Économie et politique

COOL : Le Canada perd une manche contre les États-Unis


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Par La Presse canadienne


Le Canada a perdu sa dernière bataille contre le gouvernement américain concernant l’étiquetage de la viande (COOL). Des législateurs américains ont refusé d’apporter des changements aux lois concernant le pays d’origine de la viande, comme cela était exigé par le gouvernement canadien et les producteurs de porcs et de bœufs.

Les parlementaires américains des deux partis, tant à la Chambre des représentants qu’au Sénat, ont conclu une entente sur un projet de loi comptant 950 pages qui n’apporte aucune modification au sujet de l’étiquetage de la viande.

Le ministre fédéral de l’agriculture, Gerry Ritz, et le ministre du commerce international, Ed Fast, ont fait connaître leur déception, le 27 janvier, à la suite de cette entente. Ils ont affirmé que le Canada pourrait réagir en imposant des barrières tarifaires sur certains produits américains à titre de représailles commerciales.

Les règles entourant l’étiquetage du pays d’origine pourraient compliquer la livraison de viande en provenance du Canada et réduire de moitié les exportations vers les États-Unis.

Les règles exigent un étiquetage détaillé des origines des produits du bœuf, du porc et du poulet, qui sont vendus aux États-Unis.

La décision américaine vient briser les espoirs canadiens en ce qui concerne le dossier.

Vote décisif
M. Ritz a lancé un dernier appel aux élus américains pour qu’ils modifient les réglementations d’étiquetage de la nourriture, et plus particulièrement les articles portant sur la viande. Les législateurs devront se prononcer sur le projet de loi de 950 pages à l’occasion la tenue d’un premier vote.

Ottawa se plaint depuis longtemps des règles entourant l’étiquetage du pays d’origine, adoptées par l’administration américaine en 2008. Le gouvernement fédéral affirme que ces mesures nuisent autant à l’industrie de la viande du Canada que celle des États-Unis. Elles feraient augmenter le prix des exportations canadiennes et diminuer leur caractère attractif, alors que leurs prix sont moins concurrentiels sur les marchés. L’impact financier sur les ventes de viande serait d’environ 1 milliard $ par année en pertes.

Si les élus ne font aucun amendement de dernière minute, le Canada n’aura d’autre choix que de s’en remettre à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a affirmé le ministre Ritz. L’affaire devrait être entendue à compter du 18 février.

Si l’OMC tranche en faveur du Canada, des tarifs douaniers pourraient être imposés à toutes exportations américaines dès le début de 2015, des produits du bœuf et du porc aux céréales en passant par les fruits.

Or, une telle mesure ne serait appliquée qu’en dernier recours puisque ces tarifs entraîneraient des coûts supplémentaires à la fois pour les entreprises et les consommateurs, a prévenu le ministre de l’Agriculture de la Saskatchewan, Lyle Stewart.

Ottawa a aussi fait part de son intention de soutenir les parties prenantes de l’industrie aux États-Unis et au Mexique pour tenter d’obtenir une injonction de la cour qui empêcherait les États-Unis d’implanter la réglementation.

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