Volume 29 Numéro 09 Le 14 décembre 2011

Besoin criant de relève

Par Isabelle Lessard, journaliste
redaction@journalagricom.ca


Un récent sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) laisse croire que plusieurs producteurs agricoles ontariens seront contraints à repousser leur retraite, par manque de relève. Une consultation auprès de leurs membres agricoles de la province révèle que près de 60 p. cent d’entre eux planifient prendre leur retraite d’ici 10 ans, mais que la moitié n’ont pas de plan de transfert de leur ferme.

 

«Il ne faut pas attendre d’être forcé à vendre pour planifier la relève. Donc, reporter à demain affectera l’évaluation future de l’entreprise » souligne Richard Fahey, premier vice-président du développement stratégique à la FCEI. « Si vous avez bien planifié vos choses, vous maximisez la valeur future de votre entreprise. Donc c’est payant de planifier notre relève », poursuit-il.

 

Selon lui, le manque de relève est un défi sociétal.

 

Le rapport issu de l’étude réalisée par la FCEI recommande plusieurs mesures à entreprendre par les différents acteurs du secteur agricole pour aider les producteurs dans leur processus de transfert de l’entreprise.

 

On suggère notamment aux établissements d’enseignement de sensibiliser les étudiants dès leur jeune âge aux possibilités d’une carrière en gestion de l’entreprise et de faire la promotion du secteur agricole.

 

M. Fahey reconnaît également que le processus de transfert de ferme est complexe et fastidieux, mais il encourage les agriculteurs à y penser des années à l’avance. «C’est la responsabilité de l’entrepreneur d’enclencher son processus de réflexion non pas deux ans avant, mais au minimum 3 à 5 ans avant la date prévue du transfert », souligne-t-il. Cela permettrait également au propriétaire de la ferme d’accomplir graduellement son processus personnel pour « couper le cordon ».

 

D’ailleurs, la FCEI a récemment rédigé un guide intitulé «Comment élaborer un plan de relève» pour accompagner ses membres dans ce processus décisionnel essentiel en 10 étapes.

 

La FCEI a depuis plusieurs années fait pression auprès du gouvernement pour que l’exonération cumulative des gains en capital soit augmentée à 750 000$ à la vente de l’entreprise, un objectif atteint en 2007. En d’autres mots, le vendeur est exempté d’impôt pour cette première tranche du gain en capital. Mais avec la prise de valeur de plus en plus importante des exploitations agricoles d’aujourd’hui, elle souhaiterait repousser ce montant à un million de dollars, ce qui stimulerait davantage le transfert de ce type d’entreprise.

 

M. Fahey suggère également aux institutions financières de faciliter le crédit aux nouveaux emprunteurs. Selon lui, les jeunes de la relève sont souvent perçus comme des gens sans crédit, alors que les banques et les caisses devraient d’abord et avant tout prendre en considération la valeur sûre de l’entreprise. Le risque que représente le financement d’une entreprise agricole en activité de plus plusieurs années est moins grand que celui d’une entreprise en démarrage.

 

«Il est aussi évident que les agriculteurs ontariens subissent l’impact d’autres facteurs tels que la montée des prix du pétrole et de l’énergie, des taxes plus élevées sur les relevés de paye et la paperasse, ce qui ralentie la mise en œuvre des plans pour permettre à la prochaine génération de prendre le relais», a déclaré M. Plamen Petkov, directeur pour l’Ontario de la FCEI.

 

La FCEI compte plus de 7 200 membres dans le secteur agricole au Canada, dont plus de la moitié sont situés en Ontario.

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