Volume 28 Numéro 16 Le 20 avril 2011

Campagne électorale: Les enjeux agricoles débattus à Ottawa

Par Danny Joncas, APF


OTTAWA – Moins d’une semaine après avoir soumis sa liste de priorités aux partis politiques en lice en vue des élections du 2 mai prochain, la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) conviait les porte-parole en matière d’agriculture de ces mêmes partis à un débat à Ottawa, le 11 avril dernier.

 

Ainsi, lors de ce débat de deux heures diffusé sur les ondes de la chaîne parlementaire CPAC, la FCA et ses membres ont eu l’occasion d’entendre le ministre fédéral de l’Agriculture sortant, Gerry Ritz, de même que les représentants du Parti libéral, du Nouveau Parti démocratique, du Bloc québécois et du Parti vert se prononcer sur certains enjeux clés du secteur agricole. Parmi ceux-ci, notons l’élaboration d’une politique alimentaire nationale, les investissements fédéraux en recherche et innovation, l’accès au crédit, l’environnement, le commerce, la salubrité des aliments et la relève agricole.

 

Attaqué en quelques occasions par le libéral Wayne Easter et le néo-démocrate Pat Martin, le ministre sortant a défendu le bilan des cinq dernières années du gouvernement conservateur principalement en ce qui concerne la salubrité des aliments, la modification de certains programmes de financement et les démarches entreprises pour assurer une relève agricole au pays.

« De nos jours, les agriculteurs font face aux mêmes défis que ceux des générations précédentes. Ces défis sont le financement stable à long terme, l’accès au crédit et la relève », a résumé Gerry Ritz. Il a entre autres insisté sur une tournée nationale menée en 2010 qui a permis de recueillir les commentaires de jeunes agriculteurs canadiens.

 

Quant aux représentants des autres partis, ils ont surtout milité pour que la vente d’aliments soit facilitée entre les différentes provinces canadiennes et pour que les aliments qui sont importés d’autres pays soient soumis à des normes de qualité aussi strictes que celles qui sont imposées aux producteurs canadiens. Il s’agit là de deux sujets qui avaient justement été soulevés lors de la plus récente assemblée annuelle de la FCA, cet hiver.

« Ça ne fait aucun sens à mes yeux qu’on laisse entrer au pays des produits qui ont des normes moins sévères que celles imposées à nos propres producteurs, ce qui fait en sorte que nos produits locaux coûtent plus cher sur le marché que ceux qui sont importés », a plaidé Wayne Easter.

« Il faut que les produits qui sont importés soient inspectés selon les mêmes normes qui sont en vigueur pour les producteurs canadiens. C’est la seule façon pour cette industrie de prendre de l’expansion », a poursuivi le député de l’Île-du-Prince-Édouard sur le même thème.

 

Du côté de la FCA, on estime que peu importe le gouvernement qui sera élu, la clé pour que les initiatives gouvernementales qui seront mises de l’avant répondent aux besoins et aux intérêts de l’industrie demeure une implication active de cette même industrie dans le processus d’élaboration des politiques et programmes gouvernementaux.

 

« Il faut que les gouvernements incluent les groupes agricoles au processus décisionnel et de conception des programmes. Qu’il s’agisse de décider des recherches à mener, de concevoir la prochaine génération de programmes de gestion des risques de l’entreprise ou de fixer des protocoles adéquats pour la salubrité des aliments, il faut assurer la participation des organisations qui représentent les agriculteurs », soutient Ron Bonnett, président de la FCA.

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