Le 3 mars 2005

Bien peu d’argent pour l’agriculture dans le budget fédéral

Par Pierre-Alain Blais


Le dernier budget fédéral déposé à la Chambre des communes le 23 février dernier, ne prévoit que très peu de fonds fédéraux pour aider les agriculteurs à se sortir de la crise de revenu qui les tient depuis de nombreux mois. Il y a si peu d’argent neuf pour le secteur de la production agricole, que la part des agriculteurs se monterait à moins d’un tiers de un pour cent des 42 milliards qui seront distribués en 2005, selon les analyses de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA).

Au chapitre des mesures d’aide directe qui seront engagées par le fédéral, Andy Mitchell, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, les résume ainsi:

· Les initiatives mises en place depuis le dernier budget et les nouvelles initiatives ont une valeur totale de 674 millions de dollars, ce qui comprend les 488 millions de dollars destinés aux inspections et aux mesures de salubrité des aliments additionnelles;

· 104 millions de dollars sur quatre ans seront alloués à la Loi sur les programmes de commercialisation agricole de manière à inclure les éleveurs dans le programme d’avances de fonds;

· 17,1 millions de dollars supplémentaires seront alloués à la Stratégie de repositionnement de l’industrie canadienne des animaux d’élevage, afin d’accroître la capacité d’abattage par le truchement du Programme de réserve pour pertes sur prêts;

· 80 millions de dollars répartis sur deux ans pour le retrait des matières à risque spécifiées des aliments pour animaux.

· Un montant additionnel de 21 millions de dollars sera versé à la Commission canadienne des grains pour l’aider à exécuter le programme d’assurance de la qualité;

· Les coopératives agricoles obtiennent un avantage fiscal: les membres des coopératives pourront reporter l’impôt sur les ristournes qu’ils reçoivent sous forme de parts jusqu’à ce qu’ils vendent ces parts.

M. Mitchell a fait remarquer que les producteurs avaient touché des paiements de programme totalisant 4,8 milliards de dollars en 2003 et un montant record de 4,9 milliards de dollars en 2004. Il a promis que les gouvernements continueraient à soutenir les producteurs et à répondre à leurs préoccupations.

La FCA rétorque que le budget 2005 n’apporte au secteur agricole primaire que 130 millions de dollars sous forme de financement additionnel. De plus, ce financement ne sera aucunement affecté de façon directe aux agriculteurs touchés par les nombreuses difficultés accablant tous les secteurs producteurs de biens.

Bob Friesen, président de la Fédération canadienne de l’agriculture, déplore le peu d’intérêt que porte le gouvernement fédéral au secteur agricole, qui pourtant « permet de générer près de 9 % du PIB au Canada ». M. Friesen aurait souhaité « une reconnaissance des difficultés graves auxquelles les agriculteurs font face actuellement, ainsi qu’une promesse d’aide aux efforts des agriculteurs afin de traiter ces difficultés »

Bien que le budget fédéral comporte certaines mesures positives pour l’agriculture, les agriculteurs canadiens observent que « le budget ne permet ni d’affecter véritablement des fonds aux agriculteurs ni de reconnaître les grandes difficultés auxquelles l’agriculture est confrontée ».

Les mots sont plus cinglants du côté de la critique agricole de l’opposition officielle, la député allianciste Diane Finley: « Je suis consternée du manque continuel de respect et d’attention envers les producteurs agricoles et leur famille démontré par le budget 2005 ».

Mme Finley souligne le fait que les agriculteurs « ne reçoivent pas un sou de la part du budget 2005 cette année » et ce, en dépit qu’Agriculture Canada prévoit une autre année de revenu net négatif pour la classe agricole. L’injection en argent comptant de 26 millions par année pour les éleveurs « est une goutte dans l’océan », et ne serait versée qu’à compter de l’année prochaine, si elle est versée, dénonce la critique à l’agriculture.

« Il est utile de procéder à des consultations partout au pays à propos du revenu agricole, comme l’a fait le secrétaire parlementaire Wayne Easter », rajoute Bob Friesen. « Mais si le gouvernement appuie véritablement ce processus, il doit en faire la preuve là où ça compte: dans le budget fédéral. Il ne suffit pas de dire, il faut aussi agir ».

Le ministre Mitchell a également souligné le fait qu’Agriculture et Agroalimentaire Canada a participé au nouveau processus d’examen des dépenses, au terme duquel des fonds alloués à des domaines de moindre importance sont réaffectés à des domaines prioritaires. Il a aussi fait valoir que la réaffectation est une démarche de longue durée et que le Ministère et les organismes du portefeuille de l’agriculture procéderont à d’autres réaffectations au besoin.

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