Volume 24 Numéro 05 Le 10 octobre 2006

Autre subvention pour l’étude d’une usine d’abattage fédérale pour l’Est ontarien


Une subvention provinciale de 125 000$ pour appuyer le projet d’une usine d’abattage et de valorisation de la vache de réforme pour l’Est ontarien a été rendue publique le lundi 25 septembre dernier, sur les lieux de la ferme de Pierre Bercier, à St-Isido

125 000$ seront versés envers la réalisation d’un plan d’affaires pour un abattoir-usine de valorisation de la vache de réforme dans l’Est ontarien.

C’est au tour du gouvernement de l’Ontario à se joindre aux déjà nombreux partenaires et donateurs du projet B?uf PRO-Est. Ce dernier vise à doter la grande région rurale de l’Est ontarien, d’un abattoir et d’une usine de valorisation de classe fédérale, afin de principalement désengorger le marché de la vache de réforme, disponible en grand volume dans cette région à vocation laitière.

La subvention de quelque 125 000$ donnera un coup de pouce à la réalisation d’un plan d’affaires qui devrait démarrer au cours des prochains mois, pour se conclure vers mars 2007.

L’investissement annoncé provient du Programme de développement économique des collectivités rurales, mis sur pied pour investir dans des projets qui soutiennent des économies rurales et des partenariats communautaires durables.

Rappelons que les études de pré-faisabilité et de faisabilité sont pratiquement terminées. Elles ont démontré le potentiel de l’établissement d’un abattoir d’inspection fédérale d’une capacité de 800 vaches de réforme par jour quelque part dans les cinq comtés les plus à l’est de l’Ontario (Prescott, Russell, Stormont, Dundas ou Glengarry).

Après quelques années de fonctionnement, toutefois, l’abattoir devra commencer à accepter du bouvillon d’abattage pour compléter son roulement, car on estime que le marché de la vache de réforme deviendrait trop onéreux pour l’usine.

C’est un projet estimé pour l’instant à environ 19 millions $.

Un marché limité qui se rétrécit

On peut cependant déjà constater que le marché de la vache de réforme se resserre. Pierre Bercier a révélé que les prix à l’encan se sont lentement relevés depuis le début de la crise de la vache folle, en mai 2003. De 17¢ la livre, le prix s’est rendu à 28¢ la livre en 2005. Plus récemment, M. Bercier dit même avoir vendu une vache au prix plancher chez Levinoff, soit à 42¢ la livre. Et l’abattoir ontarien n’est pas encore construit!

L’étude de faisabilité faisait état d’un prix maximum de 45¢ pour acquérir les vaches nécessaires à l’abattage. Au-delà de 48¢, la rentabilité ne serait possiblement pas au rendez-vous, lance M. Bercier.

De toute façon, le marché de la vache de réforme serait en voie de se rétrécir, même dans une région à vocation laitière comme l’Est ontarien. Les troupeaux seraient plus efficaces, les animaux laitiers produiraient plus longtemps, grâce aux meilleurs environnements et aux soins.

Par ailleurs, des rencontres de discussion auraient été demandées par les deux abattoirs le plus près de l’Est ontarien, soit Colbex-Levinoff au centre du Québec, et Gencor à Kitchener, a mentionné M. Bercier. Ces abattoirs commenceraient à sentir la pression d’un marché qui se rétrécit progressivement et l’apparition d’une meilleure capacité d’abattage. On ne voudrait pas qu’apparaisse un problème d’approvisionnement.

Par contre, l’étude de faisabilité aurait indiqué de nombreuses avenues possibles pour valoriser la viande, souvent de bonne qualité, que fournissent les vaches laitières qui sont réformées, telle que le marché du boeuf à bouillir, la restauration, le boeuf bio, la sur-transformation en viande froide (comme le pastrami ou le smoke-meat), a indiqué Nadia carrier, la directrice générale de l’Union des cultivateurs franco-ontariens. Il y aurait de ce côté, de nombreuses avenues à explorer.

Le but premier du projet B?uf PRO-Est, a rappelé Mme Carrier, est « d’obtenir un prix de vente plus juste et plus équitable pour les animaux de réforme ». On peut constater que le projet est sur la bonne voie.

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