Le 21 mars 2002

Campagne publicitaire radio du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario La FAO dénonce les messages radio tendancieux du SEFPO

Par Pierre-Alain Blais
info.agricom@atreide.net


La Fédération de l’agriculture de l’Ontario désapprouve le contenu tendancieux de messages publicitaires que le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) a fait entendre sur les ondes radios de la province au début de mars.

Jack Wilkinson, président de la Fédération de l’agriculture de l’Ontario (FAO), a obtenu de Leah Casselman, la présidente du syndicat des fonctionnaires qui est en négociation avec le gouvernement ontarien ? son employeur ? de retirer les messages publicitaires qui «laissent une fausse idée des pratiques agricoles ontariennes».
Un message radio a été diffusé au début de la grève des fonctionnaires, en français ou en anglais, qui affirmait rien de moins que le public ontarien n’est plus adéquatement protégé contre des cas de viande hachée insalubre, des pommes contenant des résidus de pesticides ou de l’eau contaminée. Le message en attribue la cause au « gouvernement conservateur [qui] a coupé le personnel qui travaillait à la protection de l’environnement et réduit le nombre d’inspecteurs des aliments en Ontario à presque rien». Le message conclut en demandant au public d’appuyer le SEFPO dans sa lutte pour rebâtir les effectifs de la fonction publique ontarienne.

Wilkinson croit que cette publicité laisse une bien mauvaise image du producteur agricole ontarien. «On semble ignorer les faits réels», dit-il. Il ajoute que les producteurs agricoles ont à c’ur de livrer des produits sains et propres à la consommation. «Nous faisons régulièrement analyser nos sols et le fumier, nous complétons volontairement des plans d’amélioration de la gestion agroenvironnementale de nos fermes, et nous nous acquittons de nos obligations envers les consommateurs en employant des pratiques agricoles prouvées et des méthodes pour assurer l’innocuité des aliments basées sur les dernières connaissances scientifiques», précise le président Wilkinson.
Jack Wilkinson affirme que le SEFPO manque son coup en voulant terroriser les consommateurs. La vérité, souligne Wilkinson, est que «les producteurs ont dû compenser pour les réductions et les coupures de personnel que le gouvernement a effectué en accomplissant maintenant eux-mêmes de nombreuses tâches jadis dévolues aux fonctionnaires». Seulement, la responsabilité de s’assurer que les aliments répondent aux normes sanitaires semblent avoir été remise entre les mains des producteurs.

«Il n’y a pas de pommes gorgées de pesticides»
Par ailleurs, un groupe de producteurs de pomme de l’Ontario (Ontario Apple Growers’ Steering Committee), qui est justement à rebâtir une organisation de mise-en-marché ordonnée de la production pomicole ontarienne, ont adressé une plainte au Conseil des radiodiffuseurs canadiens à la mi-mars. «Nous aimerions signifier notre indignation à l’effet que des spots publicitaires du SEFPO prétendent que des ?pommes soient gorgées de pesticides’ », peut-on lire dans la lettre (traduction d’Agricom).

Les producteurs de pommes expliquent qu’au contraire de ce que prétend le Syndicat de la fonction publique, il y aurait encore 18 personnes engagées à temps plein à la surveillance de la salubrité des produits horticoles en Ontario. L’Agence canadienne d’inspection des aliments, qui inspecte les fruits et les légumes pour les résidus illégaux de pesticides, «n’a jamais trouvé des pommes supposément ?gorgées de pesticides’; l’Agence vous le confirmera», écrivent les producteurs de pommes.

D’ailleurs, les producteurs pomicoles jugent cette publicité du SEFPO «trompeuse et mal informée». «La vaste majorité des études indiquent que les pommes ne contiennent pas de résidus de pesticides détectables selon les standards établis par Santé Canada», rétorquent-ils. Ils concluent leur plainte en expliquant que «les producteurs de pommes ontariens sont parmi les leaders mondiaux dans l’application de la lutte intégrée aux ravageurs qui impose l’emploi minimal de pesticides en production pomicole».

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