Volume 29 Numéro 11 Le 3 février 2012

Changement de cap


Le Témiskaming est témoin de nombreux changements dans le milieu agricole. Plusieurs cultivateurs délaissent la production laitière pour se lancer en grandes cultures. Ce fut par exemple le choix risqué, mais bien calculé de Stéphane et de Doris Cloutier

Par Marc Dumont, collaborateur
info@journalagricom.ca


Dans l’édition du 2 novembre, il était question des changements dans l’agriculture au Témiskaming comme en témoigne la présence des nombreux élévateurs à grains. Cependant, une autre tendance se dessine. Celle des fermes familiales qui abandonnent la production laitière au profit des grandes cultures. La ferme de Stéphane et de Doris Cloutier en est un bon exemple.

 

Les Cloutier cultivent du blé de printemps, du canola, de l’orge, du trèfle, du mil, ainsi que du foin sur leurs 1200 acres situés dans le canton de Beauchamp, à l’ouest d’Earlton. 

 

Stéphane et Doris sont la 3e génération à exploiter la ferme. Le grand-père de Stéphane s’est installé dans les années 1920 comme producteur laitier. Son père a pris la relève en 1965 et a abandonné la production laitière. Quant à Stéphane, il a acheté de son père en 2000.

 

Leurs installations comprennent un hangar, un atelier à machine, un entrepôt à foin, un cribleur pour le nettoyage des graines et cinq silos d’une capacité de 850 tonnes. Ceux-ci ne suffisent plus à l’automne et il faut expédier aussitôt la récolte effectuée.

 

Aucun répit

Stéphane et Doris insistent : « Il faut être dévoué à 100 % durant la saison. » Entre la préparation du sol au printemps et la récolte, l’activité à la ferme est intense. « On prend du temps pour nous quand c’est le temps », raconte Stéphane. L’inspection des champs au quotidien n’est pas de tout repos. 

 

À titre d’exemple, une infestation a fait de nombreux dommages au canola dans la région le printemps dernier. Plusieurs ont dû ressemer, mais pas les Cloutier! Leur suivi rigoureux leur a permis d’arroser à temps et de sauver la récolte.

 

Stéphane s’intéresse particulièrement au canola. Si bien qu’il est le directeur du Ontario Canola Growers.

Rentabilité et efficacité

Les Cloutier visent la rentabilité et l’efficacité, rien de moins. Tout est planifié. Un ordre de semence a été élaboré afin d’éviter que tout soit prêt à récolter en même temps. Les silos permettent d’entreposer jusqu’à ce que les prix soient à leur meilleur.

 

Dans la mesure du possible, les récoltes sont vendues à d’autres cultivateurs : le foin à un producteur bovin en Abitibi et le canola est livré directement à l’usine de Hamilton.

 

Et inutile de se laisser aller dans une spirale d’endettement. « Ce qu’il faut, c’est rentabiliser chaque secteur, porter attention aux détails », rappelle Stéphane.

Participation familiale

Doris est partenaire avec Stéphane. « Ça prend l’appui de la conjointe pour une bonne dynamique à la ferme, » confie Stéphane. C’est du 50/50 sur toute la ligne. Doris s’occupe de la comptabilité et prend part à toutes les décisions. Elle a même appris à conduire l’énorme tracteur à huit roues, bien qu’elle n’ait pas été élevée sur une ferme. Elle accorde le mérite à son mari qui sait lui faire confiance et lui donne la place qu’elle mérite.

 

Les Cloutier veulent que leur ferme demeure familiale, donc aucune main-d’œuvre externe n’y travaille. Chacun des quatre enfants a ses tâches. Et ça, c’est plus important que tout le reste. Pour le couple, la meilleure façon d’enseigner à leurs enfants est de leur permettre de mettre la main à la pâte afin qu’ils deviennent responsables et débrouillards. Doris reconnaît aussi que son mari prend le temps d’enseigner aux enfants les habiletés nécessaires à leur réussite.

 

Les Cloutier voient la transformation de leur ferme vers les grandes cultures comme une véritable tendance. La demande se maintien et on prévoit que les prix des grains et des oléagineuses iront à la hausse. Puis certains producteurs de lait sont plus à l’aise et plus intéressés par ce qui se passe dans leurs champs que par ce qui se passe dans l’étable. Enfin, certains d’entre eux vivent une certaine lassitude parce que produire du lait est exigeant.

 

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