Volume 30 Numéro 11 Le 8 février 2013

Chobani met sur la glace ses projets canadiens


Photo courtoisie

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Le fabricant américain de yogourt grec, Chobani, n’ira pas de l’avant avec la construction de son usine de Kingston, en Ontario. La compagnie a annoncé qu’elle se retirait temporairement du marché canadien. 

Le numéro un du yogourt grec aux États-Unis a spécifié à Agricom que ce délai dans l’exécution de ses projets en sol canadien serait dû à « des circonstances hors de son contrôle ».

 

Le système de gestion de l’offre canadien ne serait toutefois pas à l’origine de la décision de reporter ses plans pour la construction d’une usine de 75 millions $.

 

Le permis que détenait Chobani pour vendre du yogourt américain en sol canadien venait à échéance en février, mais la compagnie a retiré tous ses produits des tablettes des supermarchés avant.

 

Au cours des 15 derniers mois, la compagnie avait obtenu le droit d’importer du yogourt produit aux États-Unis grâce à un permis spécial délivré par le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international qui l’exemptait des droits de douane de 237,5 % qui s’appliquent normalement.

 

Une période initiale d’essai de trois mois lui avait permis de tester le marché de la grande région de Toronto, puis une prolongation de douze mois lui avait autorisé à approvisionner le même marché pendant que l’entreprise devait construire ses installations de fabrication de Kingston.

 

Une fois que la construction de l’usine aurait été complétée, Chobani aurait eu l’obligation d’utiliser des matières et des matériaux canadiens pour la production de son yogourt grec. La compagnie aurait alors eu toute latitude pour commercialiser ses produits à l’échelle canadienne.

 

Raisons inconnues
La porte-parole du ministère, Caitlin Workman n’a pas pu confirmer si la décision avait un lien avec le permis octroyé. « Malheureusement, les renseignements concernant la compagnie et leur permis sont confidentiels, donc je ne peux pas vous fournir de précisions », a-t-elle précisé.

 

Madame Workman affirme que le ministère du Commerce international accorde de telles autorisations afin d’attirer des investissements qui créent des emplois et favorisent l’innovation. « Dans cadre du système de gestion de l’offre du Canada, une façon pour nous de soutenir l’investissement et l’innovation consiste à accorder des autorisations supplémentaires pour l’essai de nouveaux produits », explique-t-elle.

 

Les compagnies bénéficiant de ce droit doivent cependant respecter certaines conditions négociées avec le gouvernement canadien lors de la délivrance initiale du permis. Or, Madame Workman précise qu’«Il se peut qu’une entreprise ait du mal à respecter les conditions auxquelles elle a souscrit ». Mais elle précise que le gouvernement est déterminé à aider la compagnie si tel est le cas. « À condition d’être informé des difficultés susceptibles de nuire au respect de ces engagements, le gouvernement est prêt à collaborer avec cette entreprise pour que l’investissement se réalise. Cela suppose que l’entreprise en question demeure déterminée à réaliser l’investissement et qu’elle montre, par son action, qu’elle prend toutes mesures nécessaires à cette fin », a ajouté la porte-parole du ministère.

 

Les yogourts grecs de Chobani étaient vendus dans 65 épiceries dans la grande région de Toronto au cours de la dernière année.

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