Volume 29 Numéro 15 Le 6 avril 2012

Coupures de mauvais augure

Par Simon Durand, directeur général UCFO
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Avec ses coupures de 5,2 milliards, $ soit près de 7 % des dépenses de tous les ministères, et la suppression de 19 200 emplois dans la fonction publique, nous assistons probablement au premier «vrai» budget conservateur, selon plusieurs observateurs. 

Bien que tous les départements écopent et que le retour à l’équilibre budgétaire soit une mesure populaire, le secteur agricole semble avoir été plus sacrifié que les autres.  

En effet, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments (ACIA), verront leur budget baisser d’environ 10%, soit près de 310 millions $ sur 3,1 milliards $. Plus spécifiquement, AAC réduira sont budget de 253 millions $, tandis que l’ACIA subira des coupures de  56 millions $.

L’ACIA devra donc faire plus, dans un contexte où la traçabilité devient omniprésente et où les crises alimentaires se succèdent, mais avec moins de ressources. L’intervention de l’état se fera donc beaucoup moins sentir, mais une plus grande partie du fardeau de la vérification reposera maintenant sur l’industrie et sur les épaules des consommateurs, notamment en ce qui a trait aux vérifications sur l’étiquetage.

Bien qu’annoncé quelques jours plus tôt dans le budget provincial de l’Ontario, il est surtout décevant pour les agriculteurs que le gouvernement fédéral n’ait pas joint sa voix au gouvernement McGuinty pour investir dans un programme de gestion des risques. Il s’agit là pourtant d’une demande formulée depuis bien longtemps.  

Pour le président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, Marc Laflèche, c’est un budget qui ménage un peu les agriculteurs, mais qui est assez positif en matière de francophonie. «Maintenir les fonds pour le bilinguisme quand on coupe partout ailleurs, c’est bon signe pour nous, mais il me reste encore beaucoup d’inquiétude : les coupures dans l’inspection des aliments et le manque d’information sur Cultivons l’avenir 2. Alors, nous avons une année de sursis pour bien faire valoir nos besoins et être certains que l’on ne perd pas tout dans le budget de l’an prochain.»

En espérant que ces coupures ne soient pas de mauvaises augures puisque rien n’a été annoncé en ce qui concerne le prochain cadre stratégique agricole «Cultivons l’avenir II», ni sur la stratégie nationale sur l’agriculture que la Fédération canadienne d’agriculture réclame. L’engagement ferme pris par les Conservateurs de faire une révision complète et exhaustive des programmes de support direct, dont bénéficient certains agriculteurs, sera également à surveiller.

Un rayon d’espoir
Mais les nouvelles ne sont pas que négatives. Dans ce budget sous le signe de l’austérité, les francophiles ont été heureux d’apprendre que  l’enveloppe pour les langues officielles a été maintenue et le gouvernement affirme que « le Plan d’action économique de 2012 continuera d’assurer le soutien des langues officielles en maintenant le financement destiné à protéger, à célébrer et à renforcer la dualité linguistique du Canada».

Parmi les coupures annoncées à Patrimoine Canada, 60% sont attribuées à la Société Radio-Canada.

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