Volume 26 Numéro 17 Le 6 mai 2009

Commentaire du président de l’UCFO – L’Ontario terre nourricière

Par Denis Bourdeau, président, L'Union des cultivateurs franco-ontariens


Ce logo est reconnu par 96% des Ontariens et Ontariennes au point où ils sont prêts à payer plus cher pour leurs produits qui portent ce logo.

Le Sommet agroalimentaire du Premier ministre, tenu à Toronto était des plus intéressant cette année. Je sentais la volonté politique sincère de vouloir stimuler l’économie agricole de l’Ontario.

Enfin, on reconnaît la stabilité qu’apporte l’agriculture à la province, avec ses 700 000 emplois, ses 54 milliards de dollars en valeur de produits, etc.

Le Premier ministre a annoncé une aide de 24 millions de dollars afin que des institutions comme les hôpitaux, les écoles, les prisons et (à souhaiter) Queen’s Park, se nourrissent mieux et s’approvisionnent en produits cultivés en terre ontarienne, tout en vous rappelant que l’agriculture dépassait l’industrie automobile en qualité de moteur économique.

Trop peu trop tard… je vous dirais. Imaginez-vous si l’Ontario avait encore ses conserveries! On aurait encore des cannes de salade de fruits identifiées en provenance du Niagara dans nos magasins. Il n’en reste hélas plus, la dernière conserverie de l’Ontario a fermé ses portes l’an passé. On importe maintenant la salade de fruits de la Chine… une promenade d’environ 16 000 km!

Avez-vous idée des émissions de carbone qu’entraînent ces cannes de conserves ? C’est là qu’on voudrait bien voir s’appliquer la fameuse « taxe sur le carbone », à 1$ la canne, s’il le faut et ce serait très juste et très équitable.

Et j’ose penser que naturellement Del Monte, Hershey, Nestlé qui ont fermé boutique ces dernières années en Ontario pour aller s’établir au Mexique, au Brésil ou en Chine, seraient restés ici en terre ontarienne afin d’éviter de payer la taxe carbone et transporter leurs produits sur de si longues distances, en empoisonnant l’air que nous respirons.

Cette fameuse taxe carbone sur les produits importés n’arrivera jamais assez vite. Ma grande crainte est que si les consommateurs sont prêts à payer plus cher, attendez-vous à ce qu’ils paient pas mal plus cher. Ce sont les grossistes et les détaillants qui vont chercher en profiter; il faudra donc garder l’oeil grand ouvert et offrir le plus de produits de la ferme possibles aux consommateurs sans les profiteurs entre les deux.

Dans un tout ordre d’idées, comme je me trouvais à Moncton au Nouveau-Brunswick, il y a quelques semaines, j’en ai profité pour visiter un « marché du fermier » en plein c’ur de la ville. C’était de toute beauté de voir plein d’agriculteurs et de coops offrir en vente les produits de la ferme aux consommateurs, oubliant la marge que feraient grossistes et détaillants.

Le bâtiment grand comme deux arénas, offrait un bain de foule et j’ai pu goûter à tous les fromages inimaginables de partout au Nouveau-Brunswick.

Encore cette année, Statistique Canada a publié son indice des prix à la consommation comparatif de février 2008 à février 2009. On y remarque une augmentation du prix des viandes de 6,1%, des légumes frais de 25,8%, des produits de boulangerie de 8,8%. Et en dernière place, qui a connu le moins de hausse? Les produits laitiers à 5,5%.

Pourquoi vouloir encore déréglementer la gestion de l’offre?

Bonnes semences !

Denis

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