Volume 27 Numéro 19 Le 3 juin 2010

Commentaire UCFO: Parler d’une voix forte et nombreuse

Par Jan-Daniel Etter, administrateur, Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO)


Jan-Daniel Etter devant des vignes dans son vignoble Clos Vully. Photo courtoisie.

En me préparant pour écrire ce commentaire, j’ai pris le temps de faire un peu de recherche sur le site de La voie agricole (site internet de l’Union et d’Agricom) et je suis tombé sur un commentaire écrit par un producteur agricole de Nord de l’Ontario portant sur l’image et la perception qu’ont les Canadiens vis-à-vis de l’agriculture canadienne.

Ce texte écrit par Paul Schoppmann pour le compte de Radio-Canada et qui s’intitule « Une bonne nouvelle qui passe sous silence », nous rappelle que la population canadienne en général a une perception de l’agriculture basée sur ce qu’elle voit et entend dans les bulletins de nouvelles télévisées ou dans les journaux écrits ou électroniques.

Naturellement, la plupart de ces nouvelles sont généralement négatives ou présentent une perception d’un groupe de lobby ou d’une ONG (par exemple: défense des droits des animaux, groupe environnementaliste).

De plus, les médias proposent quelques fois des informations biaisées qui peuvent véhiculer de fausses vérités dans la tête des consommateurs. Le meilleur exemple étant la grippe H1N1 qui fut longtemps présentée au public comme étant la « grippe porcine », alors qu’aucune recherche n’ait pu prouver la transmission du virus du porc à l’homme.

Par contre, lorsque que nous discutons avec ce même public sur une base individuelle ou en petits groupes, nous leurs présentons le vrai visage de l’agriculture canadienne. La quasi-totalité des producteurs se voient comme étant les gardiens du territoire agricole et des cours d’eaux.

Il en revient donc à chaque agriculteur et agricultrice de faire sa part pour sensibiliser la clientèle sur la très grande qualité de nos produits et sur l’éthique de production dont fait preuve notre profession.

Comme l’a si bien dit M. Schoppmann dans sont texte : « Il y a beaucoup de bonnes nouvelles au sujet de l’agriculture, il faut que beaucoup plus de gens entendent ces nouvelles. »

Nous devons donc agir au niveau individuel et de plus, continuer à encourager nos organismes agricoles tels que l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), à continuer à s’adresser aux médias et aux politiciens pour contrebalancer les perceptions négatives relatives à notre industrie.

Il faut se rappeler qu’en 1939, 31,5% de la population canadienne vivait directement de l’agriculture et qu’en 1996 nous ne représentions plus que 3,5% et que ce chiffre diminue encore à chaque année.

Notre mission à tous et chacun sera donc de sensibiliser la population canadienne à l’achat de produits canadiens et qu’elle nous supporte dans nos demandes auprès des divers paliers de gouvernements.
La meilleure façon de se faire entendre reste encore de parler d’une voix forte et nombreuse et qui inclut celle de nos consommateurs.

Prime à l’établissement nécessaire
De plus, je pense que la création au niveau provincial d’une prime à l’établissement pour le transfert d’entreprise familiale et pour l’intégration de nouveaux producteurs est primordiale pour assurer la continuité de notre secteur d’activité.

La moyenne d’âge des agriculteurs au Canada est au-dessus de 55 ans et les inscriptions dans les divers établissements de formation agricole restent bien en deçà du nombre d’agriculteurs qui quittent le métier ou qui prennent leur retraite.

Une bonne façon de contrer ce phénomène serait par l’octroi d’une prime financière pour les transferts d’entreprises intergénérationnelles (au sein d’une ferme familiale) et des octrois pour les nouveaux agriculteurs, en particulier dans les secteurs agricoles non-traditionnels ou en émergence.

L’idée est lancée, reste à convaincre nos politiciens du bien-fondé de notre demande.

En parlant de l’avenir de l’agriculture, le Collège d’Alfred a procédé le 29 mai dernier, à sa 28e cérémonie traditionnelle de remise des diplômes. Ce Collège remplit encore ce rôle primordial d’éducation agricole en français et qui prépare la prochaine génération de jeune gens passionnés de la terre.

J’aimerais donc féliciter tous les finissants au nom de l’Union des cultivateurs et en mon nom personnel et je leur souhaite une longue et fructueuse carrière dans notre belle profession.

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