Volume 35 Numéro 07 Le 17 novembre 2017

Dans le Nord-Est ontarien, les mennonites sont dynamiques


Elder de la communauté mennonite de Kenabeek au Témiskaming : Harold Gerber et son épouse, Rose Mary.

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


« Si tu le fais, fais-le avec le meilleur de toi-même », paraphrase Harold Gerber, elder membre de la communauté mennonite de Kenabeek au Témiskaming. Son âge et sa sagesse lui confèrent le privilège de porter le titre d’elder. « Notre objectif est spirituel : servir Dieu. Nous essayons de rendre notre foi pratique », explique M. Gerber.

Animés par leur foi, les mennonites s’appliquent dans tout ce qu’ils font, dont l’agriculture. On les reconnaît à leurs vêtements traditionnels qui s’harmonisent avec leur mode de vie. Bien que toutes les communautés mennonites aient la même doctrine, elles n’ont pas toutes les mêmes règles de vie. Les plus traditionnels se déplacent en calèche et les hommes portent la barbe. Le groupe de M. Gerber utilise des véhicules motorisés et de la machinerie agricole de qualité. Cependant l’usage  de la télévision, de la radio ou d’Internet y est proscrit.

Présence marquée

Ceux et celles qui fréquentent le marché du samedi à New Liskeard  peuvent constater l’importance de cette communauté avec son imposante production maraîchère. Les mennonites sont des incontournables dans la communauté agricole au Témiskaming. Arrivés en 1979,  ils sont aujourd’hui 70 familles.  Leur production porte surtout sur l’élevage du bœuf et la culture des céréales ainsi que des légumes.

M. Gerber dira que le but n’est pas de faire de l’argent. Mais il faut bien vivre, concédera-t-il. Le groupe tient à son autonomie et se tient loin de l’aide gouvernementale.

Plus au nord, dans le district de Cochrane (Matheson et Iroquois Falls), il y a environ 25 familles. Elles sont arrivées il y a peu moins de 10 ans, attirées par les terres abordables et la possibilité d’installer leurs fils sur des fermes. Les mennonites de Cochrane font surtout du bœuf.

Dans les deux districts, les statistiques démographiques pourraient bien changer à moyen terme : les familles mennonites sont plutôt nombreuses.

L’importance des mennonites dans le Nord-Est de l’Ontario ne se limite pas l’agriculture. Ils exploitent une variété de petites entreprises : ébénisteries, tôleries, ateliers de mécanique, abattoirs, magasins généraux, élévateurs à grain et services agricoles variés, entre autres. Au début, un mennonite qui exploitait une ferme bovine avait également une entreprise dont la spécialité correspondait à son talent.  Ce n’est plus vrai aujourd’hui. Les coûts élevés pour le démarrage d’une ferme en incitent plusieurs à se détourner de l’élevage.

L’honnêteté

«  Notre motivation est d’offrir un bon produit pour un honnête dollar », souligne M. Gerber. « Nous faisons peu de publicité.  Le mot se passe que nos produits sont le fruit de gens qui travaillent avec honnêteté et intégrité », poursuit ce dernier.

Les mennonites sont un groupe religieux et culturel qui a pris naissance en Europe au XVIe siècle pendant la Réforme protestante, au moment où un certain nombre de chrétiens se sont séparés de l’Église catholique romaine. Les premiers à arriver au Canada se sont installés vers la fin du XVIIIe siècle dans le Sud de l’Ontario. Leurs valeurs et leurs principes sont basés sur l’enseignement du Nouveau Testament.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *