Volume 25 Numéro 14 Le 19 mars 2008

Bonne fête Agricom!

Par Nadia Carrier, Journal Agricom


Aujourd’hui, c’est sous le thème de la communication que l’Union des cultivateurs franco-ontariens veut souligner les 25 ans de son journal Agricom.

Je dis SON journal mais il faut dire qu’Agricom possède sa propre entité légale: Les Publications agricoles franco-ontariennes à but non lucratif.

Cependant, le conseil d’administration d’Agricom est composé de membres du conseil d’administration de l’UCFO. Le président, Denis Bourdeau, Étienne Séguin, Nicholas Dessaint, Josée Laflèche, Joël Béland en plus des autres administrateurs qui se joignent à nous.

En me préparant pour cet article, j’ai encore re-re-feuilleté de vieilles éditions d’Agricom. J’ai encore une fois été impressionnée. Car Agricom, c’est 25 ans d’agriculture franco-ontarienne suivie au jour le jour. Près de 500 numéros, c’est toute une collection!

En plus, puisque la tradition orale est toujours riches d’anecdotes, j’ai encore redemandé à Pierre Glaude, de me raconter l’histoire d’Agricom ? Et je me suis encore rendu compte, et je ne suis pas la seule, que si l’Agricom franchit le cap du quart de siècle, c’est bel et bien parce qu’il a été géré par des agriculteurs!

Certains parleront d’acharnement, mais moi je dis audace, innovation, vision, passion, mais surtout adaptation comme seuls les agriculteurs ont su le faire au fil du temps sur leur entreprise, semblant être les seuls à comprendre les aléas de leur secteur économique complexe qui évolue en dents de scie.

Même dans les temps les plus difficiles d’Agricom, au pire des crises, il n’a jamais été question d’abandonner le fort. Comme si les gestionnaires d’Agricom ont toujours considéré le journal comme une denrée de base, comme un intrant essentiel à leur savoir.

Aujourd’hui, j’ai le goût de vous raconter un peu cette histoire d’amour, pas une histoire d’amour conjugale mais plutôt filiale entre une communauté et son journal. Je dis une histoire filiale parce qu’Agricom c’est un peu comme le petit frère des agriculteurs franco-ontariens, un petit frère qui répète tout ce que l’on fait, même ce que l’on est peu fier.

L’histoire a commencé en 1983. La première édition a été lancée au Collège d’Alfred en août. Au début ce fût le coup de c’ur de Suzanne Massie et Chantal Périard qui possédaient déjà un hebdo à Alexandria, les deux dames trouvaient que la région avait grand besoin d’une revue agricole.

Quelques mois plus tard, ça va moins bien que les dames pensaient et elles approchent l’UCFO pour un partenariat officiel. Il faut dire que depuis le deuxième numéro, l’UCFO par la plume de son secrétaire général, Pierre Glaude y collabore régulièrement. Le temps de rédiger une entente de partenariat et les deux dames décident un retour aux études. Le journal est à vendre.

Qu’à cela ne tienne, le conseil d’administration de l’UCFO s’en porte acquéreur à l’été 84. Il faut dire aussi qu’à l’UCFO après s’être battue entre autres pour la mise sur pied d’un collège d’agriculture francophone, on est un peu essoufflé. Maintenant, chaque production ou presque a sa propre association spécialisée.

En plus d’être à cours d’agriculteurs impliqués, on est un peu à cours de mission. Chantal Périard et Suzanne Massie arrivent à point avec leur offre.

Le conseil d’administration de l’UCFO, son président Lucien Lepage et Paul Séguin, le 1er vice-président, y voient là une occasion en or de rejoindre l’ensemble de la communauté agricole francophone. Même si on ne connaît rien à la gestion d’un journal, on connaît l’agriculture.
L’entente est conclue: Agricom devient la propriété des agriculteurs franco ontariens.

Au milieu des années 80, le journal est distribué à peu près à 6000 copies principalement dans Prescott-Russell. Il y a de la place, car il n’y a pas tous les hebdos gratuits que l’on connaît aujourd’hui.
On se fie sur les maîtres de poste pour déposer ou faire déposer les journaux dans les boîtes des familles agricoles.

Dès la fin des années 80, on distribue 10 000 copies gratuites dans 43 villages francophones de tout l’Ontario. On passe de mensuel à bimensuel.

À bien des endroits, on vient y remplir un vide puisque Agricom est la seule publication disponible en français. Le contenu est toujours agricole mais un peu plus rural pour cette raison.

Même si Agricom connaît une période de croissance, il est toujours à la merci des subventions. Cependant, on ne remet pas en question sa nécessité.

Dans les années 90, on est toujours sur la corde raide. On ne peut plus distribuer le journal gratuitement. On demande aux agriculteurs de payer. Dans le Sud-Ouest, on croyait que le journal appartenait au Collège d’Alfred!!!

On diminue le tirage, on redevient plus agricole. D’ailleurs, de nos jours, il y a beaucoup plus de concurrence, pour les lecteurs et pour les annonceurs.
?
L’Agricom d’aujourd’hui va de mieux en mieux. Il continue fidèlement de rapporter la réalité vécue par les agriculteurs franco-ontariens, et fait contrepoids aux affirmations déformées, négatives ou choquantes que certains grands médias « nationaux » se plaisent à déblatérer sur le dos de l’agriculture.

L’Agricom souligne les bons coups, sert de moyen de communication des agriculteurs, il transmet leurs revendications. Comme le savoir ? une denrée très importante dans tout secteur technique ? évolue rapidement, c’est très important de vulgariser les techniques de production. Le journal y accorde toujours une place de choix.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le journal Agricom est toujours indépendant d’intérêts financiers extérieurs. Personne à ce jour ne peut lui imposer un point de vue autre que celui de toujours bien servir ses membres du secteur agricole francophone de l’Ontario.

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