Volume 34 Numéro 11, Le 3 février 2017

Chauffer au bois : protéger notre environnement tout en contribuant à l’économie durable


Par Jean-St-Pierre pour Boisés Est


Un atelier sur le chauffage au bois de nouvelle génération et à haut rendement a accueilli récemment une cinquantaine de personnes à Alexandria dans l’Est ontarien.  Boisés Est a coordonné cet atelier avec la collaboration de trois conférenciers, tous experts sur ce sujet « chaud »!

D’entrée de jeu, il était de mise de présenter les défis auxquels le chauffage au bois fait face présentement. Si nos pionniers ont bien appris à survivre aux rigueurs de nos hivers avec des poêles et foyers de fortune, leurs effets au niveau de leur efficacité et de leur impact sur la santé n’étaient ni connus ni encore moins contrôlés.  Au fil des décennies, des améliorations importantes ont été mises en œuvre pour rendre les appareils beaucoup plus efficaces, limitant au maximum les effets néfastes sur la santé des humains tout en respectant notre environnement. Nous savons maintenant que le chauffage au bois est considéré « carboneutre »  puisqu’il ne génère pas plus de dioxyde de carbone lorsqu’il brûle qu’il n’en a absorbé lors de la croissance sous forme d’arbre.  Le chauffage au bois devient donc, lorsqu’utilisé avec des appareils à haut rendement, un atout pour limiter la production des gaz à effets de serre, contrairement aux sources d’énergie fossile comme le mazout, le gaz naturel ou le gaz propane.

De plus, puisque le bois utilisé pour le chauffage est généralement d’origine locale, l’impact environnemental du transport et de la transformation est minime et donc d’autant plus avantageux.  On peut ainsi affirmer que l’utilisation du bois est conforme à une activité durable, puisqu’elle est respectueuse de l’environnement en préservant les écosystèmes tout en stimulant une économie innovante et socialement responsable.

Terrence Sauvé, ingénieur, spécialiste de la santé et sécurité et de la planification d’exploitations agricoles au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAARO) a présenté le résultat de ses recherches fondamentales et appliquées sur le chauffage au bois à haut rendement.  Il a précisé que la terminologie utilisée pour exprimer l’efficacité d’appareils au bois est mesurée lors d’un cycle optimal avec du bois dur et sec. Bien que ces résultats soient intéressants, le rendement global lors de l’utilisation d’un appareil varie en fonction de la qualité de bois utilisé et la compréhension du processus de combustion du bois par l’opérateur.

La taille de l’appareil est tout aussi importante puisqu’un appareil surdimensionné, bien qu’il puisse fournir la chaleur requise, ne permettra pas une combustion optimale des gaz secondaires. Ces gaz contiennent beaucoup d’énergie qui, s’ils ne sont pas brûlés, polluent sous forme de fumée et de minuscules particules qui sont nocives à la santé.

Selon les recherches de M. Sauvé, certaines chaudières à haut rendement peuvent atteindre une efficacité thermique de plus de 75%. Ces chaudières sont conçues pour optimiser la combustion des gaz secondaires en utilisant des contrôles d’entrée d’air et un réglage en fonction des besoins pour une combustion optimale des gaz. Un réservoir d’eau pour les entreposer et gérer la chaleur produite est nécessaire dans ces installations. Bien que plus dispendieux, ces appareils exigent beaucoup moins de bois de chauffage, ce qui permet une réduction des coûts annuels d’opération.

M. Sauvé a par ailleurs rappelé qu’une forêt gérée séquestre plus de carbone qu’une forêt de conservation : «  En mieux gérant la forêt, on augmente le rendement en bois par unité de surface et le stockage de carbone ». Un incitatif de plus pour bien gérer nos boisés.

Les appareils de chauffage au bois intérieurs, soit les poêles et foyers encastrés à haut rendement disponible au Canada ont été présentés par Carol Timbers, représentante de Sunworks à Hawkesbury, un distributeur bien connu de l’Est ontarien. Plusieurs modèles qui satisfont aux normes environnementales en vigueur ont été décrits.  Mais, tout aussi important que le choix de l’appareil est l’apprentissage d’une bonne utilisation. « Apprivoisez votre appareil comme un bon ami », a-t-elle dit. « Lisez et consultez le mode d’emploi puisqu’il referme des renseignements essentiels non seulement pour l’installation de l’appareil, mais pour son utilisation ».  Elle a recommandé une inspection par des spécialistes accrédités suite à une nouvelle installation de même qu’après toute modification subséquente.

Sylvain Bilodeau, Président de L.S. Bilodeau, un concepteur, fabricant et distributeur de plusieurs appareils variés de chauffage au bois a partagé sa passion pour construire et améliorer des appareils à haut rendement. La liste d’appareils qu’il a conçue est longue; chaudières internes, fournaises, évaporateurs de sève d’érable, et chauffe-piscine sont ses principales réalisations. À la fin de la session, deux installations locales ont été visitées.

Cette session a été très appréciée par les participants, plusieurs étant propriétaires de boisé et utilisant un appareil de chauffage au bois.  Pour tous, l’utilisation du bois pour le chauffage se conjugue bien avec la bonne gestion du  boisé qui, bon an mal an, génère un volume important de bois de chauffage. Tout en réduisant le coût de chauffage de la résidence et des bâtiments agricoles, l’utilisation de bois de chauffage dans un appareil à haut rendement contribue à stimuler une économie locale durable et à limiter les émissions de gaz à effet de serre.

Des références détaillées sont disponibles sur le site Internet de Boisés Est à l’adresse :www.boisesest.ca/.

 

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