Volume 27 Numéro 06 Le 4 novembre 2009

Chronique Claudie – Parler n’est plus comme avant!

Par Claudie


Il n’y rien comme un beau dimanche matin d’automne pour prendre une petite marche santé. Je ne suis pas la seule à avoir eu cette idée.

J’ai rencontré en cours de route plusieurs autres personnes qui savouraient elles aussi l’air frais de ce matin que l’on qualifierait de derniers beaux jours. Nous savons bien ce qui s’en vient!

Bien sûr, l’exercice est une source de motivation importante, mais avant tout je vous dirais que c’est d’entendre le chant des oiseaux et les feuilles sèches et décolorées qui bruissent au vent qui m’incite à emboîter le pas sur la vieille route. Ce moment de quiétude me lie intérieurement à la nature et calme mes inquiétudes sociales et personnelles.

Je ne peux m’empêcher d’observer les personnes qui marchent au rythme de la musique de leur iPod. Dans leur monde, ils sont détachés complètement de la vie qui les entoure. À peine s’ils peuvent dire bonjour. Mais cela, je suppose, est mieux que d’être interrompu lors d’une conversation avec quelqu’un par les incessants appels d’un cellulaire.

DRING DRING!

? Excuse-moi, juste une minute. Allô!

Jusqu’à ce moment, ça passe. Mais en peu de mots, le ton s’élève comme si la personne à qui il parlait était outre-mer.

? J’TAI DIT DE NE PAS DÉRANGER PENDANT QUE…

La conversation continue de plus belle comme si je ne faisais plus partie de son entourage et même que parfois, j’en suis gênée. Il y a des choses qu’on ne veut tout simplement pas savoir.

Pire, il me fait signe de ne pas faire de bruit! Et bien elle est bonne celle-là! Les règles de savoir vivre ne s’appliquent pas à l’utilisation d’un cellulaire.

Je ne possède pas de cellulaire parce qu’à vrai dire, j’aime bien mon indépendance. « En cas d’urgence », me dit-on. Jusqu’à maintenant, et je n’ai plus vingt ans, je n’ai connu aucune occasion où le cellulaire me sortirait d’un pétrin. La débrouillardise toutefois m’a été fort utile.

Il y a un autre mode de communication qui se joint au cellulaire. Le texting, moins bruyant, j’en conviens, mais tout aussi insidieux. Lors d’un souper de famille, mon fils, les mains posées sous la table, s’attentionnait au texte qu’il écrivait plutôt que de parler avec nous.

? Qu’est-ce que tu fais là ? lui dis-je.

? Rien.

? Comment ça rien’

En constatant ce qu’il faisait, je l’ai informé que ce n’était pas convenable. Comme invité, ce n’est que courtoisie toute simple qui dicte de s’entretenir avec les autres invités. Puis il a osé me dire qu’il parlait avec quelqu’un.

? Et bien, à ma connaissance tu ne parles avec personne ici. Tu veux dire écrire.

? C’est comme ça aujourd’hui, mom !

Parler n’est plus comme avant?

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