Volume 28 Numéro 21 Le 6 juillet 2011

Commercialisation pour les producteurs de céréales : Ritz ne démord pas

Par Isabelle Lessard, journaliste
info.agricom@lavoieagricole.ca


Après avoir été sévèrement critiqué par les producteurs de blé et d’orge de l’Ouest canadien en mai dernier, le gouvernement Harper continue de réitérer sa position en faveur du démantèlement de la Commission canadienne du blé (CCB). Le ministre de l’Agriculture Gerry Ritz a annoncé le 29 juin dernier que le gouvernement fédéral allait laisser ce choix aux producteurs et n’allait pas tenir compte du plébiscite que désirent tenir les membres de la Commission.

 

Cette affirmation du ministre Ritz lors de la réunion d’été des Producteurs de grains du Canada (PGC) est survenue au lendemain de l’annonce de la CCB de vouloir tenir un référendum. Il a d’ailleurs affirmé avoir reçu un avis juridique stipulant qu’il pourrait mettre fin au monopole de la Commission sans un vote.

Opposition au sein des organismes

Le président de la CCB, Allen Oberg, soutient que l’avenir de la CCB est un enjeu capital pour les producteurs de grains. « Nous faisons face à un changement monumental qui aura des répercussions sur les revenus de nos ventes, sur la question du risque et sur l’ensemble du pouvoir de l’industrie des grains. Les agriculteurs ont le droit qu’on leur pose la question. »

 

 « Le gouvernement prétend que le résultat des élections constitue un mandat pour permettre aux agriculteurs des Prairies de faire un changement. Nous ne sommes pas d’accord. Il faut un plébiscite équitable pour régler cette question », a déclaré M. Oberg, par la  voie d’un communiqué de presse.

 

Soulignons toutefois que Les Producteurs de grains du Canada sont en faveur l’élimination du monopole de la Commission sur les ventes. « Ces changements seront faits et la CCB ne doit pas gaspiller le temps, les ressources et la bonne volonté des gens. Les agriculteurs méritent qu’on fasse l’effort pour opérer cette transition. Et franchement, les employés le méritent tout autant », a fait valoir Richard Phillips, chef de la direction de l’organisation.

 

Si une telle mesure est adoptée, cela voudrait dire que les céréaliculteurs de l’Ouest canadien pourraient vendre eux-mêmes leurs produits sur le marché libre ou passer par CCB, selon leur choix.

 

Rappelons que Stephen Harper avait indiqué son intention de mettre fin au monopole de CCB, ce qui avait soulevé de fortes réactions et de nombreuses critiques de la part des acteurs du secteur agricole canadien. Il s’agissait d’ailleurs d’une promesse électorale qu’il compte bien respecter, quoi qu’il arrive.

Plusieurs pétitions et manifestations avaient été mises en branle. Une campagne publicitaire en soutien à la CCB avait même fait apparition dans les médias de l’Ouest canadien.

À l’heure actuelle, l’orge et le blé cultivés au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et dans la région britanno-colombienne de la rivière de la Paix doivent être commercialisés par l’intermédiaire du guichet unique de la Commission canadienne du blé, s’ils sont destinés à l’exportation ou à l’alimentation humaine du marché intérieur.

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