la télé, à la radio, sur internet ou les médias sociaux, les messages de solidarité fusent de toutes parts pour les Franco-Ontariens, pour nous.     

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