Volume 25 Numéro 08 Le 5 décembre 2007

Boréal Cuisine

Par Marc Dumont, collaborateur régional au Journal Agricom


L’affiche du nouveau magasin de produits régionaux, situé sur la Route 11 près d’Earlton. ©M.Dumont/Agricom

Ils en avaient assez?

Au début de l’automne, deux entrepreneurs de la région d’Earlton ont ouvert un comptoir de produits régionaux. Fatigués de récriminer contre l’industrie de l’alimentation et avec la volonté d’offrir des produits agricoles à valeur ajoutée, Pierre Bélanger et Matthew Duke et son épouse Carol s’installent dans un local de l’ancien zoo d’Earlton.

Ils ont bien eu l’occasion de vérifier si la demande était là grâce à leur expérience avec la Foire gourmande de L’Abitibi-Témiskamingue et du Nord-Est ontarien tenue annuellement à Ville-Marie au Québec.

En effet, l’an dernier, l’événement a attiré 35 000 visiteurs. C’est devenu un rendez-vous incontournable pour les populations des deux provinces. Pierre Bélanger est producteur de bison et son kiosque a eu peine à subvenir à la demande de dégustations de ses produits.

L’achalandage a été aussi important au kiosque des Duke. Ce producteur de porc s’est lancé dans la production de farines, de céréales et de préparations comme celles de crêpes. C’est que ses farines sont d’une qualité exceptionnelle puisqu’elles sont moulues pierre sur pierre.

Mais pour ces produits, il n’y a pas de place dans les grands supermarchés, propriétés des Loblaws de ce monde.

Ces grands groupes qui sont surtout axés sur le contrôle des prix ont dû mettre sur pied une industrie basée sur le modèle industriel. On le sait, ces groupes doivent constamment grossir leur rendement et ils poussent l’industrie agricole sans arrêt. Ils veulent plus de volume, moins de fournisseurs et une standardisation des produits préparés en usine.

Pour le consommateur, ça donne des produits uniformes et trafiqués qui ont souvent moins de goût. C’est la nature de la bête!

Alors que reste-t-il pour le produit artisanal régional’ Que reste-t-il pour les petits producteurs en marge de ces réseaux? Pour commercialiser leurs produits, l’effort est énorme. Pourtant la prolifération des marchés publics et des foires gourmandes confirme que le client recherche ces produits; il en veut.

Trop souvent il doit se demander: « Où est ce que je peux me procurer ton produit? » Malheureusement, trop de producteurs agricoles doivent se contenter de succès d’estime pour leur produit régional.

Un magasin de produits régionaux et d’autres

C’est pour changer le succès d’estime en succès commercial que les Bélanger et Duke ont ouvert un magasin: Boréal Cuisine sur la Route 11 au nord d’Earlton..

Ils ont regroupé des produits artisanaux et régionaux à partir de Hearst au nord jusqu’à l’île Manitoulin au sud et de tout l’Abitibi-Témiskamingue au Québec. C’est un exploit et une première, considérant tous les obstacles des règlements provinciaux en alimentation.

Outre les produits du bison, du porc et de la farine de nos deux producteurs; on retrouve du chocolat, des tisanes, du thé, du caviar de corégone, du sirop de bouleau, des gelés, des confitures, des ?ufs de cailles, des épices et Dieu sait combien d’autres produits.

Jusqu’ici l’achalandage est à la hauteur des espérances. Boréal Cuisine veut rejoindre directement le consommateur. Mais il y a d’autres marchés; les produits pourraient être utilisés pour les levées de fonds, les soupers bénéfices et les cadeaux corporatifs. Puis la semaine dernière, Boréal Cuisine a mis sur pied un site Internet : Borealcuisine.com .

Présentement il est en anglais mais il sera complètement au choix de la langue choisie par le client sous peu. Les commandes commencent déjà à rentrer.

« C’est excitant et plein de promesses! », affirme Pierre Bélanger en retenant difficilement le sentiment que c’est toute l’aventure qui est devenue excitante.

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