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Borealis Fresh Farms; des légumes frais à l’année pour Timmins!


L'intérieur des installations de Borealis Fresh Farms. Chaque semaine, l'entreprise livre de 300 à 340 livres de produits alimentaires dont du persil, du chou frisé (kale), du basilic, du joï choï (brocoli chinois), des microverdures et diverses laitues. Photo : gracieuseté Borealis Fresh Farms.


Par Marc Dumont

Dans la région de Timmins, Marc Rodrigue gère deux fermes hydroponiques nommées Borealis Fresh Farms qu’il exploite grâce à un système d’agriculture modulaire vertical qui compte 552 tours. L’entreprise est capable ainsi de produire des légumes frais tout au long de l’année.

Le système d’agriculture modulaire vertical de Borealis Fresh Farms est un ensemble de tours en plastique (Zip tower) qu’on peut ouvrir. L’entreprise a deux sites utilisant cette technique : le premier a 242 tours tandis que le deuxième en a 310. Dans l’ouverture de ces tours, on y dépose une pastille qui contient une graine. L’eau est alors pompée en haut de la tour dans un réservoir et descend par gravité. Le plant s’alimente ensuite grâce au ruissellement de gouttes d’eau qui contiennent les sels nécessaires à la croissance. Revenue en bas, l’eau passe par un système automatisé qui mesure les sels et le niveau de pH. C’est l’occasion à ce moment de faire les corrections nécessaires avant que l’eau ne soit renvoyée à nouveau dans les tours. L’eau requise dans les systèmes est donc utilisée en circuit fermé. La ferme utilise l’eau municipale, mais doit lui enlever les particules qu’on y a ajoutées avant de l’utiliser.

Les fermes Boréalis Fresh Farms livrent toutes les semaines de 300 à 340 livres de produits. La production comprend du persil, du chou frisé (kale), du basilic, du joï choï (brocoli chinois), des microverdures et diverses laitues. À ce jour, les fermes fonctionnent à 95 % de capacité et les récoltes sont à environ 75 % de leur potentiel. « Tout fonctionne à merveille et on travaille sur la technique pour récolter des parties des plantes pour qu’elles soient capables de continuer à produire », indique M. Rodrigue. « Par exemple, pour le chou frisé, on récolte un certain pourcentage de la plante en s’assurant de ne pas modifier sa forme et on ne retire que des parties qui font face au soleil ».

Marc Rodrigue, propriétaire de Borealis Fresh Farms. Photo : gracieuseté Borealis Fresh Farms

L’idée de cette exploitation hydroponique s’est imposée au fil des ans. « J’ai toujours fait du jardinage et j’étais fatigué d’acheter des légumes à certains temps de l’année qu’on jette après un jour », explique Marc Rodrigue. « Je cours des marathons et la valeur nutritive des aliments est importante pour moi. » Il a commencé par vouloir faire une production de légumes pour se nourrir lui-même et sa famille. Puis l’idée lui est venue : pourquoi pas des légumes pour Timmins 12 mois par année !

« J’ai commencé à regarder, à visiter des exploitations hydroponiques et j’ai acheté un système modulaire vertical pour la première ferme en 2018 », précise M. Rodrigue. Après un an et demi de recherche, il livre enfin sa première récolte. Des connaissances lui ont bien dit les premières fois : « Qu’est-ce que tu fais là ? » alors qu’il vendait du chou frisé derrière un comptoir au marché public. Aujourd’hui, M Rodrigue vous dira que tout ça a été une belle expérience.

Cependant, malgré les efforts depuis les débuts, M. Rodrigue a connu des pépins, dont le système de climatisation qui cessait de fonctionner lorsque la température extérieure atteignait -35°C en hiver. « C’est que la machine venait avec un interrupteur de basse température ambiante. Mais même à cette température, il y a un surplus de chaleur pour les plantes qui sont exposées à la lumière du soleil, leur seule source de chaleur. »

Les fermes Borealis Fresh Farms livrent toutes les semaines de 300 à 340 livres de produits frais à des épiceries, des restaurants et des marchés publics de Timmins, Cochrane, Sudbury et Haileybury. Photo : graciseuseté Borealis Fresh Farms.

Le réseau de distribution pour Borealis Fresh Farms comprend des épiceries, des restaurants et des marchée publics à Timmins, Cochrane, Sudbury et Haileybury. Avec la COVID, les restaurants achètent moins, mais le mouvement d’achat local compense. « Beaucoup de gens sont allumés et posent des questions. Ils se préoccupent de la sécurité et de notre indépendance alimentaire. Puis, plusieurs producteurs qui n’ont pas pu avoir de travailleurs étrangers ont réduit leur production. Et plus on est loin d’eux, plus on est vulnérables », dit M. Rodrigue.

Bien que ce soit beaucoup de travail, M. Rodrigue est en mode croissance. « J’ai appris par essai-erreur et avec mon contact en Géorgie. Je vois ça comme un laboratoire et maintenant, avec de l’expérience, je vais former une compagnie de consultants [société de conseil]. Il y a un système à développer pour la production alimentaire par le Nord, pour le Nord. Oui, je prévois de l’expansion ! Se nourrir est un incontournable dans la vie et de la bonne nourriture dans la région c’est très, très important ! » ajoute-t-il.

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