Le 2 avril 2003

C’est décidé, l’Union des cultivateurs franco-ontariens restera l’UCFO!

Par Étienne Alary


« Une chose est certaine, il faut être bien sûr de notre affaire car le processus que nous venons de terminer ne doit pas se répéter tous les dix ans. De plus, lorsque nous franchirons la porte après la rencontre, tout le monde devra accepter le choix »,

C’était jour d’assemblée générale annuelle pour les membres de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) le 27 mars dernier. Plus de soixante membres ont convergé à Casselman pour participer aux 74e assises de l’organisme.

Cette assemblée générale a permis, après trois années de délibérations, de consultations et de propositions, de prendre une décision finale quant au nom qu’utilisera l’organisme dans l’avenir. « La première proposition demandant de revoir le nom de l’UCFO a été adoptée lors de notre assemblée annuelle de New Liskeard, en 2000. Depuis cette assemblée, un processus a été entamé et le point culminant de ce travail est aujourd’hui », a mentionné le président de l’Union, Pierre Bercier.
« Une chose est certaine, il faut être bien sûr de notre affaire car le processus que nous venons de terminer ne doit pas se répéter à tous les dix ans. De plus, lorsque nous franchirons la porte après la rencontre, tout le monde devra accepter le choix », ajoute M. Bercier.

Pour faciliter la prise de décision, le directeur général, Alain Delorme, a présenté les résultats d’un sondage réalisé au cours des dernières semaines. « Tous les membres ont reçu une copie du sondage dans lequel dix noms différents étaient suggérés. Nous avons été très surpris du taux de réponses que nous avons obtenues car sur 257 envois, 148 sondages nous ont été retournés, ce qui nous donne un taux de retour de 58% », indique M. Delorme.

Comme le présente Alain Delorme, le plus grand nombre de répondants avaient opté de garder le statu quo. « La compilation a eu comme résultat que 60 membres voulaient garder le nom Union des cultivateurs franco-ontariens. En deuxième place, 28 membres auraient préféré que l’UCFO deviennent l’Union des producteurs agricoles francophones de l’Ontario. Avec 20 votes, le nom Communauté agricole francophone de l’Ontario s’est classée troisième alors que l’Union des agricultrices et des agriculteurs francophones de l’Ontario a pris le quatrième rang avec 12 votes », explique Alain Delorme.

Ces statistiques ont aidé les membres présents à l’assemblée à prendre une décision. « Vous avez contacté tous les membres afin que ceux-ci ait une opportunité de se pencher sur la question. Je pense qu’on ne peut pas en demander plus », affirme Gaston Levac. « Nous vivons dans un système démocratique et le processus utilisé nous prouve qu’un plus grand nombre de gens veulent garder le même nom alors pourquoi changer », soutient Réjean Pommainville.

Pour Henri Hofer, ce n’est qu’une question de logique. « Le nom actuel est connu. Si on commence à changer, il y a un travail colossal qui attend l’organisme pour informer les gens et ceux-ci ne seront plus vraiment à qui ils ont affaires », lance-t-il.

C’est finalement à l’unanimité que les membres de l’UCFO ont voté en faveur de garder le nom existant.

Financement stable

Dans son allocution, le président de l’UCFO a mentionné que l’organisme consacrerait des énergies à sensibiliser le gouvernement provincial. « Jusqu’en 1999, l’Union des cultivateurs franco-ontariens recevait, en plus du financement stable par le biais de la Fédération de l’agriculture de l’Ontario et des Christian Farmers of Ontario, 50 000 $ du gouvernement provincial, somme qui nous a été coupée. À l’époque, les administrateurs avaient décidé de ne pas pousser ce dossier plus loin mais le temps est peut-être venu de revenir à la charge », indique Pierre Bercier.

Tout ce que l’Union espère, c’est de retrouver les sommes qui lui étaient versées avant l’ère des coupures du gouvernement Harris. « À mon avis, le temps est propice pour aller cogner à la porte du gouvernement », affirme M. Bercier.

Plus de membres

Le président de l’UCFO a invité les membres à mettre l’épaule à la roue pour aller recruter le plus grand nombre de membres possible. « Nous comptons 300 membres présentement. On estime que le nombre de producteurs agricoles francophones en Ontario serait de 2000 à 2500. Il est donc logique de penser que nous pourrions au moins doubler notre membership », croit Pierre Bercier.

Ce dernier rappelle que l’Union n’a pas le même statut que la FAO, les Christian Farmers et maintenant le National Farmers Union dans la loi sur le financement stable des organisation agricoles. Sans être accréditée comme tel, l’UCFO jouit cependant d’un statut spécial en tant qu’organisme francophone. « L’UCFO n’est pas accréditée alors les agriculteurs qui deviennent membres de notre organisme le font pour encourager leur association francophone. C’est donc de votre devoir, en tant que membre, de faire la promotion de l’association, que ce soit en amenant un voisin ou un ami à joindre les rangs de l’UCFO », déclare M. Bercier.

