Volume 25 Numéro 21 Le 2 juillet 2008

Belle Vallée Wools: Un voyage dans le temps

Par Marc Dumont, collaborateur régional


Une vue des trames de laine prêtes pour le métier à tisser du côté de la transformation chez Belle Vallée Wools. Photo Agricom.

Qui ne s’est jamais imaginé la vie au moment de l’industrialisation en Angleterre ? Qui ne s’est pas demandé ce qu’avait l’air les filatures où ont travaillé tant de Canadiens français exilés à Lowell aux États-Unis, il y a un peu plus de cent ans.

C’est exactement ce que vous pourrez voir et ressentir lors d’une visite de Belle-Vallée Wools.

C’est presque rejouer une page de l’histoire de l’Ontario. Cette petite filature de laine du Nord-Est de l’Ontario est la seule manufacture du genre au Canada située sur une ferme où il y a le cycle complet de la laine, de l’élevage du mouton à la couverture.

Mais parlons de l’usine. La machinerie est à tout point celle qui servait au début du siècle dernier. Oui ! Avec les grosses poulies et les énormes courroies et le rythme saccadée des pièces qui reproduisent interminablement les mêmes mouvements. Tout est gros, surdimensionné ; parfois ça bouge vite à hypnotiser, parfois ça avance lentement, inexorablement !

Il a fallu installer 40 000 livres de machinerie pour monter la filature. Tout cela impressionne et nous plonge dans le temps avec un goût de ce qu’aurait pu avoir été la vie d’un grand-oncle ou d’une grand-tante. Par exemple, la canetière (qui enroule le fil sur les canettes) date de 1914 et le cardeur, de 1916.

De la laine au produit fini

Bien qu’en soi la visite des installations soit spectaculaire, ce ne l’est pas moins de suivre la transformation de la laine.

Cela commence par le triage de la laine selon sa qualité. Celle-ci est ensuite lavée, séchée, canetée, cardée et filée. Avec la laine à un brin, on la combine pour en faire une laine à deux brins ou plus.

Enfin, elle est relavée, séchée de nouveau et teinte.

Avec la fin du cycle, c’est la fabrication des couvertures et des jetés de tartans écossais. Il y a aussi les mitaines, les tuques, les foulards, les vestes et les manteaux. Plusieurs de ces produits sont faits à la main. Tout est d’une qualité remarquable avec un caractère authentique. C’est beau pour les yeux et un vrai plaisir au toucher.

La filature utilise 30 000 livres de laine par année. Pour donner une image de grandeur de la production de Belle Vallée Wools, notons qu’au seul chapitre des couvertures, elle en fabrique environ 1000.

C’est tout un inventaire à liquider ! Il y a les touristes qui achètent les produits au moment de la visite. Certaines boutiques de laines et des kiosques touristiques offrent aussi les produits de Belle Vallée.

Le reste de l’effort de mise en marché est concentré sur les foires.

Fait intéressant, les clients doivent toucher les produits avant de les acheter ; c’est ce qui les séduits. Ainsi, c’est après une foire que les propriétaires ont remarqué une augmentation des ventes par Internet provenant de la même région que la foire.

Une attraction touristique

Belle Vallée Wools est devenu une visite touristique incontournable pour qui vient dans le Nord de l’Ontario. À partir de l’église patrimoniale en pierres des champs de Belle-Vallée, il y a des indications routières pour se rendre à la filature. Certains vous diront que c’est loin, d’autres vous diront que cela en vaut la peine de circuler le long des terres grasses de la belle vallée de la rivière Blanche.

Quoi qu’il en soit, bon an mal an, de 3000 à 5000 touristes visitent Belle Vallée Wools. Il en vient de partout et d’aussi loin que d’Allemagne.

Les propriétaires de Belle Vallée Wools sont Dave et Connie Wight. La famille Wight est dans la production de moutons depuis 1856. En 1984, elle a quitté le sud de la province pour venir s’installer dans le Nord de l’Ontario et en 1989, elle a acheté la machinerie d’une vieille filature désaffectée et a commencé la production de la laine et des produits transformés.

Belle Vallée Wools est devenue en quelque sorte une fierté locale, tout comme la Fromagerie de Thornloe. C’est une réussite agricole locale dans une production de première et de deuxième transformation.

La visite de la filature, en français ou en anglais, suscite toujours un grand intérêt et beaucoup de curiosité autant pour les installations que pour ce merveilleux produit qui vous donne une sensation de douceur et de chaleur au toucher.

C’est le plaisir que vous aurez lorsqu’une employée, Yvonne Bourassa, vous fera faire le tour avec une joie et une fierté évidente.

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