Volume 28 Numéro 06 Le 3 novembre 2010

Daniel Tassé, agronome en chef au Témiskaming ontarien: 25 ans au service de la communauté

Par Marc Dumont, collaborateur régional - Nord de l'Ontario


Daniel Tassé, agronome depuis 25 ans au Témiskaming ontarien. Photo M.Dumont.

« Il y a une fierté à être agronome au Témiskaming ontarien. Les agriculteurs sont progressifs et reconnaissants pour les services qu’on leur rend! », vous dira Daniel Tassé, agronome depuis 25 ans déjà.

La communauté agricole de la région fait consensus autour de cet employé du ministère de l’Agriculture de l’Ontario qu’ils affectionnent.

Daniel, passionné de grandes cultures, met le service aux agriculteurs au premier plan: « Moi, je travaille pour les producteurs! » Il est disponible et peut être rejoint en tout temps avec le cellulaire. On écoute ses conseils et ses recommandations: sa crédibilité n’est plus à faire.

La formation de Daniel en est une d’agronome généraliste et sa carrière se décline en trois volets. Après sa formation, il obtient un poste à contrat qui porte sur la production en viande rouge bovine et ovine. Cette étape dure un an et demi.

Puis pendant 5 ans, c’est comme spécialiste en grandes cultures de tout le Nord-Est de l’Ontario qu’il travaille.

Le territoire est vaste: de Bracebridge à Hearst et jusqu’à Sault-Ste-Marie. C’est là qu’il se crée une réputation alors qu’il rencontre beaucoup de producteurs. D’ailleurs, certains lui téléphonent encore.

Enfin devenu permanent au ministère de l’Agriculture, on lui offre le poste d’agronome à New Liskeard. Alors s’ajoute l’administration des programmes du ministère à sa tâche de recommander des cultures, des techniques, des engrais, du dépistage de maladies et des pratiques de rotations.

Au cours des 25 ans, Daniel a vu l’évolution de l’agriculture au Témiskaming. Elle est passée de la petite ferme familiale à la production industrielle avec de gros producteurs qui sèment 5000 à 7000 acres.

L’agriculture est moins diversifiée qu’autrefois. Il y a moins de producteurs: « On perd des producteurs de b?ufs. En perdre un autre n’est pas toujours un bon feeling! »

Cependant les quelques jeunes de la région qui choisissent l’agriculture sont plus ouverts et suivent les développements de la technologie. Par exemple, ils achètent de partout et se servent de l’Internet pour les systèmes de navigation.

Parmi les réalisations dont Daniel est particulièrement fier, il y a la Foire agricole du printemps. Après l’abandon par la Station de recherche de New Liskeard de cette foire et de l’hippodrome où se tenait traditionnellement l’événement, Daniel a pris la relève et a vu au déménagement de cette foire à l’aréna d’Earlton. « Sans nous, tout cela serait du passé! »

Puis, il y a eu le Concours international de labour en septembre 2009, où Daniel a travaillé au Comité d’éducation avec des kiosques de démonstration de l’agriculture locale.

Bien que Daniel connaisse une carrière brillante, il regrette que certains agriculteurs ne se servent pas de ses services bien qu’ils en aient le droit. Ce serait important, parce que le gouvernement laisse toujours planer la menace de coupures de postes comme cela s’est passé ailleurs en Ontario.

Il regrette aussi d’avoir moins le temps de faire des « visites de paroisse » auprès des producteurs bien qu’il ne refuse jamais de rendez-vous auprès de ceux qui le sollicitent.

Fini le temps des visites à l’imprévu. D’ailleurs les agriculteurs sont occupés mais il lui est arrivé lors d’une visite de ferme que le voisin, qui avait vu son auto pas loin, vienne lui demander: « As-tu le temps de venir voir mes champs’ ».

Enfin Daniel aurait souhaité que plus de francophones de l’Est de la province viennent s’installer dans le Nord. Présentement, la masse critique rend l’offre de services en français plus précaire.

Daniel cultive un esprit de service: « Je veux les aider! ». Même en cas de conflits entre agriculteurs, il prend l’attitude: « Qu’est ce que je peux faire? Et je n’hésite à aller rencontrer les personnes impliquées. »

Il est même déjà intervenu à la demande du ministère de l’Environnement auprès d’un agriculteur avant que des accusations ne soient portées contre lui: « Souvent, c’est pas nécessaire de prendre les grands moyens ».

Et pour le reste de la carrière, Daniel Tassé agronome, vous dira: « J’espère pouvoir contribuer à l’agriculture au Témiskaming; je suis devenu attaché aux agriculteurs’ »

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