Volume 26 Numéro 07 Le 19 novembre 2008

Billet de Claudie ? Réfugiés et consommation

Par Claudie


Vous avez certainement connu des journées où rien ne va. Nous ne pouvons même pas nous fier à nos bonnes vieilles habitudes sans que ça nous éclabousse en plein visage. C’est alors, que nous nous demandons le grand « pourquoi? »

Ce sont les grandes questions existentielles qui se présentent alors, sans invitation. Qu’est ce que j’accomplis sur Terre? Qu’est-ce que demain sera? Ouf? pas mal lourd comme amorce à cette chronique.

Cette journée-là pour moi, c’était samedi dernier à l’assemblée annuelle de l’EUMC (Entraide universitaire mondiale du Canada). Cet organisme non-gouvernemental offre la possibilité à une cinquantaine d’étudiants de camps de réfugiés de poursuivre leurs études postsecondaires au Canada.

Une cinquantaine seulement sont sélectionnées parmi les milliers de personnes qui ont espoir de sortir des camps, là où règnent des conditions de vie que nul d’entre nous ne saurait le moindrement imaginer.

J’ai écouté, comme je n’ai jamais écouté, le témoignage simple d’un réfugié qui décrivait la dureté de la vie qui existe à l’intérieur de ces camps, la souffrance qui imprègne le quotidien.

L’étudiant parrainé par le Campus d’Alfred, y était aussi. Il me parle aujourd’hui du non-sens de cette vie finale s’il n’était pas sorti du camp. Il se posait une seule grande question dans la nuit lorsqu’il était seul avec lui-même: « Qui-serais-je? »

Entre temps, à l’extérieur des murs de l’assemblée, les commerces se parent d’étincelles et de lumières, les tablettes débordent de marchandise, afin d’inciter l’achat du consommateur averti. Je dis bien « averti », car nous avons le loisir de choisir et nous en faisons une petite analyse. Le moins cher, le plus pratique, le plus durable peut-être? Sauf que si le produit est durable, le prix n’est sûrement pas modique.

On achète pour faire plaisir à l’autre, on achète pour remplacer un objet, on achète pour avoir du meilleur, du plus gros, du plus moderne, on achète pour compenser notre absence auprès des enfants, on achète comme activité de loisirs, on achète pour combler le vide d’un amoureux qui a déserté l’amour, on achète pour les anniversaires, les fêtes, les mariages, on achète à en pleurer lorsqu’on reçoit la facture de la carte plastique.

A-t-on idée de l’ampleur de notre consommation’ Et l’espace vide que nous créons dans notre propre personne?
Lorsque mes enfants me demandaient ce que je souhaitais comme cadeau d’anniversaire ou de Noël, je leur répondais: la paix dans le monde.

Silence. « Maman, ce n’est pas possible ».

Ils n’ont pas tout à fait tort: « Mais à tout le moins, contribuez quelque chose pour le bien-être de la planète ». « Oui, oui », répondent-ils, en se moquant un peu.

Lorsque je vois le beau sourire des étudiants de camps réfugiés parrainé par le Canada, je sais que j’ai raison et que contribuer au bonheur de l’autre, c’est le plus cadeau du monde que l’on puisse s’offrir.

Lorsque Lugi me souri et me remercie, je suis heureuse d’avoir fait sa connaissance.

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