Volume 32 Numéro 06 Le 7 novembre 2014

Contenants alimentaires contaminés: la situation s’aggrave


Le chercheur Keith Warriner

François Carrier

Par François Carrier
Collaborateur
info@journalagricom.ca


Les résultats préliminaires d’une nouvelle étude du département des sciences de l’alimentation de l’Université de Guelph ont de quoi inquiéter les scientifiques et les consommateurs. La recherche dirigée par le professeur Keith Warriner a révélé une présence de bactéries et de différents germes dans certains contenants en plastique utilisés pour transporter les fruits et légumes dans les magasins à grande surface.

L’an dernier, à pareille date, une première étude révélait la présence de saletés et la mauvaise condition des récipients dans lesquels sont transportés les fruits et légumes lors de leur livraison en magasins, et ce, même après avoir été nettoyés dans des usines de décontamination. M. Warriner et son équipe avaient comme principal objectif de vérifier la sécurité alimentaire des produits présentés dans ces contenants et qui représentent la majorité des fruits et légumes vendus dans les grandes surfaces.

« Après avoir rendu l’étude publique, on nous avait mentionné que des changements dans les critères de propreté seraient apportés, mais les résultats démontrent que la situation s’est détériorée », explique le professeur Keith Warriner.

La plus récente étude réalisée par le professeur de l’Université de Guelph met au jour une aggravation de la situation jugée préoccupante, même si le chercheur se montre très prudent.

Cette étude, qui s’est déroulée sur une période de 10 semaines en Ontario et au Québec, a utilisé un échantillon de 160 caisses de contenants de plastique livrés sur des palettes de bois.

Forme apparentée au E. Coli trouvée
Les principales données pour vérifier l’état des contenants sont les indicateurs régissant le domaine alimentaire tel que la bactérie listeria, la moisissure ou autres éléments pouvant avoir un impact sur la sécurité alimentaire. Aucune listeria n’a été trouvée, mais d’autres indicateurs aussi inquiétants ont été mis à jour par les chercheurs.

« Selon les données recueillies, il semble que les présentoirs ont été en contact avec des indicateurs fécaux, et il y a de fortes chances que ces résidus contiennent une forme apparentée à la bactérie E. coli », s’étonne le professeur Warriner.

Pénurie d’usines de décontamination
Selon toute vraisemblance, le principal défi concernant le nettoyage de ces contenants de plastique transportant des fruits et légumes offerts en magasins est le nombre d’endroits qui s’affaire à nettoyer et à redistribuer ces contenants.

« Généralement, pour ce qui est de l’Ontario et du Québec, les présentoirs sont envoyés à l’usine de Chicago. Il n’y a que trois ou quatre centres de la sorte pour toute l’Amérique du Nord. Ce qui peut représenter 15 heures de route pour certains. La distance peut avoir un impact dans cette problématique », selon Monsieur Warriner.

Différentes chaînes de l’industrie alimentaire se sont dites préoccupées par les conclusions de l’étude et assurent qu’elles veulent protéger le consommateur.

« Le suivi qu’on aimerait faire en vue de la prochaine étude est justement de vérifier quelles pourraient être les répercussions sur les consommateurs. On aimerait une étude beaucoup plus large qui pourrait nous indiquer quels seraient les changements à apporter », avance le professeur.

Des universités américaines ont aussi effectué ce type d’étude et les données s’apparentent à celle de l’Université de Guelph.

L’étude de du professeur Warriner devrait se poursuivre dans les prochains mois.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *