Volume 31 Numéro 10 Le 17 janvier 2014

COOL : Le Canada se trouve un puissant allié


Les règles d'étiquettage du pays d'origine (COOL) causent des dommages annuels au secteur canadien évalués à 1 milliard $. Photo iStock

Par Alexander Panetta, La Presse Canadienne


Le gouvernement du Canada s’est adjoint un puissant allié dans sa lutte contre de punitives règles américaines en matière d’importations de viande, qui ont fait craindre une guerre commerciale plus importante encore entre les deux pays.

Un comité du Congrès des États-Unis a demandé de mettre fin à des règles d’étiquetage du pays d’origine (COOL) qui ont sérieusement nui aux exportations canadiennes de viande et incité le gouvernement fédéral à émettre des menaces de représailles.

Dans une note attachée à un important projet de loi comportant des affectations de crédits, le président du comité des crédits de la Chambre des représentants a fait allusion à la menace canadienne et a demandé au département américain de l’Agriculture de faire marche arrière.

Les règles entourant l’étiquetage du pays d’origine auraient eu pour effet de compliquer la livraison de viande en provenance du Canada, et d’avoir réduit de telles exportations vers les États-Unis par la moitié depuis 2008.

Selon une lettre du président Hal Rogers, représentant de l’État du Kentucky, l’accord (budgétaire) n’approuve pas la mise en oeuvre et la mise à exécution continuelles de la part du département d’Agriculture des États-Unis (USDA), et les dépenses associées aux règles obligatoires sur l’étiquetage du pays d’origine pour certains produits de la viande pendant le litige en cours avec le Canada et le Mexique devant l’Organisation mondiale du commerce.

En fait, le comité du Congrès ne peut forcer l’agence à ne plus appliquer la règle, mais il détient le contrôle du budget de l’agence.

Le gouvernement du Canada a manifesté, mercredi, son optimisme face à cette nouvelle.

Un porte-parole à Ottawa a confié que le gouvernement allait continuer de combattre cette réglementation devant l’Organisation mondiale du commerce, mais en attendant, il serait heureux de voir les législateurs américains laisser tomber cette exigence dans leur prochaine loi agricole.

Le litige met aux prises les fermiers américains, et leurs alliés au Congrès, contre leurs rivaux canadiens et leurs alliés américains, notamment les usines de transformation de viande avec lesquelles ils travaillent. Et le litige a eu des répercussions sur le plan politique.

Lors d’entrevues de fin d’année, le ministre canadien de l’Agriculture, Gerry Ritz, a déclaré que les menaces de représailles de la part du Canada contre une grande variété de produits américains, du jus d’orange jusqu’au pain, si les règles entourant l’étiquetage n’étaient pas éliminées ou amendées, n’étaient pas que du vent.

Selon M. Ritz, ces règles causent des dommages annuels au secteur canadien évalués à 1 milliard $.

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