Volume 31 Numéro 09 Le 20 décembre 2013

Baisse de 20% des ventes de fromages St-Albert


La Fromagerie St-Albert a dû encaisser une baisse de 20% de son chiffre d’affaires depuis l’incendie. Photo ILessard

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


La Fromagerie St-Albert a dû encaisser une baisse de 20% de son chiffre d’affaires depuis l’incendie qui a ravagé son usine le 3 février. Cette diminution des ventes serait principalement attribuable à la baisse de sa clientèle à son magasin de détail et à l’arrêt de production de certains fromages de spécialité.

« Les gens venaient à l’usine pour chercher le fromage frais du jour et pour faire un tour en campagne. Alors en n’ayant plus d’usine, les gens viennent encore, mais moins nombreux qu’avant », explique le directeur de la fromagerie coopérative, Éric Lafontaine.

Malgré tous les mots d’encouragement de leurs clients depuis la terrible tragédie, plusieurs n’ont pas été aussi fidèles qu’on pourrait se l’attendre. C’est ce que démontrent les chiffres des ventes des dix derniers mois au magasin temporaire pourtant situé juste en face de l’ancienne usine.

« La baisse de 20% est plus sentie au magasin au détail que dans le réseau de distribution », explique M. Lafontaine.

Ce n’est pas le cas de Julie Charlebois, une résidente de Treadwell qui travaille à Casselman et qui fait le détour par St-Albert pour se procurer du fromage pour toute la famille. Nous lui avons parlé alors qu’elle sortait avec un sac de fromages d’une valeur d’environ 50-60$ qu’elle disait être ses provisions pour une semaine seulement.

Le directeur général ne s’inquiète pas outre mesure de cette baisse de clientèle, qu’il juge à la limite « explicable », puisqu’il prévoit déjà un retour en force. « Nos concurrents en ont profité pendant que nous étions absents, mais lorsque nous reviendrons, on garantie que nous serons meilleurs que nous l’étions avant », a-t-il admis à l’Agricom.

Les dirigeants de la fromagerie franco-ontarienne espèrent justement recréer cette facette de l’expérience d’achat avec le restaurant et la salle de visite géante au 2e étage qui permettra aux clients de voir la production de leur fromage préféré en temps réel. Il s’agit d’un attrait que très peu de fromageries canadiennes peuvent offrir à leur clientèle, ce qui en fera le caractère unique à St-Albert.

Diminution de l’offre
Si la clientèle était moins nombreuse à franchir les portes du magasin temporaire, le temps d’arrêt qu’a imposé l’incendie sur la production de certains fromages de spécialité est aussi responsable de cette baisse du chiffre d’affaires.

De fait, la production de plusieurs fromages aromatisés a dû être mise à l’écart depuis février dernier puisque St-Albert ne trouvait pas d’autre fromagerie qui pouvait prendre la relève le temps de la reconstruction.

« Ç’a été très très problématique, avoue le directeur général. Les fromages aux épices, il n’y a pas personne d’autre qui en fabrique. {Aucune autre fromagerie] n’a l’expertise de le faire ou ils ne veulent pas le faire et c’est pour ça que nous avons beaucoup moins de produits disponibles. »

Du cheddar vieilli en quantité suffisante
On pourrait penser que la pause d’un an et demi de la production de cheddar vieilli créera une rupture de stock, mais la bienveillance des dirigeants de la Fromagerie St-Albert permettra d’éviter le pire, aux dire d’Éric Lafontaine.

Aucun cheddar de vieillissement n’aura été produit entre l’incendie et la reprise de la production dans la nouvelle usine, mais Éric Lafontaine croit que les stocks qui étaient conservés dans l’entrepôt et qui ont été sauvé des flammes seront suffisants pour répondre à la demande.

« Quand on planifie notre production, nous fabriquons beaucoup plus de fromage en espérant le vendre. On savait que nos ventes de notre fromage de vieillissement ne cessaient d’augmenter et nous avions gagné beaucoup de parts de marché depuis trois ou quatre ans. Alors, on  s’était créé un gros inventaire en espérant signer un gros contrat », a soutenu le directeur général.

« On ne pense pas avoir un problème d’approvisionnement, à moins que nos ventes partent en folie et que nous signions un gros contrat de quelques millions [de dollars], mais ce serait un problème heureux qu’on gèrera [à ce moment-là] », a-t-il plaisanté.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *