Élevage

Codage des œufs : un petit producteur avant-gardiste


Marcel Laviolette, de la Ferme avicole Laviolette, a choisi d'investir dans la traçabilité des oeufs. -Photo ILessard

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Le producteur avicole Marcel Laviolette a compris que pour pouvoir survivre dans un monde de grands, il fallait se distinguer. Mais comment se démarquer alors que tous les œufs se ressemblent, même forme, même bon goût,  à l’exception de la couleur qui peut varier? Le propriétaire de la ferme avicole Laviolette de St-Isidore a misé sur le codage, une technologie simple et peu coûteuse qui lui rapporte gros.

En Ontario, quatre principaux producteurs ovocoles se partagent entre 90 et 95 % du marché. Les autres ne reçoivent qu’une mince part, mais les plus innovateurs comme Marcel Laviolette réussissent à s’en tirer à bon compte.

Son entreprise produit non seulement des œufs, mais elle fait aussi office de poste de classement pour les fermes environnantes et elle assure la distribution de tous ces œufs dans les commerces et restaurants ontariens et québécois. On peut dire que les affaires sont encore plus florissantes pour cet entrepreneur de l’Est ontarien depuis qu’il a décidé de mieux répondre à la demande des consommateurs en introduisant un système de traçabilité dans sa chaîne de production.

Cette initiative lui a d’ailleurs valu le Prix de la première ministre pour l’excellence en innovation agroalimentaire le 12 novembre dernier.

« On doit avoir un plan de rappel du plus grand nombre d’œufs possible dans le plus court laps de temps », fait valoir l’homme d’affaires.

Pour lui permettre d’y arriver, une toute petite boîte souffle 60 000 gouttes d’encre comestible par seconde afin d’imprimer sur chacun des oeufs des codes qui permettraient, en cas de rappel, de retracer exactement la provenance des produits problématiques, de les retirer des tablettes les autres et ainsi éviter bien des ennuis aux consommateurs et aux producteurs.

Prenons l’exemple du code 14AL 055 1986 O4. « 14 avril est la date d’expiration, 1986 est le numéro du producteur, 055 est le 55e jour de l’année, O désigne l’Ontario et 4 est notre numéro d’enregistrement provincial. »

La mention « oméga 3 » est aussi indiquée sur les œufs concernés.

« Dans le temps des Fêtes, je pourrais inscrire Joyeux Noel et bonne Année si je le voulais », lance à la blague M. Laviolette.

Clientèle déjà vendue à l’idée
Cet investissement de quelques milliers de dollars semble lui garantir une clientèle soucieuse de la traçabilité des aliments, un concept relativement récent, mais pas encore rendu obligatoire par l’industrie.

« Ça coûte peut-être un centième de cenne pour coder un œuf, explique Marcel Laviolette. Les gros producteurs fonctionnent aux fractions de cenne près et si ce n’est pas nécessaire, ils ne le font pas. Pour un petit producteur comme nous, c’est différent. »

De fait, les exigences du marché sont en train de dicter la voie à suivre pour les producteurs.

« Le client le demande. J’ai des restaurants qui m’ont dit de ne pas leur apporter des œufs pas codés, qu’ils n’en voudraient pas », renchérit-il.

Ce qui peut paraître un fardeau supplémentaire pour les producteurs d’œufs est maintenant devenu une valeur ajoutée aux œufs Laviolette.

« On a maintenant le local auquel les gens s’attachent et le codage », se réjouit l’agriculteur qui a aussi récemment fait de la place pour le logo Produit de Prescott-Russell sur ses caisses d’œufs.

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