Le 21 mai 2003

Avez-vous votre fermier de famille?

Par Isabelle Joncas, agr., collaboration spéciale


Vous aimeriez recevoir chaque semaine un panier de fruits et légumes frais cueillis et cultivés dans le respect de la nature, par votre fermier de famille? Cela est possible en vous inscrivant auprès d’une ferme du Réseau québécois des projets d’Agriculture soutenue par la communauté (ASC). Ces fermes, certifiées biologiques, vous offrent la possibilité de profiter des fruits de leurs récoltes et de devenir ?partenaire? de leur ferme.

La petite histoire

Les systèmes d’Agriculture soutenue par la communauté (ASC) ont d’abord été instaurés dans les années 1980 en Suisse, puis ailleurs en Europe et en Amérique du Nord. Au Japon, un équivalent de l’ASC a été développé en 1965 et portait le nom de Teikei, qui veut dire: « l’alimentation avec le visage du fermier ». Plus de mille projets de ce type fonctionnent actuellement en Amérique du Nord, dont plus d’une centaine au Canada. Ce système prend aussi le nom de « paniers bio », lesquels sont livrés hebdomadairement à des points de chute.

Équiterre, un organisme qui s’est donné comme mission de contribuer à bâtir un mouvement citoyen en prônant des choix individuels et collectifs à la fois écologiques et socialement équitables, a mis sur pied le Réseau des projets d’ASC en 1996. Son objectif était, et est toujours, de soutenir le développement de la production biologique et locale tout en rapprochant les consommateurs des producteurs agricoles par un circuit court de mise en marché.

Un portrait ?

Entre 1996 et 2003, le Réseau québécois des projets d’Agriculture soutenue par la communauté est passé de 7 à 78 fermes. De ces 78 fermes, on en compte 51 qui offrent des paniers hebdomadaires directement aux consommateurs. Les 26 autres sont les ?fermes associées’, ces fermes qui proposent des produits complémentaires aux fermes qui font des paniers.
Les autres sont les ?amis du Réseau’, ceux qui désirent soutenir le Réseau. Ces fermes couvrent un territoire qui s’étend de l’Outaouais au Bas-Saint-Laurent, en passant par l’Abitibi en passant par les régions de Québec, de la Mauricie, de la Montérégie, de l’Estrie, des Laurentides pour ne nommer que celles-ci.

Concrètement

Le fonctionnement de ces projets est fort simple. Les personnes achètent à l’avance leur part de la récolte et deviennent ainsi « partenaires » de cette ferme. Être partenaire signifie qu’elles acceptent de partager avec la ferme les risques et les bénéfices que Mère Nature apportera durant la saison.

En payant à l’avance leur part de récolte, elles signifient leur confiance en l’agriculteur. Ceci représente un atout car il peut bénéficier tôt en saison d’un montant qui couvre les dépenses reliées au démarrage printanier (achat de semences, début des semis, travaux au champ, etc.). Ce faisant, la ferme peut éviter en partie l’endettement en attendant les fruits de la récolte. La ferme planifie aussi sa saison en fonction du nombre de partenaires qu’elle vise. En plus d’être intéressant pour les producteurs, ce type d’approvisionnement représente plusieurs avantages pour les partenaires. Leur panier hebdomadaire regorge d’aliments des plus frais et savoureux, car ils sont souvent cueillis le jour même.

La découverte de légumes peu communs (généralement accompagnés de recettes) est un aspect très intéressant, mais pour plusieurs, l’occasion de visiter ou de donner un coup de main à la ferme s’avère l’élément qui restera gravé dans leur mémoire comme un bon souvenir.

Lors de la mise sur pied du Réseau, les fermes se sont entendues sur certains critères qui allaient définir la formule ASC telle qu’Équiterre la coordonne. Ainsi, les fermes s’entendent pour être certifiées biologique (ou en processus de certification) auprès d’un organisme accrédité par le Conseil d’accréditation du Québec (CAQ) et de livrer dans leur panier des produits biologiques. Elles s’engagent aussi à offrir des produits locaux, donc, pas d’oranges, ni de bananes dans les paniers, que des produits de saison pouvant aussi provenir de fermes bio des alentours.

L’aspect social doit aussi être mis en place par les fermes, ce qui veut dire d’offrir aux partenaires la possibilité d’une visite à la ferme ou de participer à des travaux dans le but de leur donner l’occasion de mieux comprendre le contexte de la culture et les conditions dans lesquelles sont produits leurs aliments. Le contact avec les partenaires est important pour les agriculteurs qui rencontrent leur groupe chaque semaine et avec qui ils ont la chance de tisser des liens.

Le rôle d’Équiterre au sein des projets

En plus d’aider des fermes à démarrer des projets d’ASC, Équiterre organise des ateliers de formation pour les fermes participantes, publie un bulletin destiné à chaque partenaire des fermes, effectue mensuellement une veille sur les prix des aliments bio et non bio, coordonne la tenue des deux rencontres annuelles pour l’ensemble des fermes et fait connaître la formule de l’ASC dans les milieux agricoles.

D’autre part, Équiterre sensibilise le grand public à cette formule pour soutenir les fermes qui désirent se faire connaître à l’aide d’un dépliant explicatif où on retrouve la liste des fermes qui participent. En d’autres mots, Équiterre est un pont entre urbains désirant s’approvisionner en aliments bio et ruraux produisant de savoureux et sains légumes !

Pour toute question au sujet du Réseau québécois des projets d’ASC, vous pouvez joindre Équiterre par téléphone au (514) 522-2000, poste 223 ou par le courrier électronique: infoasc@equiterre.qc.ca.

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