Volume 38 Numéro 3 - Le 23 octobre 2020

Combien vaut votre grain? Perspectives et prix des marchés d’ici et d’ailleurs


Photos : Pixabay


Par Ralph Beauvoir, Arg., M.Sc.

Au Canada, 26,7 millions d’hectares d’orge, de canola, de maïs-grain, d’avoine, de soya et de blé ont été ensemencés pour l’année 2020. Ce chiffre représente une augmentation de 18% dans les dix dernières années. Du côté de l’Ontario et du Québec, des augmentations plus précisément de 10% et 8%, respectivement, ont été observées dans la dernière décennie. Cette même tendance haussière est constatée en ce qui concerne la production. De 2011 à 2020, la production nationale de ces six grandes cultures est passée de 66,9 millions de tonnes métriques (TM) à 88,5 millions TM, soit une augmentation de 32%. Du côté provincial, le Québec et l’Ontario ont seulement vu leur production augmentée d’environ 12%.  Toutes ces cultures ont connu une augmentation au pays, mais pour ce qui est de l’Ontario et du Québec, l’orge et le canola n’ont pas suivi la tendance.

Sur le marché international

De façon globale, le marché se porte bien. Les prix des grains sont intéressants. Le maïs est au-dessus de 205 dollars canadiens la tonne métrique et est projeté à 210 $ pour le mois de juillet 2021. Le prix du soya se situe actuellement autour de 510,27 dollars canadiens par tonne métrique, mais connaitra une baisse sur le moyen terme pour passer sous la barre de 471,41 dollars. Le blé se vendra à environ 288,20 $ en décembre 2020 et sera plus ou moins stable pour les deux prochains trimestres. L’avoine est à 260,45 dollars canadiens, et devrait atteindre les 270 dollars au commencement du troisième trimestre 2021. Le canola aussi affiche une tendance croissante sur le court terme de 525 à 541 dollars d’ici aux six prochains mois.

Des facteurs déterminants

Les changements climatiques sont un facteur clé dans la production agricole. Ils causent plus de catastrophes naturelles et entrainent des pertes dans les rendements. La sècheresse du mois d’août et la tempête Derecho dans l’Iowa ont poussé l’USDA (United States Department of Agriculture) à revoir à la baisse les rendements anticipés du maïs et du soya d’où la révision à la hausse des prix de ces derniers.

Les importations chinoises des grains ont aussi augmenté considérablement. Cette augmentation peut être justifiée par plusieurs raisons. La première serait la reprise des activités économiques post-COVID. La seconde pourrait être attribuée à la reconstitution du cheptel porcin qui a été ravagé par la peste porcine africaine. À noter que près de 40-50% du cheptel a été décimé. Enfin, la Chine semble vouloir respecter en partie l’accord commercial sino-américain qui comprend un volet d’achat massif des produits agricoles américains.

Mais attention…

Bien que les perspectives soient bonnes, les facteurs y contribuant sont très volatils. L’accord sino-américain peut changer à tout moment. L’issue des élections présidentielles américaines jouera un rôle important dans le maintien de l’accord ou pas. Les prix intéressants des grains pourraient inciter les producteurs à ensemencer plus de surfaces lors de la prochaine campagne pour augmenter l’offre. Une telle initiative aurait pour conséquence une baisse des prix. Aussi, une éventuelle deuxième vague mondiale du COVID-19 pourrait perturber le commerce international et affecter négativement la demande mondiale pour les grains.

Graphique produit par : Ralph Beauvoir
Source des données : Statistique Canada. Tableau 32-10-0359-01 Estimation de la superficie, du rendement, de la production, du prix moyen à la ferme et de la valeur totale à la ferme des principales grandes cultures, en unités métriques et impériales

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