Volume 30 Numéro 20 Le 21 juin 2013

COOL : Le Canada précise sa menace envers les États-Unis


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Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Le gouvernement du Canada menace les États-Unis d’imposer des tarifs sur une vaste gamme de produits agricoles importés si le gouvernement américain ne modifie pas sa nouvelle politique d’étiquetage du pays d’origine des viandes (COOL).

Les ministres du Commerce international et le ministre de l’Agriculture, Ed Fast et Gerry Ritz, ont tous deux annoncé ces possibles mesures de rétorsion commerciales envers les États-Unis puisqu’ils se disent désappointés de voir que leurs homologues américains ne prennent pas au sérieux la décision de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

« Notre gouvernement est très déçu que les États-Unis poursuivent cette politique protectionniste que l’OMC a jugée injuste. Nous demandons aux États-Unis de se conformer à la décision de l’OMC », ont-ils déclaré par voie de communiqué de presse.

Une longue liste de produits américains pourrait donc se voir imposer un tarif supplémentaire lorsqu’exportés au Canada. Celle-ci comprend entre autres les viandes à base de porc et de bœuf, ainsi que les animaux vivants eux-mêmes, les plats cuisinés de volaille, les cerises, les pommes, les pommes de terre certains fromages, le riz, le sucre et le sirop d’érable, le glucose, le fructose, le chocolat et autres préparations à base de cacao, les pâtes alimentaires, les céréales soufflées, les pains et pâtisseries, le jus d’orange congelé, les sauces tomates, les vins, les bijoux, les meubles en bois et les matelas.

Le gouvernement canadien précise toutefois qu’il ne prendra aucune mesure de représailles avant que l’OMC ait donné son autorisation.

Les deux ministres ont spécifié que cette mesure aurait pu être évitée si les États-Unis avaient respecté le jugement de l’OMC qui leur avait donné jusqu’au 23 mai dernier pour modifier son règlement qu’elle jugeait injuste envers le Canada et le Mexique.

Les changements apportés au programme auraient plutôt eu l’effet contraire et exacerbé les producteurs canadiens.

Le Conseil canadien du porc a favorablement accueilli la publication de cette liste de marchandises. « La diffusion de la liste des cibles potentielles du gouvernement fédéral est une nette indication de la mesure dans laquelle le Canada est déterminé à faire corriger la situation à propos du COOL », a indiqué le président de l’organisme qui regroupe neuf associations porcines.

Les exportations de porcs canadiens vers les États-Unis ont chuté de 41 %, soit l’équivalent de 500 millions $ par année, et de 46 % pour le bétail, depuis l’entrée en vigueur du règlement, en 2008.

Le processus de règlement du conflit pourrait prendre encore entre 18 à 24 mois.

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