Pierre Bercier affirme qu’il aimerait bien voir l’Union mettre en place un programme plus intensif de recrutement de membres. « Mais avant même d’arriver là, l’UCFO doit faire une enquête démographique sur les agriculteurs francophones de l’Ontario. Cela nous permettra de répondre aux questions suivantes: Qui sont-ils’ Où sont-ils’ Que produisent-ils’ », fait remarquer le président de l’UCFO.

La Voie Agricole

La webmestre du portail La Voie Agricole, Micheline Bégin, a profité de l’assemblée annuelle pour faire un survol de ce site. « Au cours de la dernière année, plusieurs nouveautés ont fait leur apparition sur le site. Ces ajouts à ce qui était déjà présent le rend encore plus complet », énonce Mme Bégin en faisant allusion, notamment à la météo, aux liens vers les différents marchés, aux manchettes de Radio-Canada, aux moteurs de recherches, aux P?tites puces agricoles (annonces classées) et bien plus.

L’année 2003 ne dérogera pas à la règle de toujours innover. « Très prochainement, nous procéderons au lancement d’une section jeunesse. Cette section permettra aux jeunes de découvrir le merveilleux monde de l’agriculture tout en s’amusant », annonce Micheline Bégin.

Depuis que ce portail a été lancé, il y a maintenant presque deux ans, l’UCFO ne peut que se réjouir du nombre d’internautes qui profitent de La Voie Agricole. « Nous avons dépassé, en février dernier, le cap des 3000 visiteurs distincts par mois. Depuis le lancement du portail, nous avons remarqué une progression constante de mois en mois », souligne Mme Bégin.

Selon Pierre Bercier, ce site pourrait être encore plus utilisé. « Il est déplorable de constater que des activités, destinées à la même clientèle, ont lieu le même jour. Nous sommes si peu nombreux que ce serait à l’avantage de tous de connaître les dates des différentes activités à l’avance. Juste à titre d’exemple, aujourd’hui même, date de notre assemblée, deux autobus se promènent dans les comtés de Prescott et Russell pour visiter des fermes », constate Pierre Bercier. « Il y aurait peut-être lieu de sensibiliser tous les organismes à utiliser le calendrier des événements de La Voie Agricole », suggère-t-il.

UPA et QFA

Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Laurent Pellerin, a effectué un arrêt à Casselman pour venir saluer ses cons’urs et confrères de l’Ontario. « J’étais à Ottawa ce matin pour une audience devant la commission permanente sur l’agriculture. J’aurais aimé être porteur de bonnes nouvelles concernant le nouveau programme CSRN qui doit entrer en vigueur le 1er avril mais ce n’est pas le cas », a déclaré M. Pellerin d’entrée de jeu.

Cette rencontre était une tentative ultime des organismes agricoles de partout au pays pour inviter le ministre fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada, Lyle Vanclief, à repousser l’échéancier qu’il s’est fixé depuis quelque mois déjà.

« C’est le dossier de l’heure en agriculture au Canada. J’oeuvre au sein de la Fédération canadienne de l’agriculture depuis une vingtaine d’année et j’ai rarement vu quelque chose de similaire. Tous les organismes sont d’accord pour dire que la date du 1er avril est insensée », affirme Laurent Pellerin. « Malgré tout, j’ai la conviction que le ministre Vanclief ne changera pas de position », précise-t-il.

Pour sa part, le directeur général du Quebec Farmers Association, Hugh Maynard, a passé la journée aux assises de l’UCFO. « Nous sommes dans une situation similaire. Nous avons les mêmes défis et les mêmes besoins. Il sera bon de voir si dans l’avenir il y aurait des possibilités d’accroître les échanges entre les deux groupes », indique M. Maynard.

75e de l’UCFO

En 2004, l’Union des cultivateurs franco-ontariens célébrera 75 ans d’existence. « Un comité est à planifier plusieurs activités pour l’occasion, dont une pièce de théâtre démontrant l’évolution de l’agriculture chez les francophones et, parallèlement, l’évolution de l’UCFO. Cette pièce sera présentée à divers endroits en 2004, dont la première sera lors du Banquet de l’UCFO suivant l’assemblée générale annuelle (date tentative du 25 mars 2004) », présente Alain Delorme en ajoutant que cette pièce était montée et présentée par le comité culturel de St-Pascal.

Élections

Trois postes d’administrateurs étaient à combler lors des 74e assises de l’UCFO. Bernadette Henrard et Robert Dessaint ont tous les deux accepté un nouveau terme de deux ans. Pour sa part, Jean-François Besner viendra remplacer Anne Thibodeau .

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