Volume 26 Numéro 18 Le 20 mai 2009

Chronique Claudie ? Journée de pluie?

Par Claudie


C’est en hiver d’habitude que nous faisons le tri des photos cumulées pendant toute l’année. Pour ma part, j’attaque cette besogne seulement lorsqu’il y occasion de le faire.

Ce printemps, nous célébrons le 50e de l’un de mes frères, Robert. Voici bien l’occasion alors de faire ce tri, car je lui prépare un album photo de sa jeunesse – c’est entendu qu’à 50 ans c’est tout un choc de passer de l’autre côté, c’est-à-dire d’y aller vers la vieillesse.

Je me suis prise, un peu tard j’avoue, quatre semaines avant la fête, mais cela m’a permis de moins maugréer contre la pluie en ce week-end où j’aurais tant souhaité jardiner et me mettre les mains dans la terre?

Deux gros bacs de photos et de diapos de la famille occupent mon salon depuis quelques jours. Par où commencer ? Chaque soir, j’en ai fait un petit bout. À un moment donné, je n’ai pu lâcher prise, car je revoyais toute mon enfance à l’intérieur de notre petite famille des années soixante.

Robert, c’était le plus beau et le plus gêné. D’ailleurs, il m’a été difficile de trouver des photos de lui comme adolescent, outre les photos de famille, celles où l’on pose avec un sourire figé pour le clic instantané. Robert fuyait les appareils photo.

Parmi les centaines de photos, j’ai vu une photo de ma mère au moment où elle servait à manger à l’un de mes oncles. J’ai regardé longuement cette photo. Elle captait justement son geste maternel alors qu’elle servait « je ne sais trop quoi » dans l’assiette de mon oncle. Tout son corps est allongé et est penché pour être au service de mon oncle qui est tout simplement ravi devant l’assiette.

Cette photo est croquée sur le vif. Un clin d’?il sur le moment présent, sans prétention. En la regardant, nous ressentons toute la générosité de cette femme. Nous devinons son plaisir de donner, uniquement en regardant son visage rayonnant que nous voyons de profil.
Ma mère se nommait Antoinette. Une femme jolie, heureuse et très maternelle. Et bien entendu, généreuse comme elle illustre si bien sur la photo.

Une autre photo d’elle a capté mon attention. Elle se tient bien droite en marchant, illustrant ainsi une allure très indépendante. Et pourtant, ce n’est pas ce que l’on croyait des femmes de l’époque qui pour la plupart travaillaient au foyer. Je voyais dans son regard une assurance propre à une femme bien dans sa peau.

Chère Maman, je vous imaginais autrement (oui, nous vouvoyions nos parents et je continue de le faire avec mon père, tandis que mes enfants le tutoient). Je connaissais ma mère uniquement comme une mère et non comme une femme. À quel moment donné est-ce que nous comprenons les deux entités d’une personne qui nous donne la vie ?

Il a cessé de pleuvoir en cette veille de la fête des mères et les oiseaux chantent la fin de la journée. Il ne me reste plus qu’à nettoyer le garage, fin prêt pour la fête de Robert, en cas de pluie?

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