Élevage

CFO remettra 100 000 poulets/an aux banques alimentaires


Les 1100 fermes familiales membres du Chicken Farmers of Ontario sont invitées à remettre des poulets aux banques alimentaires de l’Ontario en retour d’un crédit d’impôt de 25 %. -Photo courtoisie

François Carrier

Par François Carrier
Collaborateur
info@journalagricom.ca


Chicken farmers of Ontario (CFO) a lancé le 20 janvier une campagne ambitieuse afin de remettre annuellement aux banques alimentaires ontariennes plus de 100 000 poulets provenant de leurs producteurs. CFO compte sur ses 1100 fermes avicoles membres pour atteindre cet objectif, mais force est d’admettre que l’organisme devra élaborer une opération de séduction afin de convaincre les producteurs de faire la charité.

Chaque producteur est invité à remettre un maximum de 300 poulets par année aux banques alimentaires de la province, un don qui sera en partie déductible d’impôt. Cette initiative fait suite au crédit d’impôt établi par le gouvernement de l’Ontario l’automne dernier pour les agriculteurs qui font don de produits agricoles à des banques alimentaires ontariennes.

Les banques alimentaires accueillent favorablement l’engagement du CFO puisqu’elles y voient une façon d’augmenter les dons provenant des producteurs de poulets et d’avoir la chance de sensibiliser les propriétaires de ces fermes qui n’auraient probablement pas eu ce réflexe autrement.

« C’est toujours une excellente nouvelle pour nous d’avoir la possibilité d’offrir des aliments sains à notre clientèle, surtout lorsqu’il est question d’un produit animal », estime Samantha Ingram d’Ottawa Food Banks.

Pour les banques alimentaires, il s’agit d’une occasion en or pour varier davantage le contenu en protéines des aliments remis aux personnes dans le besoin. « On reçoit régulièrement des dons de fruits et de légumes, mais pour la viande c’est moins évident. Et de savoir qu’on obtient le produit d’une ferme locale c’est toujours rassurant », explique Samantha Ingram.

Des producteurs moins emballés
Il s’agit d’un beau projet qui paraît emballant à première vue, mais la réalité des producteurs de poulet en province pourrait faire en sorte que l’objectif soit difficile à atteindre, selon ce que nous avons constaté sur le terrain.

Nicole Decaire, une productrice d’Apple Hill, est d’avis que cette initiative de CFO n’intéressera probablement qu’une petite partie des producteurs. « D’abord, il faut avoir une assez grosse production. Personnellement, je n’ai atteint qu’une seule fois mon quota, il y a quelques années et on ne s’est jamais ce que nous réserve l’avenir », fait-elle valoir.

Nicole Decaire croit que le programme peut intéresser certains producteurs, mais probablement davantage ceux qui sont établis depuis un certain nombre d’années et qui sont en moyens. « Si vos bâtiments sont payés, que votre production est établie depuis plus d’une génération et que vous atteignez habituellement les quotas, j’imagine que 25 % de crédit d’impôt peut être intéressant, mais encore là, ce n’est probablement pas une majorité », ajoute-t-elle.

Si  les banques alimentaires et le ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurale, Jeff Leal, se réjouissaient de cette annonce pour les 375 000 personnes qui ont recours aux banques alimentaires chaque mois, il semble que ceux-ci auront un gros travail de sensibilisation à faire auprès des éleveurs de poulets.

« Donner pour donner, c’est une chose, mais j’ai déjà remis des poulets dans le passé à des gens dans le besoin et les produits se sont gaspillés. Donc avant de remettre quoi que ce soit, je ferais des vérifications », affirme cet autre producteur de la région de Pembrooke.

Si CFO veut atteindre leur objectif, les fermes productrices de volailles devront en moyenne remettre 91 poulets par année.

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